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Notre voyage a commencé le 28 juillet 2011 et s'est terminé un an plus tard, le 28 juillet 2012.
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mercredi 22 février 2012

Huay-Xai - Laos

Sabai-Dee (bonjour)

Nous vous avions dit que nous allions traverser la frontière Thaïlande/Laos à l’aide d’un pont. Et bien, c’était une erreur ! Nous l’avons traversé en longboat (petite barque effilée). Un pont est prévu mais il est en construction et sera fini dans trois ans. Dès 8 h. nous sommes dans la file d’attente de la douane pour quitter la Thaïlande. Puis passeport à la main, nous embarquons avec nos bagages, sur une toute petite barque. Pas de passerelles, pas de ponts, les deux pieds dans la boue, on enjambe et hop on s’accroupit, et on s’assoit presque au fond de la barque. Quels rires ! La frontière avec la Bolivie nous avait déjà plu, mais celle-ci est encore plus incongrue. Les clapotis de l’eau nous éloignent et nous sommes déjà sur l’autre rive. Encore moins pratique. Attention, il ne faut pas tomber dans l’eau au moment où on enjambe ! Puis de nouveau, la file d’attente pour la douane. Le visa coûte 30 US$ payable exclusivement en dollars américains. On a beau être communiste, on connaît les valeurs du capitalisme !!! Tout se déroule au mieux, puisque qu’à 9 h 30, nous ressortons avec le précieux sésame.

Huay-Xai n’est qu’une route bordée d’hôtels, de magasins et de tour-opérateurs. Notre hôtel est là, et nos chambres sont «très rudimentaires». Il ne nous reste plus qu’à attendre....demain matin, notre croisière sur le Mékong. Nous profitons de cette journée, sans internet vous l’avez vu, pour lire les guides (merci Cathy !) et affiner notre voyage. Viviane choisit le Laos et les nouvelles aventures qui nous attendent. Camille le Cambodge et nos balades à éléphant et à vélo. Et nous, nous affinons l’Afrique du Sud.

Demain, le Mékong, mais cela sera une autre histoire.

Sohk Dee Der (au revoir et prenez soin de vous)

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mardi 21 février 2012

Chiang Khong - Thaïlande


 Sawat-dii khâ,

Nous sommes très bien accueillis dans un village Yao, un peuple chinois du Guangdong (au sud de la Chine), arrivé ici il y a environ 80 ans. Seules les femmes âgées portent encore l’habit traditionnel. Une femme à l’écart, tresse des fibres de paille pour recouvrir les toitures. Plus loin, le métier à tisser fonctionne encore et deux femmes fabriquent des étoles à l’ancienne. Les enfants sont à l’école (obligatoire et mixte avec des thaïs). Les femmes avaient beaucoup d’enfants, une dizaine en moyenne, mais la mortalité enfantine était très élevée dans ces zones reculées, près de 50%. Aujourd’hui les femmes n’ont que deux ou trois enfants, le planning familial est passé par ici. Les jeunes générations parlent thaï alors que les anciens parlent le mandarin. Les maisons sont à hauteur de terre et non comme les thais sur pilotis. Des lampions rouges sont accrochés, un reste de décoration du nouvel an chinois. L’hévéa est la culture principale. Des amaryllis poussent dans le fossé, les cochons noirs se promènent devant nous.

Nous continuons la route pour Mae Salong. En chemin nous dégustons un ananas sur la bord de la route. C’est la pleine saison et ils sont juteux et très sucrés.
Au sommet d’une colline, nous arrivons à un village d’anciens militaires chinois du Kuomintang. Ce peuple, fidèle au mouvement nationaliste, a fuit devant les troupes de Mao. Une partie s’installe à Taiwan, pendant qu’une autre partie de l’armée vaincue passe en Birmanie. Mais le communisme les rattrape encore. La Thaïlande les accueille alors et leur donne du terrain. En contrepartie, ils doivent garder la frontière avec le Laos, qui est aussi devenu communiste et agressif aux frontières. Pour vivre, ils cultivaient du pavot et ont mis leur art de la guerre au service des trafiquants de drogue. Mais, depuis Taiwan, les anciens chinois du Kuomintang ne les ont pas oubliés, et les aident à transformer la culture interdite en production de thé. Ils produisent maintenant, un thé de très bonne qualité qu’ils exportent pour la majorité.
En arrivant dans le village, nous en dégustons cinq sortes avec des saveurs délicieuses, Viviane et Denis testent les chenilles de bambou frites, appréciées à l’apéritif ici et pas du tout appréciées par les goûteurs...

