Retour

Notre voyage a commencé le 28 juillet 2011 et s'est terminé un an plus tard, le 28 juillet 2012.
Afin d'être informé de nos nouveaux articles, enregistrez-vous à "Follow by e-mail" au bas de la colonne de droite.

dimanche 25 mars 2012

Hanoi - Vietnam

Xin chào

La visite d'Hanoi commence par le Temple de la Littérature qui est considéré comme la première université du Vietnam, et fut construit en 1070 par le roi Ly. Son fils, arriva sur le trône à l’âge de 7 ans et dirigea le pays pendant 56 ans. Très érudit, il développe cette université pour ses nombreux fils mais aussi pour les enfants les plus capables du royaume. Cette école modelait les futurs mandarins, pour en faire des conseillers éclairés des souverains, une sorte d’ENA, si vous voulez.  Ce temple est dédié à Confucius, dont la pensée est arrivée avec les chinois, longtemps maitres du Vietnam. Une statue le représente avec un vêtement orné de dragons, emblème réservé exclusivement au roi et qui a voulu honorer sa mémoire par ce geste. 82 stèles posées sur le dos de tortues de pierre recensent les noms de tous les meilleurs de l’université, docteurs. L’architecture de l’ensemble est aussi plus chinoise que vietnamienne, avec une succession de cours rythmées de portiques et son agencement de bassins et de pavillons. 

Puis nous visitons le Musée des Beaux Arts. Etonnant, il faudrait plutôt dire musée des beaux arts autorisés. Rares sont les tableaux sans étoiles rouges, et sans mitraillette à la gloire des combattants ou marteau pour les travailleurs. Nous apprécions toutefois, les laques où les couchers de soleil brillent comme de l’or et les brins de riz se couchent sous le vent, les peintures et broderies sur soie, les gravures sur bois ou sur zinc, les gouaches, les aquarelles, les huiles, les estampes. Une exposition temporaire nous ramène plus près des canons européens de l’art moderne.

En sortant, dans le flot impressionnant des scooters, nous voyons une Bentley...Elle est immatriculée ici et n’a même pas d’étoile rouge.   

Nous terminons la journée par le Musée Ethnographique, où sont présentés les moeurs, costumes et habitats des 54 ethnies qui composent la mosaïque Vietnamienne. Un très bon moment avec des reconstitutions de grande qualité. Nous espérons voir la même chose dans les villages que nous allons traverser dans les montagnes du Nord. D’après le guide, le tourisme a déjà perturbé ces traditions et le progrès bouleversé les moeurs ancestraux, nous verrons.

La ville nous apparait agréable avec ses nombreux lacs où ses habitants prennent le vert, jogging, marche familiale, pédalos en forme de cygne en amoureux. Le marché de nuit empli les rues et grouille de monde.

La température est à 23° et nous apprécions, après les 35°du Cambodge, de ne plus suer dès 9 h.  Les vietnamiennes sont en manteau et collant, pour elles, il fait froid.

Demain, balade dans la campagne environnante et visite à Ho Chi Minh, avant de prendre le train de nuit pour la montagne, mais cela sera une autre histoire surement sans internet, alors patience. 

Tam Biêt

Les photos sont disponibles sur la galerie : http://crazyappfactory.com/worldwide/index.php/ et choisissez la date désirée.

Les gouvernements vietnamien et chinois censurent Facebook et nous n'aurons peut-être pas accès à nos comptes. Préférez l'adresse e-mail ou les commentaires pour nous joindre.

samedi 24 mars 2012

Tombeau Tu Duc - Hué - Vietnam


Xin chào

La chaleur humide d’hier s’est changée en orage tropical cette nuit, vent et pluie ont nettoyé les rues de Hué. Ce matin nous avons perdu avec plaisir 15°C après les chaleurs extrêmes du Cambodge et du centre du Vietnam. 

Les valises bouclées pour notre vol de cet après-midi, nous rendons visite à Tu Duc, 4° empereur de la dynastie Nguyen. Il régna pendant 36 ans de 1847 à 1883, et ne fut pas épargné par les évènements. Il voit arriver les Français en 1858. Il cède une partie du Sud et gouverne sous leur protection le reste de l’empire. De plus il n’arrive pas à avoir d’enfant, malgré ses 103 concubines et doit adopter 3 fils pour assurer sa descendance. Il entreprend la construction de son tombeau en 1864 et pourra en profiter pendant 16 ans.




Et oui, son tombeau est en fait un palais entouré de bureaux de travail, de logements pour la cour et les concubines, d’un lac artificiel, d’une île, et de multiples petits temples, qui s’étend sur 12 hectares. Il viendra souvent s’y réfugier, plus au calme que dans la cité impériale. Poète, il composera de nombreux poèmes au bord du lac, comme Lamartine mais pas au bord du même lac.



Avant de nous envoler pour Hanoï, nous regardons la fabrication des bâtons d’encens.

Nous arrivons à Hanoï, ville de 7 millions d’habitants, traversée par le fleuve rouge, gris aujourd’hui, qui devient rouge lors de la saison des pluies par les alluvions de la terre de Chine. Le petit Paris, l’avenue de l’Opéra et le parc de Lénine montrent la diversité des influences de la ville.

Demain, city-tour, mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire.

Tam Biêt

Les photos sont disponibles sur la galerie : http://crazyappfactory.com/worldwide/index.php/ et choisissez la date désirée.

