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Notre voyage a commencé le 28 juillet 2011 et s'est terminé un an plus tard, le 28 juillet 2012.
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samedi 21 avril 2012

Les pandas géants - Chengdu - Chine

Ni Hao,

À l’heure de l’ouverture, nous entrons dans le centre de recherches sur le panda géant de Chengdu. C’est un organisme à but non lucratif dédié à l’étude et à la reproduction en captivité du panda géant. Il a été fondé en 1987 et démarra avec 6 pandas. Aujourd’hui, la population s'élève à 100 individus.
Le panda géant ne vit que dans le centre de la Chine, dans des régions montagneuses recouvertes de forêts, entre 1 800 et 3 400 m. Son nom chinois veut dire «grand ours chat» Il est gros et massif et a l’air pataud, il pèse environ 100 kg et mesure environ 1,70 m. Les femelles sont plus petites. Il possède six doigts dont un faux pouce opposable à ses cinq doigts, essentiel pour cueillir et tenir les tiges de bambou, avec de belles griffes. Il a une ouïe et un odorat assez fin et s’en sert pour s’orienter et se repérer. Sa vue par contre est plutôt médiocre. Herbivore, il a de puissantes dents pour broyer les bambous et passe 14 heures par jour à les mastiquer. Après les avoir épluchés, il ne garde que le coeur et la partie intérieure. Il mange souvent allongé sur le dos, le ventre en l’air et les pattes écartées. Son transit intestinal dure huit heures. Les pandas ont une maturité sexuelle à 6 ans, mais ils ne peuvent se reproduire que quelques jours par an, ce qui rend leur reproduction difficile. En captivité, le mâle avec sa nourriture à portée de main prend l’habitude de ne pas faire d’effort, même pour se reproduire... Au centre, seulement 10 % s’accouplent et seulement 30 % des femelles accouplées font des petits, c’est pourquoi ils ont recours à l’insémination artificielle. La gestation dure environ 135 jours. La mère peut donner naissance à un ou deux petits, mais elle ne s’occupe que d’un seul et l’autre meurt rapidement, peut-être parce que l’énergie nécessaire pour en élever deux est trop importante. Au centre, pour éviter cette perte, les scientifiques alternent les petits, ainsi la mère s’occupe des deux, sans s’en rendre compte. A sa naissance, le petit pèse 110 gr et est élevé uniquement par la mère. Il sera sevré à 18 mois et pourra se débrouiller seul. L’espérance de vie dans la nature est de 10 à 15 ans, mais en captivité, le panda géant peut vivre jusqu’à 30 ans. C’est une espèce très menacée, environ 1 000 pandas vivent encore en pleine nature. Leur habitat se réduit sans cesse car les hommes abattent de plus en plus de forêts pour le bois et l’agriculture. Les pandas sont tués pour leur pelage ou meurent dans des pièges qui ont été placés pour d’autres animaux. Le bambou lui-même représente un problème pour la survie des pandas géants, car une fois fleuri, il meurt et il faut compter dix ans avant que de nouvelles pousses aient une taille suffisante pour servir de nourriture.
Plus loin, le panda rouge a la grosseur d’un chat, le pelage roux épais d’un renard, une queue fournie et les pattes d’un ours. Il est très mignon avec un ourlet blanc autour des oreilles, des petits yeux vifs et une langue rose souvent sortie.
C’est avec beaucoup de plaisir que nous regardons ces superbes animaux vivre dans d’immenses enclos bien adaptés, garantissant la survie de leur espèce. Les câlins du petit panda à sa maman nous ont émus.

Nous ressortons à midi pour prendre notre avion pour Xi’an, ancienne capitale, qui nous accueille avec ses multiples cités aux tours toutes neuves. La banlieue, il y a seulement six ans n’existait pas et aujourd’hui, elle est complètement urbanisée avec des quartiers neufs, des routes à cinq voies et sa gare de TGV que nous prendrons après-demain.

Demain, nous visiterons l’armée en terre cuite, mais cela sera une autre histoire.