Les plantations de thé rayent les collines, les champs d’ananas, de litchis et de bananiers témoignent du travail des chinois pour défricher ces montagnes. Les champs marrons de l’autre côté de la vallée sont d’anciennes plantations de pavot qui attendent l’irrigation pour pouvoir recevoir du thé. D’autres champs, brulés et labourés à la main vue les pentes, sont prêts pour la mousson qui permettra au maïs et au riz gluant de pousser.

Nous rejoignons Mae Sai, à la frontière Birmane, où les birmans viennent en Thaïlande acheter des produits introuvables chez eux et où les Thaïs vont en Birmanie pour acheter les produits moins chers. Aujourd’hui, la Birmanie a facilité un peu les formalités de visas pour les thaïs. 10 états du sud-est asiatique se sont regroupés dans une association visant à favoriser les échanges, la Thaïlande, le Laos et la Birmanie en font partie  : l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Association_des_nations_de_l%27Asie_du_Sud-Est)
Les véhicules birmans passent la frontière à vide et repartent pleins. Après cette ville au marché bouillonnant, nous arrivons au Triangle d’or, endroit où la rivière Ruak se jette dans le Mékong. La Ruak sépare la Thaïlande de la Birmanie, et le Mékong, la Birmanie du Laos. C’est ici qu’avait lieu la plus grande partie du trafic d’opium, or noir échangé souvent contre de l’or pur. Nous embrassons les trois pays d’un seul coup d’oeil, avec le Mékong, majestueux au milieu. Ses eaux permettent aux navires chinois de venir commercer jusqu’ici en remontant les 265 km qui séparent l’empire du milieu du triangle d’or. Un navire militaire chinois assure même leur sécurité. Nous embarquons sur un «longue queue», pour une prise de contact rapide avec ce fleuve qui va nous accompagner pendant quelques temps. Un village de pêcheurs aux cabanes rudimentaires côtoie des casinos tout neufs et une zone franche au devenir certain. Le fleuve est très poissonneux, des poissons chats de 300 kg vivent ici mesurant plus de trois mètres de long... 

Nous dormons à Chiang Khong, le long du Mékong. De l’autre côté de la rive, les lumières du Laos brillent, demain nous n’aurons qu’à traverser un pont pour quitter la Thaïlande.

Pendant ces treize jours, nous avons beaucoup apprécié ce pays, une étonnante variété de paysages, des valeurs traditionnelles, une religion fascinante, un goût de l’harmonie et de la subtilité, les massages traditionnels et la langue et ses différents tons qui la rythment. La cuisine Thaï est un concentré de son pays, des goûts variés et des saveurs sucré-salé qui ravissent le palais, un raffinement du goût.  Nous avons bien pensé à notre nouvelle voisine, Bô, son pays et ses habitants nous ont charmé.

Lah-gone

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lundi 20 février 2012

Chiang Raï - Thaïlande

Sawat-dii khâ,

En route pour Chiang Raï, le fameux triangle d’or, région peuplée d’une mosaïque d’ethnies différentes, ayant plus ou moins toutes émigrées du Sud de la Chine ou du Tibet. Longtemps, la culture de l’opium a fait la richesse des tribus locales. A l’origine, la monnaie d’échange de l’opium était l’or, d’où le surnom de la région, qui reste encore le premier producteur et exportateur mondial d’héroïne ! Aujourd’hui, sous l’impulsion de la reine, un programme d’irrigation et d’incitation à d’autres cultures commence à porter ses fruits. Dans le même temps, la répression des trafiquants de drogue, par la condamnation à mort, a poussé les trafiquants vers la jungle birmane. Mais le mal n’est pas éradiqué pour autant, l’appât du gain malgré les risques et la demande croissante des citadins de Bangkok, font les beaux jours des trafiquants d’amphétamines ou de Ya Ba, une pilule énergisante qui fait fureur en ville.