Les gouvernements vietnamien et chinois censurent Facebook et nous n'aurons peut-être pas accès à nos comptes. Préférez l'adresse e-mail ou les commentaires pour nous joindre. 

vendredi 23 mars 2012

La Cite Pourpre - Hué - Vietnam




Xin chào

Nous jouons aux dames célestes et au mandarin, en costumes de soie, se promenant en pousse-pousse et dégustant des rouleaux de printemps. Nous avons visité la Cite Impériale, la où se trouvent le Palais de l' Harmonie Suprême et la Cité Pourpre Interdite, et le soleil nous a tapé sur la tête ! Les bois laqués rouges, les incrustations dorés de poèmes en caractères chinois, les tuiles en porcelaine jaunes et vertes, les portiques en bronze sculptés de dragons et de nuages, l'évocation des splendeurs des empereurs, les jardins de la reine, les appartements des concubines et des eunuques, ont eu raison du peu de sagesse qu'il nous restait.




Toute cette ville bien a l'abri derrière l' enceinte de la citadelle. Elle fut construite en 1805, sous l'inspiration des fortifications de Vauban, elle mesure 10 km et protège 520 ha, derrière son canal. Une autre enceinte et un canal délimitent la Cité Impériale. C'est au balcon de la Porte du Sud, que Bao Dai abdiqua le 30 aout 1945, au profit de Ho Chi Minh, leader communiste. Il mit fin ainsi à la dynastie Nguyen, ou 13 empereurs se succédèrent depuis 1802.









A la pagode de la Dame Céleste, beaucoup d'animation aujourd'hui, car c'est le premier jour du mois de mars du calendrier lunaire, et il convient d'apporter des offrandes aux génies. On jette dans la Rivière des Parfums, des papiers multicolores représentant des génies, afin de se protéger.
Les futurs moines peuvent entrer dans la pagode à partir de 7 ans, ils porteront l'habit marron jusqu'à 10 ans, puis un habit gris et enfin "ils passeront a l'orange". Leurs cheveux seront rasés, en laissant trois touffes au début, puis une, puis plus rien. Nous avons croisé un jeune "marron" avec son crane rasé et sa dernière mèche, dans le jardin des bonsaïs (qui veut dire petit arbre et non pas petit bonze).
En 1863, afin d'alerter l'opinion sur l'interdiction du Bouddhisme décrétée par le Président sud-vietnamien catholique de l’époque, un bonze est parti de cette pagode pour s'immoler en position de Bouddha dans la ville de Saigon. La photo du moine brulant devant sa voiture avait fait le tour du monde. Cette Austin est exposée a cote de la photo témoignage. Cet acte a déclenche beaucoup d'autres suicides dans les pagodes du sud du Vietnam.

Nous croisons des vietnamiennes en tuniques longues sur pantalon (de soie) avec leur chapeau de paille conique sur la tête, retenu par un ruban de satin, alors que nous pensions qu'elles n'existaient plus. D'autres portent le palanche sur leur épaule, avec des paniers remplis, pour cuisiner sur le trottoir et vendre au marche, cela aussi nous pensions que c’était du folklore.


Demain , visite du tombeau du roi Tu Duc, et vol pour Hanoï en fin de journée, mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire.

Tam Biêt

Les photos sont disponibles sur la galerie : http://crazyappfactory.com/worldwide/index.php/
et choisissez la date désirée.

jeudi 22 mars 2012

Route Da Nang - Hué - Vietnam

 Xin chào

Dès la sortie de Hoi An, nous longeons une plage magnifique élue l’une des dix plus belle plages du monde en 2006 par le magazine Américain Forbes. Cette plage s’appelait la plage de Chine, aussi elle a été débaptisée, de même que la mer de Chine porte le nom de mer orientale pour les Vietnamiens. Cette plage de 35 km de long est du coup livrée aux investisseurs et promoteurs. Hyatt, Méridien sont déjà là, des immeubles d’appartements, des maisons avec piscines, des golfs sortent du sable comme des crabes au petit matin.
Les tombes des ancêtres qui occupaient jadis ce lieu ont aussi du céder la place aux pelleteuses et émigrer dans la montagne. Quand le communisme rencontre le capitalisme, les américains sont revenus et les dollars réussissent là où les bombes ont échoué.

Le musée d’art Cham, peuple qui a régné sur la région du II° au XV° siècle, nous montre des pièces de toute beauté, avec des animaux mythiques très surprenants, et des gravures d’inspiration hindous. Les décorations les plus étonnantes sont des soubassements entièrement décorés de seins, certaines tribus étaient matriarcales, un style tétonesque.

La route s'élève et nous grimpons au col des nuages, marquant la limite entre la région de Da Nang et celle de Hué. Il fait beau, et nous pouvons admirer le golf de Da Nang et la côte du Nord. Un petit vent frais n’est pas de trop pour nous rafraîchir.



L’aéroport de Da Nang est toujours contaminé par l'agent Orange, un puissant poison contenant de la dioxine. 40 à 100 millions de litres ont été stocké en cet endroit par les américains, de 1962 a 1970. Ce poison a tué d innombrables personnes et aujourd'hui encore des enfants naissent handicapés physiques et-ou mentaux.