Zai Jian

Attention : Le g0uv3rn3m3nt chinois c3n5ur3 notre bl»0»g et Faceb»00»k. Nos messages seront publiés par des amis sur France. C’est Cathy qui s’est chargée de celui-ci. Soyez patients pour les photos.
Nous ne savons pas si nous pourrons lire vos commentaires. Merci de nous contacter exclusivement par denisfol@me.com en faisant attention de ne pas mentionner des mots indésirables au g0uv3rn3m3nt chinois, afin de bien recevoir votre mail.

vendredi 20 avril 2012

Le Grand Bouddha - Leshan - Chine

Ni Hao,

Nous quittons l’hôtel à 8 h et la circulation est effrayante. Les scooters se concentrent par grappes devant le feu rouge. Ici il n’y a pas trois lampes, une seule devient verte, orange puis rouge. Les derniers modèles de Maserati, BMW, Jaguar, etc... se comptent par dizaines.  Les bus sont bondés, sur les trottoirs les piétons courent ou prennent leur petit déjeuner en avalant une soupe de nouilles, les bouchons s’entassent sur les grandes avenues. La ville grouille, les bâtiments sont immenses. Devant nous, le «magasin mode» est sur plusieurs étages et sur une très grande longueur proposant Hermès, Armani, Fendi ...... En face un building aux mille ampoules, étale son monogramme LV, à côté de Prada. En vitrine, les chaussures sont affolantes, talons brillants, évidés, bouts dorés, à paillettes, à perles, cuir tressé, lisse, mordoré ... quelle imagination, quel luxe partout !
Il nous faudra une heure pour sortir de la ville et beaucoup de réflexes à notre chauffeur pour éviter, contourner, doubler, stopper.
Le long de l’autoroute, on peut voir de superbes bâtiments de bureaux, très design, grands, tous neufs, et bien arborés. A peine les travaux terminés, que ce soit pour des routes ou pour des bâtiments, les arbres et les fleurs sont plantés, mettant le tout en valeur. Sur l’autoroute, on roule à droite ou à gauche et on double à droite ou à gauche. Un pauvre hère marche le long de la barrière, vêtu de noir, sale avec des cheveux hirsutes, la frénésie galopante ne doit pas réussir à tout le monde.
Après une heure et demie de route, nouveau bouchon qui nous bloque complètement mais depuis la voiture, nous pouvons voir des toits en forme de pagode, des bandeaux rouges porte-bonheur et des maisons à deux étages. Un homme d’une soixantaine d’années marche sur le trottoir, vêtu tout en bleu, casquette, pantalon et veste droite à boutons. Il ressemble à Mao. Les femmes aussi dans les campagnes, portent souvent la casquette bleue et leur donne un air de révolutionnaire.

Nous arrivons à Leshan, petite ville de 2 millions d’habitants, frénésie de constructions, nous avons l’impression de nous répéter. 

Depuis un bateau sur la rivière, nous pouvons admirer le plus grand Bouddha assis du monde ! 71 m. de haut, 24 m. de large, ses oreilles mesurent 7 m. et ses gros orteils 8,50 m.  Il a été excavé dans la falaise et sculpté pendant 90 ans, de 713 à 803, sous la dynastie Tang.
C’est un prêtre qui a lancé ce gigantesque chantier afin de calmer les démons. Les pêcheurs de cette ville se noyaient souvent à cet endroit où trois rivières se rejoignent. L’énorme quantité de roche enlevée fût jetée à la rivière, modifia son courant et les accidents diminuèrent. D’une certaine façon, le Bouddha protégea effectivement la population.
Nous laissons le bateau pour rentrer sur le site qui est très grand. À pied nous remontons le long du chemin d’accès où l’on peut voir une grotte à ciel ouvert où un dragon a été sculpté au dessus d’un bassin rempli de poissons. Son corps s’entortille en balustre, sa tête et ses pattes ressortent dans la végétation. Plus loin, un tigre blanc a été taillé dans la pierre, il protège l’entrée d’une grotte. Après 333 marches, nous arrivons à la hauteur de la tête du Bouddha qui est très belle. Les traits du dieu sont très fins malgré la taille de la statue et une grande sérénité se dégage de son visage. Tous les ans, un nettoyage est effectué pour entretenir la statue. L’endroit est submergé par les touristes chinois, nous sommes les seuls blancs («ah non, j’en aperçois trois et ils parlent français !»). Il faut jouer des coudes pour apercevoir le bouddha et le prendre en photo, les chinois sont parfois envahissants. Nous ne descendrons pas au pied de la statue, il faut faire environ 3 heures de queue pour avoir ce privilège. 