Les geysers de Mae Krachan nous surprennent au bord de la route. Le nord de la Thaïlande est coupé en deux par une faille tectonique et donc l'activité tellurique y est intense et de nombreuses sources d'eau chaude parsèment la région. La température s'élève à plus de 80°. Toutes les vingt secondes, un immense jet d’eau fumante fend le ciel dans une ambiance soufrée. Plus loin, une fontaine bouillonne dans laquelle les femmes du village cuisent des œufs de poule et de caille, prêts pour la vente. Des bancs sont aménagés pour prendre des bains de pied à 40°, tout en discutant.

Nous visitons le surprenant Wat Rong Khun ou «Temple Blanc». Il a été construit par Charlemchai Kositpipat, un artiste thaï de renom qui a voulu créer un monument pour son roi et sa ville natale. Il devait être achevé en 2008 mais il est loin de l’être. En rupture avec la plupart des autres temples, celui-ci est d’une blancheur extraordinaire, pour symboliser la pureté du bouddhisme. Des incrustations de morceaux de miroir suggèrent la réflexion de l’illumination. A l’entrée, l’enfer avec des créatures effrayantes et des mains qui sortent pour nous attirer et nous prendre. C’est parait-il une des constructions les plus étranges conçues par l’homme. Puis, des fioritures toutes plus invraisemblables les unes que les autres, nous avons l’impression que la neige est tombée sur ce bâtiment et que le gel l’a confiné. Digne du château de la reine Blanche dans Narnia, ses statues soit nous effrayent, soit nous séduisent. Nous traversons l’atelier où les artistes travaillent le dessin, le bois pour les patrons, le fer à béton pour les carcasses, le béton pour les moules ou les statues. Puis viendra la pâte blanche pour épouser les formes et les morceaux de miroirs pour la décoration.

Nous prenons de la hauteur en montant à 1 000 m. à Doi Tung Royal Villa, où la reine mère s’est établi, en 1988, pour encourager les paysans à adopter des pratiques agricoles durables et à éradiquer la culture d’opium. Assez surprenant encore, nous arrivons devant un immense chalet savoyard, mais en teck. Cette femme a voyagé autour du monde, et a séjourné à Aix-Les-Bains, à Divonne, et en Suisse. Elle a constitué autour de sa demeure, un immense et magnifique jardin botanique, par amour et pour donner du travail aux tribus aux alentours et les motiver d’arrêter l’opium.
Ce n’est que successions de parterres fleuris, de cascades et de fleurs exceptionnelles, dans une fraîcheur toute relative mais combien agréable. Nous quittons cet éden à regret.

Nous traversons un village de la tribu Aka, minorités ethniques arrivés de Chine il y a 500 ans. Les femmes portent le vêtement traditionnel noir et nous rencontrons une vieille femme qui nous vend ses broderies «car elle ne peut plus travailler au champ». Sa bouche rouge dégouline de bétel, qu’elle mâche pour des raisons traditionnelles et médicinales, malgré l'interdiction. Elle nous bénie en prenant nos mains et en s'inclinant trois fois. Nous lui souhaitons une douce vie.

La route grimpe encore jusqu’à 1 400 m. jusqu’au Wat Phra That Doi Tung, un temple, haut lieu de pèlerinage des bouddhistes, créé au 10° siècle, un des stupas renfermerait une clavicule de Bouddha. A l’entrée, une succession de quatre cents cloches que les fidèles doivent faire tinter en pensant à quelqu’un de différent. Nous l’avons fait bien-sûr, en pensant à vous tous !