 En bas de la colline, un village de pêcheurs totalement catholique. A la suite de la partition du Vietnam en 1954, les catholiques ont fui le Nord et le régime communiste naissant. 1 000 000 de personnes sont arrivées dans la région. En 1975, au départ des américains, de nombreux bateaux surchargés prirent la mer pour fuir encore, au total 1 000 000 de fuyards, dont les catholiques. Les plus chanceux se sont installés aux États Unis. Aujourd’hui, certains tentent de revenir au pays, mais l’Etat est encore craintif et les visas sont difficiles à obtenir pour eux.





 Nous arrivons à Hué, et faisons un tour de cyclo pousse, dans une nuée de mobylettes qui impressionnent. Quand le feu rouge passe au vert, un essaim d’abeilles semblent fondre sur nous dans un vrombissement terrible. La voiture est une denrée rare et les vélos sont minoritaires et très courageux.

Demain visite de Hué, mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire.

Tam Biêt

Les photos sont disponibles sur la galerie : http://crazyappfactory.com/worldwide/index.php/
et choisissez la date désirée.

   

mercredi 21 mars 2012

Calligraphie et Taichi - Ho An - Vietnam


Xin chào

Nous visitons les ruines de My Son dans la campagne Holannaise, mais après Angkor, nous sommes exigeants. Les temples (9° et 10° siècle) ont été abimés par les bombes américaines et de gros cratères sont creusés à quelques mètres. Les américains ont bombardé toute la région, lors de l’attaque Viêt-cong, pour défendre leur base de Da Nang.








Puis, une heure de calligraphie et une heure de Taichi, dans le jardin du propriétaire.
Le maître de calligraphie, professeur de littérature vietnamienne, vêtu d’une longue tunique bleue et d’un turban noir (encore Tintin), déroule des papiers ...roses et sort ses pinceaux et l’encre de chine. Il nous impressionne quand les taches noires deviennent des caractères chinois, cela paraît si facile. Nous passons à l’acte et bizarrement les taches ont tout à coup sale caractère. Il faut une vingtaine d’années d’étude pour maitriser cet art...








Les pinceaux rangés, le maître de Taichi, vêtu de vert, nous demande d’enfiler des costumes, d’un marron très saillant.
Après une démonstration par des élèves, nous nous alignons pour répéter les mouvements du maître. Cet art martial demande beaucoup d’apprentissage et l’heure ne sera pas suffisante. Nous avons bien ri et passé un excellent moment. Nous prenons congé après les photos d’usage.





Hoi An est vraiment une ville très agréable et une belle étape de repos après un Cambodge bien sportif.

Demain, route pour Hué par le col des nuages, mais cela sera une autre histoire.

Tam Biêt


Les photos sont disponibles sur la galerie : http://crazyappfactory.com/worldwide/index.php/
et choisissez la date désirée.

mardi 20 mars 2012

Hoi An - Vietnam

Xin chào (bonjour)

La ville de Hoi An est une charmante ville bercée par les eaux tranquilles de la rivière Thu Bon, très bien conservée et très riche en maisons traditionnelles. Elle est inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1999, car c’est un véritable musée vivant avec ses 844 sites d’intérêt historique, tels ses ponts, ses pagodes et ses maisons particulières.

Si aujourd’hui, c’est une bourgade paisible, elle fut deux siècles durant, un maillon de la chaîne des comptoirs du sud-est asiatique et le plus grand port commercial du pays. Des commerçants chinois, japonais, hollandais et indiens s’étaient installés.

Les chapeaux pointus en paille sont portés par les femmes qui transportent sur leur épaule le palanche et ses deux paniers. Nous les connaissons bien, grâce à Tintin, présent dans les boutiques.

Nous visitons son petit musée pour apprendre que les habitants de la région jusqu’au XV° siècle étaient les Chams. Ceux ci étaient musulmans pour la plupart, sous l’influence des Mongols.

Nous continuons par une ancienne maison traditionnelle, construite au XVI° siècle avec des influences japonaises, chinoises et vietnamiennes, symbole d’une ville de commerçants et de marins.

Puis le pont couvert japonais s’embrume des nuages d’encens déposés en offrande.

De multiples magasins de qualité proposent des vêtements sur-mesure en 24 h, en soie entre autres, et nous ne résistons à ce genre de proposition.

Des lampions en soie de toutes les couleurs et formes sont exposés pour la vente, et pour la décoration des boutiques, restaurants, et dans les rues. Sur le pont, des lampions forment des dragons de toutes les couleurs.

Le soir, la rue s’anime dans une douceur agréable, des bougies flottent sur la rivière, les quais pavés se remplissent d’enfants et de touristes. De multiples restaurants proposent de succulents nems, et nous rentrons à l’hôtel en pousse-pousse.

 
Tam Biêt (au revoir)



Les photos sont disponibles sur la galerie : http://crazyappfactory.com/worldwide/index.php/ et choisissez la date désirée.

dimanche 18 mars 2012

Dernier jour à Angkor - Siem Reap - Cambodge


Tchom Reap Sour,

En tuk-tuk nous commençons notre dernière journée à Angkor.

Le Bantey Samré, un des premiers temples du site dédié aux Samré, peuple Khmer du X° siècle, puis,








Le Ta Phrom où d’immenses arbres, des fromagers, ont envahis le site. Ce temple a été laissé tel quel par les archéologues. Les racines géantes s’immiscent par la moindre fissure ou rentrent par les portes. Les ruines semblent vivre une seconde vie, bouleversées et soulevées comme des fétus de paille par le végétal qui ressemble à un éléphant, à un serpent ou à un crocodile. Le visage d’une apsara (danseuse) est visible, coincé entre deux immenses racines, donnant une âme à cet étrange duo de matières.