La vue sur les 3 rivières est magnifique, dans le fond, la ville nouvelle et ses grues. La montagne est sacrée depuis longtemps, une grotte sur le site, qui était un tombeau depuis le III éme siècle, a servi d’abri au prêtre, puis à son disciple, chargé de le remplacer dans la construction de la statue.


Plus loin, un temple dédié à Bouddha est envahi par la fumée de l’encens. Les fidèles les offrent pour se garantir de la bonne-chance et de la richesse. Les génies militaires gardent l’entrée avec leurs airs menaçants pour éloigner les mauvais esprits.






Nous reprenons la route, pour rentrer à Chengdu. Les cultures alternent avec les usines. Les parcelles sont minuscules, et forment un damier de rizières, vignes, colza, arbres fruitiers, blé, légumes, d’une grande diversité. Nous sommes très loin de l’agriculture intensive. Partout, nous voyons les paysans s’activer dans les champs avec une pioche ou des outils rudimentaires.

 
Nous terminons la journée par une soirée dans une maison de thé, où nous voyons un spectacle traditionnel, mêlant opéra, musique, ombres chinoises, et les fameux numéros de masque. Les acteurs changent de costume et de masque à une vitesse époustouflante
nous ouvrons des yeux d’enfant devant tant de virtuosité.

Demain, nous allons au centre de recherches des pandas et en début d’après-midi nous nous envolons pour Xi’an, et son armée de terre cuite, mais cela sera une autre histoire.

Zai Jian,

Attention : Le gouvernement chinois censure notre blog et Facebook. Nos messages seront publiés par des amis sur France. C’est Mathilde qui s’est chargée de celui-ci. Soyez patients pour les photos.
Nous ne savons pas si nous pourrons lire vos commentaires. Merci de nous contacter exclusivement par denisfol@me.com en faisant attention de ne pas mentionner des mots indésirables au gouvernement chinois, afin de bien recevoir votre mail.

jeudi 19 avril 2012

CHENGDU - Chine

Ni Hao,

Nous atterrissons à Chengdu et sommes toujours étonnés par les grandes villes chinoises. Dans la périphérie, des barres d’immeubles sont regroupées en cités, des dizaines de tours à cinquante étages pour loger des milliers de personnes. De larges routes à cinq voies, se superposent pour acheminer le flux incessant de véhicules. Le TGV passera trente mètres au dessus du sol, et par dessus, une nouvelle autoroute se construit. Quatre périphériques entourent la ville de Chengdu, c’est le troisième parc automobile du pays. Puis le centre ville apparaît avec ses nombreux parterres fleuris, ses buildings miroirs et clignotants, ses galeries marchandes sur plusieurs étages, ses nombreux magasins de phonie et ses piétons. Les taxis sont nombreux mais les scooters encore plus ! Dans certaines villes, les scoot sont interdits, réputés trop dangereux. Ici ils sont tous électriques et donc ne font aucun bruit, ils arrivent sur vous sans prévenir ! Les piétons sont moins dangereux mais ne vous mettez pas en travers de leur chemin, rien ne les arrête, tels des fourmis ne perdant pas leur ligne de phéromones. Ils vous rentrent dedans, coup d’épaule ou coup de cartable, tout est bon ! Deux énormes lions encadrent un gigantesque escalier qui dessert dix portes, serait-ce le g0uv3rn3m3nt n@ti0n@l ? non, une simple banque, une agence plutôt !

Chengdu se situe à 500 m. d’altitude dans la plaine du Sichuan au pied du plateau t1bét@in et compte plus de 9 millions d’habitants pour une superficie de plus de 12 km2,
c’est à dire 750 000 habitants au km2. C’est la plus grande ville du sud-ouest et la région la plus riche après Pékin et Shanghai. Tout pousse, la terre est très fertile, du blé, du riz, du maïs, du colza, des kiwis, des pêches, des poires et des pommes. Beaucoup d’industries : agro-alimentaire, textile, pharmaceutique, chimie et biologie. Elle est surnommée la ville des hibiscus. Toute la ville nouvelle a été créée il y a seulement vingt ans.
 