Nous retrouvons après une heure et demi de route, la ville de Chiang Raï.

Demain, nous partirons pour Chiang Khong, poste frontière de la Birmanie et du Laos, et nous embarquerons pour une croisière sur le Mékong.
Nous quitterons la Thaïlande après demain, pour le Laos, mais comme vous le savez cela sera une autre histoire.

Lah-gone

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dimanche 19 février 2012

Khum Lanna et ses alentours - ThaÏlande

Sawat-dii khâ,

5 H 30, on vient nous réveiller avec une tasse de thé. 6 H, nous enfourchons nos vélos. Il fait nuit, les maisons et leurs coqs se réveillent sur notre chemin. On devine les jardins, les autels des esprits au bord de la route. Une femme prie déjà devant un, l’encens à la main. Les rizières commencent à briller dans la brume matinale.

6 km plus tard, nous arrivons au marché du village. Les femmes proposent leurs étals de poissons, de viande, de fruits et légumes, et de plats cuits sur place et emballés dans des feuilles de bananiers. Nous retrouvons les légumes de la veille et en découvrons d’autres. Nous sommes surpris par quelques spécialités : les crabes de rizières, les omelettes cuites et servies dans des feuilles en forme de panier, la viande hachée crue mélangée au sang et aux piments, l’oesophage de poisson frit, les graisses de porc, etc...
Le marché ouvre à 5 H., et déjà des paniers sont vides. Les commerçants sont très accueillants et se laissent photographier avec le sourire. Nous achetons quelques bananes (dites bananes cochons) et des gâteaux à donner en offrande aux moines.

Nous repartons. Le jour commence à se lever, nous devinons les cultures et les cabanes en bois. La clarté matinale fait briller les rizières. On a dû déplier un poster devant nous, on croit rêver.  En chemin, nous croisons des moines, tout d’orange vêtus. Ils n’ont pas le droit de faire la cuisine ni de manipuler de l’argent. Aussi pour se nourrir, ils partent chaque matin sur les routes récolter les offrandes de la population, leur bol à la main. Ils ne peuvent s’absenter du monastère que de 5 H. à 7 H 30, pour collecter de quoi se nourrir le matin et le midi. Ils jeuneront jusqu’au lendemain. Ici, le temple est très éloigné des villages, c’est pourquoi, une bonne âme les véhicule de façon à ce qu’ils puissent respecter les délais sans avoir faim. Ils nous attendent pieds nus de l’autre côté de la route. Nous devons nous déchausser pour aller vers eux. Nous déposons nos achats dans leur bol. Nous nous accroupissons pour recevoir leur bénédiction.

Nous arrivons au marché suivant. Nous prenons un café ou un thé Thai, agrémentés de lait concentré sucré. Des femmes préparent des plats à emporter avec une dextérité étonnante. Nous achetons du riz gluant servi avec du flan au caramel et du lait de coco, présenté dans une feuille de bananier. C’est joli et en plus c’est très bon. Une autre fait cuire du riz avec des feuilles, le riz devient vert, elle l’emballe avec une petite banane. Plus loin, on fait du lait de coco frais à l’aide d’un gros pressoir. L’ambiance est active et sereine, avec le sourire omniprésent. En reprenant nos montures, nous passons devant deux supermarchés tout neufs, ouverts 24 heures sur 24, qui attirent les clients avec des prix plus bas que sur les marchés. Le pays évolue très vite et nous sommes en pleine campagne à 1 heure et demi de route de Chiang Maï.

Nous rentrons au Lodge juste à temps pour le petit déjeuner. 10 H., deuxième cours de cuisine. Nous préparons du porc pour le barbecue : lait de coco, citronnelle, curry et beaucoup d’autres choses (on ne va pas tout vous dire). Pause photo avec notre nouveau chef. Pendant que la viande marine, il nous explique la culture du riz et la façon de séparer le grain de son écorce. On fait un tour au jardin, où les senteurs se mêlent aux saveurs parfois étranges que nous fait goûter notre hôte. Les fleurs sont variées et toutes aussi belles.
Il est vite midi, pour déguster -le mot n’est pas trop fort - la viande que nous avons préparée. Ce n’est pas ici que nous allons perdre des kilos....mais c’est trop bon.