Le Pré Rup (tourner le corps) est le temple où les rois et les puissants ont été incinérés, c’est le passage pour la renaissance. Le bassin où on lavait les restes de la crémation s’écoule vers l’Est (la renaissance) alors que tous les autres bassins rituels (lingas) s’écoulent vers le Nord.


Nous quittons Angkor, magnifique, gigantesque et fascinant, classé depuis 1992 au Patrimoine mondial de l’Unesco, ballotés dans notre tuk-tuk qui nous apporte un peu de fraicheur. La température est à 37° à l’ombre et gravir les temples au soleil nous a épuisé.

Nous suivons l’ancienne digue des immenses réservoirs d’eau, les Bantais, qui ont fait vivre les
500 000 habitants. 2 réservoirs de 8 km par 2, assuraient ce rôle. Aujourd’hui, ils sont occupés par des rizières, des villages ont poussé sur les digues.

Nous dînons avec notre guide, Channara et sa charmante épouse. Nous parlons de notre pays et de la fascination qu’il apporte à leur famille. Nous le quittons avec beaucoup d’émotion, nous sommes restés ensemble dix neuf jours et quelques nuits à dormir ensemble chez l’habitant. Nous resterons en contact, via internet.


Demain, nous quitterons le Cambodge. S’il est vrai que la poussière, la chaleur, la saleté et la misère sont les premières choses que l’on a vu en arrivant, on se souviendra par contre, de ce peuple qui revient à la vie, après des années de guerre, des sourires des enfants et des femmes, du travail des hommes, des moines riant et se baignant dans la cascade, et de son patrimoine architectural unique.
Venez visiter le Cambodge ! En vous installant à Siem Reap pour dix jours, vous pourrez visiter tous les matins le site d’Angkor et les après-midi profiter de la chaleur, du mois de décembre par exemple, et de la beauté des rizières verdoyantes. 

Nous arriverons en fin de journée à Da Nang (Vietnam) mais cela sera une autre histoire.

Lea Sen Heuy

Nos photos sur la galerie, http://crazyappfactory.com/worldwide/index.php et choisissez le jour désiré.

Message personnel à toi, nouveau tourdumondiste, qui part en Juillet 2012 et qui se demande comment nous pouvons publier quasiment quotidiennement :
"Merci de nous envoyer ton adresse e-mail dans un commentaire (que nous ne publierons pas bien entendu) et nous aurons plaisir à échanger."

samedi 17 mars 2012

Angkor Thom - Siem Reap - Cambodge

Tchom Reap Sour,

Nous partons en vélo pour 10 km, la route est agréable, la circulation normale, une moto nous dépasse avec quatre passagers dont un bébé prenant son biberon !

Nous allons visiter Angkor Thom, une ville fortifiée de 3 km de côté, entourée de douves de protection et percée de cinq portes. Elles sont précédées d’un pont qui enjambe l’eau. De chaque côté, des sculptures représentent des démons qui tiennent un immense serpent, ils font plus d’un mètre de haut, ont les yeux ronds, des visages différents et grimaçants. Ils y en a au moins une cinquantaine. La porte est surmontée aux quatre côtés, d’une sculpture du visage du roi constructeur Jayavarman VII.  Magnifique !









Notre guide nous surprend en quittant la route et en montant sur le mur d’enceinte. Côté extérieur c’est haut, mais côté intérieur, c’est un talus de terre qui forme un chemin de ronde beaucoup plus agréable que la route. Nous arrivons ainsi jusqu’au centre de la ville, devant le Bayon.
Un temple composé de 54 tours, et sur chacune, aux quatre points cardinaux, le visage du roi.  54 tours pour 54 régions de l’empire khmer de l’époque et 4 visages pour les 4 états de Bouddha : bienveillance, compassion, méditation et sérénité.
Quelle splendeur, c’est vraiment impressionnant !
Les gardiens à l’entrée chaussent au moins du 72, les bas-reliefs représentent des scènes de batailles avec les Cham (musulmans), des scènes de la vie du roi et de la vie quotidienne. Une femme avec son bébé dans les bras et des galettes de riz sur la tête s’occupe du ravitaillement de l’armée. Un petit cochon est sous les roues d’une charrette.



Puis la terrasse des Eléphants, où une grande frise sculptée figure un défilé de généraux montés sur éléphants. Une sculpture représente le dieu Indra sur sa monture, un éléphant tricéphale. La terrasse du Roi Lépreux, Le Grand Bassin, Le Phiméanakas, le Préah Khan, et Le Baphuon qui a été restauré par la France et inauguré par F. Fillion en 2011.