Pour se rendre au musée de Sangxingdui en plein centre de la ville de Guang Han, il faut parcourir 70 km d’un chantier permanent, grues en abondance, pelleteuses et engins de travaux etc... Partout on démolit de vieux quartiers pour édifier des nouvelles structures bien plus hautes.

Le musée a été construit sur l’ancien site où des paysans, en nettoyant leur réservoir d’eau, ont découvert des objets en jade, en 1929. Il couvre 2 000 ans d’histoire.
De surprenantes poteries du royaume Shu (2 800 à 2 000 av JC) montrent que la vallée était prospère et que l’art commençait à se développer. Ils pratiquaient les sacrifices animaux et humains pour plaire aux Dieux et contrer les catastrophes naturelles.
Une superbe collection de pièces en jade à usage religieux, couteaux de cérémonie, vases, etc... date de la dynastie Sha (2 000 à 1 600 av JC).
Un travail sur du bronze, datant de la dynastie Shang (1 200 av JC) est spectaculaire : un murier de 3 m. célèbre les vers à soie qui ont fait la richesse de la région avec des oiseaux délicatement sculptés sur ses branches, transportant les prières des fidèles. Un arbre de monnaie de 700 pièces était utilisé pour prier la déesse de l’éternité. Leur philosophie désignait un arbre présent dans chaque être, comme un lien entre la terre et le ciel. Le soleil était un dieu suprême fournissant la vie et la nourriture et les oiseaux étaient les messagers.
Nous avons été impressionnés par la quantité et la qualité de masques en bronze, dont certains recouverts d’or, qui étaient façonnés avec les traits singuliers des personnes. Ils symbolisaient l’aspect sacré dans chaque individu. Le plus grand représente un dieu bienveillant (72 x 132 cm) et les plus petits protégeaient du démon. Celui de l’empereur a des yeux surprenants avec des pupilles sortant de l’orbite sur plusieurs centimètres et des oreilles surdimensionnées, car l’empereur voit tout et entend tout. C’est le seul qui sourit, montrant sa bienveillance. Le chaman est la plus grande statue retrouvée dans la région (2,62 m.) son costume est décoré d’un dragon symbolisant l’empereur et son chapeau et ses pieds nus symbolisent, eux, sa magie.
La position de prière est fascinante : les deux mains enserrent un anneau imaginaire faisant le lien entre le ciel et la terre.
Des schémas nous expliquent la transformation du serpent en animal imaginaire, le dragon, et celle du coq en phénix.
Toutes ces dynasties regroupées sous la civilisation de Sangxingdui ont mystérieusement disparues autour de 800 av JC.


Demain, nous partons à Leshan, admirer son grand Bouddha, le plus grand du monde, mais cela sera une autre histoire.


Zai Jian,

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mercredi 18 avril 2012

Retour à LIJIANG - Chine






Ni Hao,

Quelle surprise de voir la neige tomber, on avait presque oublié ! Que demander de mieux pour quitter cette région proche du Tibet ! Un magnifique yack blanc se promène, ses longs crins touchant le sol. Les drapeaux bouddhistes voltigent avec la neige, on n’aperçoit plus les montagnes, les maisons fument.

La route du retour est toujours aussi pénible, il nous faudra quatre heures et demie pour rejoindre Lijiang. Dans la vallée, la neige cesse, et c’est un beau soleil qui nous accueille avec environ 15 degrés de plus qu’au départ.

Nous visitons un musée sur la culture et l’écriture Dongba.

Cette très belle écriture imaginaire, vieille de 1400 ans est donc la deuxième, après l’Hébreux, plus ancienne langue vivante du monde. Elle est basée sur des images naïves presque enfantines. Les caractères paraissent plus aisés à déchiffrer que le chinois, mais seulement en apparence. Un caractère seul, ou associé avec tel ou tel autre, n’a plus du tout la même signification. À partir des 8 000 caractères de la langue, on peut ainsi construire des dizaines de milliers de combinaisons. Il faut trente ans pour toutes les maitriser.
La transmission est très difficile, les maîtres choisissent les enfants dignes de l’apprendre. Il serait dommage que cette langue se perde, concurrencée par le mandarin et l’anglais. Des cours du soir sont maintenant proposés pour encourager les Naxis à la parler.
Le peuple Naxi et les Mosus, une des sous-divisions Naxi, l’ont principalement développée. Il reste environ 5 000 Mosus, vivant encore aujourd’hui, sous un régime matriarcal. 