Retour sur Chiang Maï, et son marché de nuit, où d’innombrables échoppes proposent l’artisanat de qualité de la région.

Demain, Chiang Rai, toujours plus au nord, mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire.

Lah-gone

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samedi 18 février 2012

Khum Lanna - Thaïlande

Sawat-dii khâ,

La journée sportive est à la hauteur de son programme.
Le soleil se lève sur les rizières et nous déjeunons déjà sur la terrasse. Les vélos tout terrain nous attendent. Nous partons pour 13 km, mais certaines ne les feront pas entièrement. Les maisons se succèdent, les habitants répondant à nos sourires.
Puis, nous arrivons enfin, à l’embarcadère pour une heure de rafting, mais certaine ne le fera pas. Les rapides donnent des frayeurs et surtout de l’eau très froide dans le canot. La végétation est luxuriante tout autour et les oiseaux nous accompagnent.
Après, nous remontons la rivière à l’arrière d’un 4x4, pour cinquante minutes de balade à dos d’éléphant. Les parents sont sur la maman, les filles sur la grande sœur, et la petite sœur nous suit tranquillement, tétant sa maman aux arrêts. Le pique-nique est fort apprécié, servi dans des feuilles de bananier. Nous quittons un couple d’anglais, avec qui nous avons sympathisé, et repartons pour une heure et demie de route, toujours à l’arrière du 4x4.
Nous arrivons épuisés au Khum Lanna, fraîche étape où une grande terrasse en teck est placée dans un jardin très bien entretenu. Il est 4 h, notre premier cours de cuisine thaï commence dans une heure ! Petit repos et nous enfilons des tuniques bleues, brodées «Rice for live» en guise de tablier. Notre chef nous attend, tout de blanc vêtu, et nous souhaite la bienvenue dans son immense cuisine. Les légumes et les différentes herbes sont disposées dans un panier tressé. Elle nous dévoile l’art de couper et d’émincer les différents ingrédients, en nous les présentant, beaucoup nous étaient inconnus. Puis nous passons aux casseroles, chacun devant son feu. Nous préparons ainsi une soupe au poulet et au lait de coco, et du poulet version curry et une version gingembre. Nous faisons cuire toute la garniture de nems, que nous roulons dans des galettes de riz. Certaines sont plus adroites que d’autres. Nous repartons avec un livre de cuisine et des tas d’idées pour vous régaler !
Nous dînons de nos exploits culinaires, avec des beignets de banane, des pastèques et des ananas frais et délicieux. Un vrai repas de gala.
Juste le temps de se changer, pour une heure de massage pour les muscles endoloris par cette journée. S’il nous rappelle celui que nous avions eu hier, il se termine par contre, par une pression à l’aide d’une serviette chaude remplie d’herbes et de champignons. C’est divin ! Nous n’avons plus qu’à nous glisser dans nos lits, il est seulement 21 h, mais demain, on nous réveille à 5 h 30, pour aller au marché en vélo, mais comme vous le savez cela une autre histoire.

Quiz : qui sont les «certaine(s)» dans les trois phrases ?