Les rois montraient leur puissance en construisant des temples, ainsi 292 temples ont été édifiés sur le site d’Angkor en 5 siècles, tous plus beaux les uns que les autres. Les premiers en latérite (pierre volcanique) et brique, puis à partir du XI° siècle, le grès remplace la brique. Tous les blocs viennent de la carrière située dans le Mont Kulen, réouverte aujourd’hui pour les besoins de la restauration. Les blocs étaient transportés par la rivière, à dos d’éléphant et par charrette à boeuf. Il a fallu des quantités astronomiques pour satisfaire les architectes : rien que pour Angkor Wat, les archéologues ont estimé le poids de l’ensemble à 300 millions de tonnes ! Tous les blocs sont disposés les uns sur les autres sans ciment, l’ajustage est millimétrique, et la taille des blocs reste encore un mystère aujourd’hui. Les blocs sont ensuite sculptés sur place. On a du mal à imaginer le nombre d’artistes, travaillant de concert sous la baguette magique de maîtres d’oeuvre, capables de synchroniser leurs efforts et d’obtenir des bas-reliefs sur plus de 200 mètres de long.
Les délais étaient aussi incroyables. Javavarman VII a régné 40 ans et 1181 à 1220, et a bâti 10 temples pendant cette période, tous immenses. Nous serions sûrement hors délai si nous avions à les refaire même avec toute notre technique. Ce roi tolérant a été le premier roi à prendre la foi Bouddhiste, tout en laissant les hindouistes adorer Vishnou, Brahma et Shiva. Ainsi les temples voient fleurir des bouddhas partout et des garoudas (mi-homme mi-aigle, symbole hindouiste) surmontant deux têtes de nagas (serpent à plusieurs têtes, symbole boudhiste) qui représentent l’union des deux religions. Son successeur hindouiste moins tolérant, fera détruire systématiquement, en burinant ou cassant toutes les statues dédiées à Bouddha.
Des historiens avancent que cette folie des grandeurs a épuisé le peuple Khmer et les caisses de l’empire. L’agriculture et la riziculture intensives pour nourrir tout ce monde, ont épuisé les sols. En imaginant un kilo de riz par jour et par personne, il faut 500 tonnes de riz pour 500 000 personnes, soit 180 000 tonnes par an, soit la production de 100 000 hectares environ ! Ils expliquent ainsi la chute d’Angkor.

Nous nous accordons une heure, pour un massage bien mérité et un petit tour dans la ville de Siem Reap.

Demain, visite mais cette fois-ci en tuk-tuk, mais cela sera Angkor, une autre histoire.

Lea Sen Heuy

Nos photos sur la galerie, http://crazyappfactory.com/worldwide/index.ph et choisissez le jour désiré.

vendredi 16 mars 2012

La Montagne Sacrée - Phnom Penh - Cambodge

Tchom Reap Sour,

Tôt le matin, nous visitons la citadelle des femmes, Bantey Srei, X°siècle. Les archéologues français, dont Mr Parmetier, ont du faire un immense puzzle pour remettre debout une partie de ce temple magnifique. Il leur a fallu 6 années de 1931 à 1936  pour rebâtir ce petit joyau de plein pied par anastylose. Le procédé consiste à démanteler  la totalité du temple pour le remonter entièrement une fois la base consolidée, chaque pierre de plusieurs centaines de kilos va être déposée, inventoriée et stockée sur plusieurs hectares alentours et enfin soigneusement remontée après .Les sculptures y sont beaucoup plus fines qu’à Angkor Wat, Nous sommes véritablement sous le charme.
En repartant, nous découvrons qu’un autre français s’était illustré en emportant  800 kilos de statues pour son usage personnel : M. André Malraux passa ensuite 3 années en prison à Phnom Penh, avant de devenir quelques années plus tard, ministre de la culture.....


Nous suivons une route difficile jusqu’au sommet de la colline Phnom Kulen. Nous arrivons au bord de la rivière des Lingas où nous nous baignons dans une cascade spectaculaire et très agréable. La température est à 35° à l’ombre, au soleil c’est très difficile, les gouttes de sueur brûlent nos paupières.
Nous reprenons la route jusqu’à la Pagode de Preah Kral perdue au milieu de nulle part. Un policier local nous accompagne. Pour assurer notre protection, il restera avec nous toute la journée et la nuit ! Phnom Kulem, le parc national, débute ici et on retrouve la forêt primaire, jungle, lianes et orchidées. Nous marchons pendant 3 heures pour rejoindre le village d’Anlong Thom à 250 m. d’altitude. Nous devions auparavant visiter un site, mais il est fermé pour cause de déminage ! Effectivement cette région a été l’un des derniers bastions des Khmers Rouges, et l’on peut voir sur les pierres du sentier, les traces des chenillettes des blindés.

En route, nous pouvons admirer des sites archéologiques qui datent du 8° siècle où des sculptures sont gravées dans d’immenses pierres naturelles. Cette montagne était la capitale à cette époque, 50 temples sont recensés dans cette jungle, tous attaqués par la végétation.
Dans le petit village, certains nous sourient mais beaucoup d’autres ne répondent pas à notre salut. Un alambic distille de l’alcool de riz. Une ONG a dispensé des cours de pisciculture et créer une champignonnière, pour assurer de nouvelles sources de revenus au village. La pagode est en effervescence, car des jeunes vont aider à des travaux ce soir au son de musique ! Ce n’est pas de chance ! Nous dormons avec notre guide dans une maison sur pilotis, ancien débarras rempli de Bouddhas. Notre policier est accompagné d’un autre, et ils dormiront sous notre cabane !

Malgré la courte nuit, car la musique continue jusqu’à 23 h, nous nous réveillons à 6 h et reprenons notre marche de retour. Sur le chemin, tels des aventuriers nous découvrons un ancien temple, Oph Ong, du 8° siècle aussi mais un peu restauré. C’est émouvant de découvrir ces ruines au détour de la forêt, tel des archéologues et on essaye d’imaginer la splendeur d’autrefois. 