Des recherches ont été menées en comparant les symboles Naxis et les hiéroglyphes Egyptiens, et mettent en évidence beaucoup de similitudes.

Dongba était aussi une ancienne religion de Chine, implantée exclusivement dans le nord du Yunnan et dans le Sichuan. Mélange de bouddhisme chinois, de lamaïsme tibétain et d'hindouisme.

Nous pouvons admirer des costumes de la vie quotidienne mais aussi des armures et armes des guerriers, toutes faites en cuir. Un costume de chaman nous surprend avec un énorme chapeau orné de plusieurs plumes de faisan.

Une carte de la région nous montre la route du Thé-cheval. Elle permettait aux Mongols et aux Tibétains de vendre leurs chevaux contre du thé, du sel ou des fruits en provenance du sud de la Chine. Lijiang était la plaque tournante de ces échanges commerciaux, garantissant aux Naxis une source de revenus importante.

La dynastie Mu, qui a régné sur la région pendant 470 ans et 22 générations, a été la plus longue de Chine. Seuls les mandchous, en arrivant sur le trône de Pékin au XVIIIème siècle, sont parvenus à étendre leur pouvoir sur ces terres.

Nous déambulons dans la vieille ville entre les lamas (pas les moines, les animaux), les faucons, les chevaux, les groupes folkloriques, destinés à des milliers de touristes chinois.
Le jeu étant de les éviter dans les ruelles étroites de la ville. Les anciens, en costume, se rassemblent sur la place pour discuter et regarder, amusés, le flot continu des touristes.
Les petites chinoises sont juchées sur des talons vertigineux, qui rendent leur démarche assez hasardeuse sur les pavés. Nous croisons un caniche teint en rose, pas de doute, le progrès est en route.

 








Nous finissons la journée à un concert de musique traditionnelle Naxi. Une trentaine de musiciens, dont la moyenne d'âge des solistes dépasse les 80 ans, joue avec des instruments datant de plus de 200 ans. Le leader du groupe en a 88. Tous de violet vêtus, avec de grandes barbes blanches, ils sont impressionnants. De plus jeunes musiciens et chanteurs viennent compléter l’ensemble. Le résultat est séduisant et ces maîtres imposent le respect, même si nos oreilles ne sont pas toujours habituées à ces sonorités.     
Demain, lever matinal pour s’envoler vers Chengdu, mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire.

Zai Jian,

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Nous pourrons lire vos commentaires et les publier, autre mystère de l'informatique. Merci de nous contacter exclusivement par denisfol@me.com en faisant attention de ne pas mentionner des mots indésirables au gouvernement chinois, afin de bien recevoir votre mail.

mardi 17 avril 2012

Monastère tibétain - Chine

J - 100

Ni Hao ou Shu Ga Ya (en Tibétain)


Ce matin, la température nous surprend avec environ 3 degrés, nous trouvons cela un peu frais après le Sud de la Chine. Le vent souffle et dans la rue, tout le monde est bien emmitouflé.

La ville, comme beaucoup de villes chinoises, a été quasiment toute reconstruite. Il ne reste que peu de choses de la vieille ville. Les sommets enneigés qui culminent ici entre 5 000 et 6 000 mètres l’entourent et portent des noms comme le Trésor du Ciel ou le Cheval Blanc.

 
Un chien tibétain pose pour les touristes, il a 8 mois et pèse déjà 50 kg. Adulte, il en pèsera 120. Les petits s’entretuent après la naissance et le plus fort restera en vie. Malgré son air débonnaire, un mâle adulte peut combattre avec un ours.


 
Un escalier encadré de drapeaux colorés, entremêlés et recouverts de soutras, nous mène à un petit monastère. Sur son toit en pagode, une roue de la vie brille. C’est le symbole le plus important de la religion bouddhiste, l’éternel recommencement, la réincarnation sur sept vies. Le respect est de mise nous n’avons pas le droit à l’appareil photo, les lamas (moines dans les monastères) prient et organisent les offrandes, les fidèles s'agenouillent avec dévotion devant le Bouddha doré.