Lah-gone

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vendredi 17 février 2012

Lisu Lodge - Thaïlande

Sawat-dii khâ,

En route pour le Lisu Lodge, nous nous arrêtons à la ferme des tigres. Nous voyons de gros tigres dans d’immenses cages arborées et Oh ! Surprise ! des personnes se promènent dedans ! Il est possible de rentrer pour les caresser et pour les photographier !Les consignes de sécurité sont valables autant pour les petits félins que pour les gros : ne pas toucher la tête et les pattes avant et ne pas faire de mouvement brusque devant eux. Les gardiens qui nous entourent ont juste un petit bâton de trente centimètres pour les petits mammifères, et un petit mètre pour les plus gros.
Nous commençons par les smallest, les plus petits. Ils sont cinq et ont environ six mois et sont trop mignons. Nous pouvons les caresser comme des chats ou nous coucher à côté comme des peluches. Gros moment de câlins !
Puis nous approchons des big cat : ils sont cinq, ont deux ans, pèsent dans les 150 Kg et ont une gueule à ne pas y mettre la main. Nous ne sommes pas très rassurés, la surveillance est plus étroite, surtout quand une femelle «Summer Flower» commence à tourner derrière nous, «Elle a faim» : nous dit son ange gardien ! C’est un grand moment d’émotion de caresser ces géants si puissants et si beaux. L’énormité de leur tête, la finesse de leurs traits, la longueur de leurs moustaches, la clarté et la grandeur de leurs yeux, les taches blanches derrière leurs oreilles, la taille de leurs dents et la largueur impressionnante de leurs pattes à gros coussinets noirs.
Nous visitons la nursery ! Six grands ont six semaines et quatre autres ont seulement sept jours ! Nous avons beaucoup de chance, c’est le repas aussi : les biberons sont prêts. Une femme les sort un par un pour les laver avec une serviette avant de leur donner à manger. Il est très drôle de les voir commencer leur apprentissage de la vie, qui ne ressemblera pas à celle des tigres d'antan.
Le tigre est l’emblème de la Thaïlande, persécuté par d’innombrables chasses, il en reste environ 400, principalement dans les parcs, la plupart naissent en captivité.  Mais un guide nous dira qu’autour de l’hôtel de ce soir, des tigres rôdent dans la jungle et mangent les poulets et les cochons du village.


Le Lisu lodge est un sorte d’hôtel situé dans un village du même nom perdu en pleine jungle. Les Lisus sont issus du Yunnan en Chine du sud. Fuyant devant les troupes de Mao, leur longue marche les a conduits au Tibet puis en Birmanie pour arriver ici, en 1959, où le roi Rama IX leur a donné quelques hectares de forêts à déboiser. Depuis, ils ont travaillé et prospéré et l’intégration avec les peuples locaux est aujourd’hui effective.
Notre lodge n’est qu’une immense terrasse faite d’une structure en teck . Pas de murs pour favoriser les déplacements d’air, seul un très haut toit en chaume de roseaux. Nos chambres sont séparées de panneaux tressés, comme les sols. Sommaire mais très propre, et la cuisine toujours aussi délicieuse. Pour l’après-midi, deux équipes œuvrent. Une équipe pour un massage d’une heure. Habillées d’un pyjama local sur une natte à même le sol, la masseuse s’accroupit à côté de nous, et nous masse les points d’acupuncture à l’aide de son corps : ses mains, ses coudes, ses avant-bras, ses genoux et ses pieds. C’est très agréable et très doux. Une autre équipe pour une balade dans la campagne dans un char à bœufs. Les bêtes sont blanches, avec de grosses bosses sur le dos et de grandes cornes. Assez débonnaires, le rythme nonchalant. La calèche est d’un confort rudimentaire et la campagne cultivée de tabac, maïs, riz, mandarines, litchis, et toutes sortes de légumes.  A la sortie des classes, les enfants montent sur le char en jouant, ou en vélo s’accrochent et se font déposer devant chez eux.
Après une visite du village, où nous avons pris le thé chez le chaman, les filles ont dansé avec sa deuxième épouse au son des instruments traditionnels joués par monsieur. Nous parcourons le jardin médical entretenu par des moines.
Des petits enfants jouent dans le pré. Les filles ont de jolies robes de couleur et leur cheveux noirs sont souvent coupés au carré. Les garçons tee-shirt et bermuda jouent à un sport que nous pourrons appeler le foot-volley, on ne peut toucher le ballon qu’avec les pieds et la tête et l’envoyer de l’autre côté du filet.