Cette montagne est sacrée et les pèlerins la gravissent pour se recueillir, des offrandes à la main,à Preah Ang Thom, devant un Bouddha couché, de 9 m. de long, sculpté dans le rocher, tout en haut de la colline.

Nous revenons jusqu’à la cascade de la veille, et prenons congé de notre garde du corps. Nous retournons à la baignade où une vingtaine de moines arrivent et se baignent, en pagne orange. Malheureusement, notre appareil photo est resté en haut, et nous ne pouvons pas vous montrer tous ces moines en orange, sauter en riant, se couler, se photographier. Dans les branchages, les attendent leurs toges orange qui éclairent le sous-bois.

Nous redescendons au site d’Angkor, visiter pour la fin de la journée, Beng Maelea, le fameux temple oublié pris dans la jungle, lieu de tournage du film «Les 2 frères» de J.J. Anaud. Le végétal a pris possession du minéral et à plusieurs endroits, ces deux éléments ont la même couleur et paraissent de la même matière. Nous déambulons dans cet enchevêtrement grâce à des passerelles édifiées pour le film, et essayons de retrouver les scènes où les tigres vivent. Ce site est très intéressant à visiter car on imagine l’ampleur des travaux réalisés dans les sites restaurés.

Demain, on visite à vélo, Angkor Thom, mais cela sera, Angkor, une autre histoire.

Lea Sen Heuy

Nos photos sur la galerie, http://crazyappfactory.com/worldwide/index.php et choisissez le jour désiré.

mercredi 14 mars 2012

Angkor Wat - Phnom Penh - Cambodge

Tchom Reap Sour, 

2° épisode :

Avant de vous parler d’Angkor Wat, il faut d’abord imaginer que le site entier d’Angkor fait : 45 km x 50 km = 2 250 km2 ! A l’apogée (XII et XIII°) la ville comptait plus de 500 000 habitants, une des villes les plus peuplées au monde. Pendant au moins cinq siècles, Angkor fut la capitale du puissant empire khmer (du sud de la Chine, du Vietnam, Laos, Thaïlande et Birmanie), jusqu’à l’invasion des siamois (thaïlandais). Aujourd’hui, en parcourant le site, de nombreux villages sont installés avec mairies, écoles, dispensaires et pagodes.


Angkor Wat est le temple le plus important du site, construit au XII° siècle, dédié à Vishnou. en grès sur 3 étages (temple montagne). La chaussée d’entrée dallée, de 220 m qui enjambe les douves (1.3 km x 190 m. de large), était ornée de balustrades en forme de naga (serpent à plusieurs têtes). Après le mur d’enceinte, 82 hectares de superficie !
Tous les murs sont sculptés d’apsaras (danseuses) 1 200 m2 de bas-reliefs sculptés, 38 millions de tonnes de pierres ! Pour accéder à la tour centrale, 12 escaliers sont inclinés à 65° sauf un à 45°, dédié au roi. Des écritures en sanscrit ont renseigné les archéologues sur l’histoire du roi. La visite est époustouflante et éreintante !

Demain, trek dans la montagne sacrée et nuit à la pagode, mais cela sera, Angkor, une autre histoire.

Lea Sen Heuy

Nos photos sur la galerie, http://crazyappfactory.com/worldwide/index.php et choisissez le jour désiré.














mardi 13 mars 2012

Lac Tonlé Sap - Cambodge

Tchom Reap Sour,

Une longue barque nous attend à 8 h ce matin, pour quitter Battanbang, par voie fluviale. Les maisons sur pilotis apparaissent dans tout leur dénuement, un spectacle désolant. Tout est jeté dans la rivière, alors qu’elle leur apporte la nourriture, l’eau pour boire et se laver. Mais leur préoccupation est autre. Ils ne reçoivent aucune aide de l’état, et doivent vivre au jour le jour.
Les mêmes sourires éclairent ces vies misérables. A cette heure-ci tout le monde vague à ses occupations : laver le linge ou les casseroles, revenir de la pêche et trier le poisson, arroser les cultures (quand on a la chance d’avoir un petit potager), se laver, etc...
Il nous faudra 8 heures pour relier le village flottant dans lequel nous dormirons ce soir, au début du Lac Tonlé Sap. Le paysage change un peu, les berges ne sont pas toujours habitées, la rivière fait des méandres, l’eau est toujours marron.
Nous déjeunons dans un restaurant flottant pendant que notre capitaine se repose dans le hamac de son bateau. Ici il est omniprésent, il est utilisé à l’extérieur pour les siestes mais aussi à l’intérieur des maisons, pour les nuits. Les bébés y sont bercés énergiquement soit à la main, soit à l’aide d’une ficelle. Il est pratique et frais.
Nous traversons de nombreux villages flottants. Certains possèdent une école tout en haut sur la berge, d’autres, une simple cabane sur pilotis, au plancher disjoint, et dans d’autres, des écoles flottantes. Les écoliers arrivent par barque, chemise blanche (presque blanche) et jupe ou pantalon bleu marine. C’est une bénédiction ces uniformes, ils nivèlent, tous les enfants se ressemblent.
Nous voilà arrivés, mais avant de débarquer chez nos hôtes, nous allons rendre visite ...à des crocodiles. Ils étaient nombreux avant, dans ce lac, mais ils ont été tous (presque dira le guide) tués. L’habitude a été gardée de les élever pour les vendre, soit tout petit, soit plus gros, à des Chinois, des Thaïlandais, Vietnamiens, Indonésiens et Malaysiens. Les propriétaires ne connaissent pas le sort qui leur est réservé ! Sur la berge, des enclos très très sommaires ont été fabriqués avec des bouts de bois et de ficelle, pour garder ces monstres. Ils sont gris et se ventilent en gardant la bouche ouverte. Nous n’en avions jamais vu d’aussi près. Ils peuvent être cinquante ou soixante dans un seul enclos. C’est effrayant, mais c’est une véritable richesse pour les propriétaires. Les gros sont vendus 300 $ et les petits qui viennent de naître 20 $, une fortune ici.
Puis nous reprenons la barque pour notre maison d’un soir. La famille est composée du couple de parent, âgés d’une petite soixantaine d’années, et de leur fille avec ses deux enfants (3 et 1 ans). Nos couchages sur nattes et sous moustiquaires, sont préparés dans la salle commune, notre guide dormant à côté de nous. La maison est très très simple mais propre et bien entretenue. Nous allons nous doucher, dans un WC-douche, à l’abri derrière des tôles ondulées. On a pris l’habitude : un grand seau et une grande louche, et nous voilà propre. L’eau coule à travers le plancher disjoint pour rejoindre le lac, autant pour la douche que pour les WC. Pour le repas, il suffit de dérouler une toile cirée à même le sol et on pose les plats. Nous posons beaucoup de questions sur leur vie et le mari nous en posent aussi, curieux et intéressé. Nous lui montrons des photos de notre lac, des pontons, des montagnes, de la neige. Les voisins arrivent et la regardent avec stupeur, ils rient quand on annonce nos températures hivernales. Nous aussi on regarde la neige et on essaye de se rafraîchir avec nos éventails, il a fait 35° à l’ombre aujourd’hui. Le soleil a disparu et l’air est toujours aussi chaud. Il est 20 h quand nous nous couchons, pas ou peu d’électricité oblige. On se souhaite «rétréi soustéi» bonne nuit.