Nous arrivons près du plus grand moulin à prière du monde, 60 tonnes, il brille dans les pâles rayons du soleil. La ville de Lhassa et une farandole de tibétains sont gravés dessus. Nous en faisons trois fois le tour dans le sens des aiguilles d’une montre. Puis nous essayons de le faire tourner, à l’aide des sangles fixées à sa base. Nos prières n’ont pas du être assez fortes car il nous a fallu l’aide de pèlerins chinois pour que le moulin bouge de quelques centimètres.


Les femmes portent le costume traditionnel et une coiffe souvent rose fuchsia. Les tibétains et les naxis qui cohabitent ici n’ont pas abandonné cette tradition. Les faciès sont plus sombres, les pommettes rougies par le climat, les yeux en amande, dans des visages plus ronds.





Nous visitons le complexe de Songzanlin, bâti en 1674, par le cinquième D’Alaï Lama à Zhongdian, à quelques kilomètres de Shangri La. C’est le plus grand de la région du Yunnan. Comme le Potala de Lhassa, il a été érigé sur une colline et offre une vue magnifique avec la petite ville qui est venue se blottir contre ses flans. Le lac sacré en contrebas est presque à sec, la sècheresse sévit dans toute le Yunnan.

Les bâtiments sont magnifiques, peints et colorés, certains sont en restauration. 800 lamas vivaient dans ce monastère auparavant, ils ne sont plus qu’une centaine aujourd’hui. Ils sont appelés les bonnets jaunes, congrégation créée au XV° siècle par Tsongkharpa, et qui a progressivement englobé toutes les autres congrégations, bonnets blancs, noirs ou rouges.

Dans le monastère principal, on découvre un très grand Bouddha de plus de 9 m, doré à la feuille d’or et posé sur un gigantesque socle incrusté de pierres précieuses, d’ambre et de turquoises. C’est le plus grand bouddha de Chine. 1 000 petites statues de Bouddha sont réparties de chaque côté d’immenses piliers rouges. Les scènes de la vie de Tsongkhapa  sont peintes sur tous les murs. On verse des grains d’orge sur un petit stupa pour se garantir du bonheur et de la prospérité. De multiples billets de monnaie sont déposés, certains dans les fentes du mur. Les jingfangs (tours de tissus colorés) acheminent les prières jusqu’au ciel. Toutes les offrandes sont organisées sur le chiffre 7, 7 bols d’eau, 7 bougies...Des écharpes blanches sont accrochées partout, à l’intérieur et à l’extérieur, ou dans les arbres. Tous les quatre, nous faisons tourner un moulin à prière de deux mètres de haut, en faisant trois fois son tour.
 

On entend les sutras répétés, des murmures chantés. L’ambiance est propice au recueillement. Un groupe de touristes chinois arrive et nous dérange, nous aimerions avoir le monastère à nous tous seuls et rester à écouter les mantras dans la pénombre des bougies.

 




Nous quittons la ville pour admirer les maisons traditionnelles construites dans les villages en périphérie. Certaines sont en construction mais reprennent les formes et les techniques ancestrales. Elles sont bâties sur le même plan : un très grand carré au sol avec des murs trapézoïdaux, des fenêtres rectangulaires peintes aux couleurs vives qui leur donne aussi une forme de trapèze, le crépi crème et le toit recouvert de gros tavaillons de bois (petites planches). D’énormes piliers en hêtre supportent la charpente et leurs tailles varient suivant la position sociale des propriétaires. La charpente est colorée et arborent des dessins et des sculptures fines. Nous aimerions franchir la porte, souvent rouge, et découvrir les murs peints et le mobilier raffiné et coloré et prendre le thé avec les habitants.

Comme à Lijiang, nous voyons des femmes travailler dans les chantiers et approvisionnant sur leur dos les matériaux. La ville, au loin, pousse et les immeubles et autres hôtels ne tarderont pas à garnir la plaine.

Demain, retour sur Lijiang, mais, comme vous le savez, cela sera une autre histoire.

Zai Jian ou Ga Lie (en Tibétain)

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lundi 16 avril 2012

Le saut du tigre - Shangri-La - Chine







 



















Ni Hao,

Nous longeons le fleuve Yangtsé, le plus grand fleuve de la Chine avec ses 6 260 km. Il traverse tout le pays, 9 provinces, pour se jeter dans la mer de Chine à côté de Shanghai. Après avoir pris sa source dans les sommets enneigés de l'Himalaya à 6 740 m., il se partage en trois grands fleuves, le Salouen River qui traverse la Birmanie et le Mékong qui traverse le Laos et le Cambodge. Après le Nil et l’Amazone, il est le troisième plus grand fleuve du monde. Le fameux barrage des 3 gorges, qui a été construit sur son cours, a déplacé 10 % de la population chinoises soit 170 millions d’habitants ! Sur ces 170 millions, environ 50 millions habitaient dans les zones qui allaient être inondées. Mais quand on déplace autant de population, cela engendre d’autres modifications et déplacements. Les quatre régions centrales ont été touchées par ces bouleversements.

Nous faisons une halte à Shigu, pour contempler la première courbe du Yangtsé. Le fleuve est gêné par les montagnes Hailuo et les contourne avec un angle de 140°. Il arrive ici à tout allure depuis le nord tib-étain et change de direction pour repartir vers le nord-est à travers les gorges du saut du tigre à 1 800 m. d’altitude. Un à pic de 3 900 m. donne le vertige. Un gigantesque rocher en plein milieu permettrait au tigre, selon la légende, de traverser le torrent, un saut de 25 à 30 mètres ! 7 800 m3 par seconde en moyenne et 16 000 pendant la fonte des neiges ! Le spectacle est impressionnant malgré le faible niveau de l’eau à cette époque. Un chemin a été taillé à même la roche avec des tunnels pour notre plus grand confort et notre sécurité. Des rickshaws (hommes chevaux) proposent leur service pour ceux que deux heures de marche effraient. Pas nous bien sûr ! Le Yangtsé est non navigable sur sa partie supérieure et s’appelle ici la rivière des sables d’or. Le sable est exploité un peu plus loin pour les nombreux chantiers de cette Chine qui n’arrête pas de grandir. 

Le petit village est réputé pour son grand tambour de pierre, une plaque de marbre qui commémore une victoire du peuple naxi (minorités) contre le peuple t»I»bét»I»n. Et une autre plaque célèbre le franchissement du fleuve par l’IIIIArm33 rouge pendant la lOOngue marche. 160 000 hommes, principalement des paysans, sont partis de Canton et de Shigu pour lutter contre l’armée du Kuomintang de Tchang Kaï-Chek pendant la guerre civile. Ils sont arrivés à Xi’an, 12 000 km plus loin, ils n’étaient plus que 30 000. 

Nous continuons plus à l’ouest vers le T»I»bet. Changement de décor : les chalets et les grandes maisons à deux étages sur fond de sommets enneigés nous rappellent les photos du T»I»bet qui nous font tant rêver. Nous ne sommes qu’à 280 km du poste de frontière mais  sans attestation de la part du gOuv3rn3m3nt chinois, nous ne pourrons pas rentrer dans le T»I»bet. Cette attestation précise les dates d’entrée et de sortie ainsi que les visites effectuées. Les drapeaux lamaïstes (bouddhisme tibétain) aux cinq couleurs avec ses soutras (écritures) volent au vent. Des yacks paissent dans les champs. L’orge est la culture principale. Le T»I»bet est réputé pour ses pierres : l’ambre, la turquoise bleue foncée, le jade, l'Agathe et la perle du ciel bleue. Un grand stuppa blanc et doré nous accueille à Shangri La à 3 200 m. d’altitude, 1,3 millions d’habitants. Les piétons sont emmitouflés dans des doudounes et le froid nous surprend quand nous sortons de notre véhicule. Nous dinons de steak de yack, goûtons le yaourt au lait de yack et le fameux thé au beurre de yack. Un laser dessine sur la montagne, des écritures chinoises ainsi que des animaux en mouvement, des chevaux mongols, des tigres et des lions, un aigle fond sur nous.


Demain, visite d’un monastère t»I»béta»I»n, mais cela sera une autre histoire.


Zai Jian,

Attention : Le gOuvern3m3nt chinois c3n5ur3 notre bl»0»g et Faceb»00»k. Nos messages seront publiés par des amis sur France. C’est Mathilde qui s’est chargée de celui-ci. Soyez patients pour les photos.
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