Nous avons très bien dormi, et il est 6 h 30 quand nous reprenons notre bateau, en direction de Siem Reap à 2 heures de trajet.
Le lac est très grand, comme une petite mer. Les pêcheurs sont penchés sur leurs lourds filets. Ce lac joue un rôle très important pour le Cambodge, évitant au pays des inondations comme en Thaïlande. A la saison des pluies, le Mékong se gonfle des eaux qui se déversent tout au long de son cours, arrive à Phnom Penh, rencontre le fleuve qui sert de déversoir du lac Tonlé Sap (dont le niveau est beaucoup plus bas). Naturellement une partie du Mékong va remonter ce fleuve et venir remplir le lac, le courant dans le fleuve s’inverse à ce moment-là. Le lac va tripler de surface en 4 mois, les méandres que nous avons traversés hier n’existent plus, les maisons sur les berges sont démontées, l’eau monte de 7 à 8 mètres par rapport à son niveau le plus bas en Avril. Toute la vie que nous voyons sur terre est sous marine pendant 6 mois, le village où nous dormons déplace ses maisons d‘une centaine de mètres, des stocks de bois sont entreposés à 5 mètres dans les arbres. Certains autres villages flottants se déplacent de plus de 5 km sur les rives. Le lac est très peu profond, 3 à 4 mètres en saison sèche et 11m en saison des pluies. Beaucoup d’alluvions du Mékong viennent s’y déposer chaque année et l’Unesco prévoit qu'il sera rempli d’ici quelques centaines d’années, qu'adviendra-t-il du Cambodge alors ? Sera-t-il noyé pendant 6 mois ?  Les experts ont le droit de se tromper.

Nous débarquons à Siem Reap, nous ressentons tout de suite la ville touristique, les aménagements, les touristes, les magasins.
Sur la route, un horticulteur cultive des lotus, sur des hectares.
La ville nous apparaît tout de suite, agréable, urbanisée, vivante avec ses commerces et ses hôtels, la circulation parait moins dense qu’à Phnom Penh.
Nous nous rendons aux Artisans d’Angkor, où une ONG dispense des cours de sculpture, de peinture sur soie à des sourds-muets, de peinture, de laque, de tissage de soie.
Et enfin, nous nous rendons sur le site d’Angkor. Nous prenons un pass pour quelques jours, car nous reviendrons quatre fois. On nous photographie pour notre badge, la commercialisation est structurée et privée, l’état a délégué son travail, afin de recevoir plus d’argent que s’il le faisait lui même. La corruption omniprésente.
Le site est immense et il faut se déplacer en voiture. Nous nous approchons du célèbre Angkor Wat ...

La suite au prochain épisode, mais ce soir il faut préparer nos affaires car demain, trek et nuit dans une pagode, hébergés par des moines, mais cela sera, Angkor, une autre histoire.

Lea Sen Heuy

Nos photos sur la galerie, http://crazyappfactory.com/worldwide/index.php et choisissez le jour désiré.

lundi 12 mars 2012

Battambang et ses alentours - Cambodge

Tchom Reap Sour, 

Nous prenons notre petit déjeuner dans une famille, chez l’habitant. La femme nous attend avec du thé, du pain frais, du porc grillé, des œufs pochés et des fruits frais. Appétissant. Nous sommes installés sous la maison à pilotis. Le fils ainé, âgé de 12 ans, est à l’école, le plus petit, non scolarisé car il a 5 ans, joue avec son voisin. Nous partons tout de suite après, avec le mari, bâton à la main, sur la colline derrière leur maison. La montée est difficile car il n’y a pas de chemin et de multiples cailloux se dissimulent sous les feuilles mortes. La forêt est composée d’arbres fins et clairs. Il fait déjà très chaud. Les fourmis rouges sont très nombreuses et nous attaquent. Elles sont des dizaines sur nous, nous mordant en levant leur corps et leurs pattes arrières. Nous les enlevons une par une mais elles s’enfilent très vite dans nos vêtements.
Après deux heures de marche, nous arrivons à une grotte devant laquelle des statues représentant des ermites sont régulièrement honorées, comme nous le prouvent des offrandes fraiches. Il fait frais à l’intérieur de la grotte, nous progressons à l’aide de nos lampes torches  et nous sommes surpris par une lueur de bougie. Au plus profond, la flamme éclaire un tissu orange, une natte et... un bonze. Il est installé devant «un sanctuaire» où ermites et Bouddha se côtoient. Il se lève et sort, nous le suivons et découvrons à quelques pas, en contrebas, une pagode, où il rejoint quatre autres moines. Une nonne prépare leur repas et sonne pour qu’ils se mettent à table. Après notre offrande, il nous bénit et nous les laissons déjeuner.
Puis, nous traversons le minuscule village composé d’une dizaine de baraques sur pilotis sur terre battue. Pas d’eau courante bien sûr, beaucoup de déchets, aucun confort sommaire, mais tout le monde nous interpelle avec le sourire. Quand nous nous approchons, les petits enfants se cachent vers leur mère, car ils ont peur de nous.
Nous retournons chez nos hôtes, pour déjeuner. Après ces trois heures de marche, nous avons très faim. Au centre de la table, un braséro est installé. Génial on avait un petit peu froid !!! On dispose de minuscules morceaux de filets de bœuf dessus et on déguste les légumes du jardin, avec du riz, bien entendu. C’est délicieux. Les hamacs sont préparés dans un insignifiant courant d’air, idéal pour quelques minutes de sieste.

Nous quittons la petite famille et reprenons notre mini bus pour une autre étape : Phnom Banon. Ce temple du XI° siècle est accessible par un escalier de 355 marches ... Il est 13H30 et la chaleur est à son comble. En haut nous sommes récompensés de nos efforts, cinq tours de style khmer sont disposées en quinconce. Le site a beaucoup souffert pendant des siècles et la végétation avait tout recouvert. Aujourd’hui, les tours sont dégagées de la verdure et partiellement reconstruites, les archéologues faisant un puzzle géant. La vue sur la plaine est très belle.

Nous repartons pour la troisième ascension de la journée : Phnom Sampov, une tête de Bouddha taillée dans la montagne est le résultat d’un projet abandonné qui devait voir trois immenses Bouddhas creusés dans la roche, mais l’association a disparu et les tailleurs avec. A mi pente, nous arrivons à une pagode reconstruite après que les khmers rouges aient détruis la précédente pour la remplacer par une prison. Les intellectuels supposés étaient questionnés, torturés, avant d’être exécutés, la tête fracasée et jetés dans une immense grotte naturelle. 3 000 corps ont été retrouvés. Un ossuaire est dressé dans la grotte, les crânes apparents. Pas de nom, ni de registre, les familles ne savent pas ce que sont devenus leurs proches arrêtés. 
Notre guide a les larmes aux yeux, il pense que son papa a été tué ici ... C’est terrible ... Que dire, de plus beaucoup de khmers rouges étaient des enfants conditionnés pour tuer. Nous redescendons très secoués par ces souvenirs atroces et nous espérons la Paix sur toute la Terre.

La journée se termine par un petit tour en draisine, sur une ancienne voie ferrée construite par les français autour de 1925. Les voies sont d’origine et le parallélisme a pris un peu de liberté avec le temps, car la voie n’est pas entretenue. Les draisines sont des plateaux en bois ou bambou, que l’on installe sur 2 essieux, une courroie et un petit moteur complètent le tout. Et ça marche. Il n’y a qu’une voie et quand une autre draisine est en face, c’est la moins chargée que l’on démonte et pose le long de la voie pour la durée du croisement ... Le temps pour avaler les 4 kilomètres qui nous séparent du village voisin dépend donc du nombre de croisement que nous aurons à effectuer. 1 seul à l’aller mais beaucoup plus au retour ... Aujourd’hui, il est principalement touristique mais les villageois l’utilisent aussi, pour eux et pour le transport de marchandises, car les villages sont éloignés de la route. Le gouvernement reconstruit des voies de chemin de fer et dans quelques années, de vrais trains repasseront peut être par ici.

Le village dans lequel nous arrivons abrite des membres de la famille de notre guide. Son cousin germain tient une buvette à la «gare» d’arrivée, et a vécu lui aussi l’époque Khmers Rouges. Nous partons découvrir son village, en croisant les habitants très accueillants et avides de communiquer. En regardant une forge, nous sommes invités à venir nous asseoir avec sa femme. Plus loin, une vieille femme montre à Isabelle comment porter le krama sur la tête. Pas de discussion, rien que des regards et des sourires.

Demain descente de la rivière Sanker, depuis Battanbang jusqu’au lac Tonlé Sap et nuit dans une maison flottante mais comme vous le savez, cela sera, Angkor, une autre histoire.

Lea Sen Heuy

Nos photos sur la galerie, http://crazyappfactory.com/worldwide/index.php et choisissez le jour désiré.