Pendant le dîner, une sono inhabituelle pour ce genre d’endroit nous surprend et une personne du village nous convie à venir à la fête. Surprenant, le terrain de jeu est illuminé par deux spots flanqués dans les arbres. Un groupe d’instruments traditionnels joue un rythme répétitif, qui durera toute la soirée, sans aucune variante. Plus loin, une sono reliée à un ordinateur braille et attire tous les enfants pour un karaoké très mouvementé. Les deux musiques se superposent sans que cela gêne personne. Les enfants et les femmes sont en habits traditionnels Lisu. Tout le village est là dans un joyeux désordre entre deux âges, la tradition se mêle à la modernité. Les danses traditionnelles se suivent au rythme des villages qui présentent chacun son groupe. Une jeune fille danse, habillée avec une robe qui se termine par une sorte de queue de paon qui s’ouvre et se ferme. Puis, vient une sorte de cerf où deux personnes sont à l’intérieur et fait peur aux enfants. Les femmes Akas (village à côté, provenant du Tibet) sont couvertes d’argent en habit de la montagne. Pour finir, nous avons droit à une chorégraphie sur Justin Bieber. par des élèves d’une école internationale de Bangkok. Ils sont venus une semaine pour aider au village et repartirons demain. Les femmes en costume traditionnel regardent étonnées les jeunes se trémousser. En rentrant nous coucher, nous sommes attirés par un feu, une femme est en train d’enlever les poils d’un....chien mort ! Elle nous sourie de toutes ses dents qui lui restent, dans une grimace digne d’une sorcière. Nous ne demandons pas notre reste et filons assez rapidement rejoindre Morphée, que nous atteindrons difficilement, après la sono, les chiens, puis les grenouilles, les coqs, les cochons et beaucoup d’oiseaux. La jungle n’est pas si tranquille.  

Demain, journée sportive, mais comme vous le savez cela sera une autre histoire.

Lah-gone

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jeudi 16 février 2012

Chang Mai et ses alentours - Thaïlande

Sawat-dii khâ,

Revenons à notre journée mouvementée du 16.
Donc, dès le matin, nous étions au camp des éléphants Mae Sa. Nous faisons leur connaissance à l’aide d’un tableau, qui les répertorient, les nomment, et donnent aussi le nom de leur cornac. Chaque éléphant a son cornac. Puis à l’aide de bananes et de bâtons de canne à sucre, nous lions d’amitié.
A la nursery, deux mamans profitent de seize mois de tranquillité avec leurs petits. Dans la vie des humains, les mamans n’en n’ont pas autant ! Plus loin, douche et brossage. Des branchages sont prêts en fagots pour ces gourmands, qui mangent quotidiennement dix pour cent de leur poids.
Les éléphants, comme nous le matin, prennent leur bain. Ils se roulent dans la rivière, leur cornac les brosse vivement. Puis, comme nous, ils se mettent à leur travail. Installés dans des gradins, nous pouvons admirer leur dressage et la souplesse de leurs gardiens qui montent sur leur animal, par devant ou par derrière. Les pachydermes jouent de l'harmonica, font sauter des cerceaux, jouent aux fléchettes, et aiment jouer au foot et au basket. Ils sont drôles et coquins quand ils enlèvent le chapeau de leur cornac. Mais ce qu’ils préfèrent, c’est peindre. Installés devant des chevalets et attentifs aux instructions qu’on leur donne, en les guidant avec leurs oreilles, qu’ils ont grandes au demeurant. Ils exécutent devant nous, des auto-portraits, des fleurs et des paysages colorés. Leur travail est exposé et ils sont ravis d’entendre nos applaudissements.
Nous partons sur leur dos de Mae Moon (36 ans et déjà maman d’un petit élépheteau)et Mae Jam (22 ans encore célibataire) faire une balade aux alentours, en visitant le camp. Partout, propreté et respect de l’animal font foi. Nous leur souhaitons longue vie, qui peut atteindre une centaine d’années.

Nous nous arrêtons à la ferme des orchidées. Ce n’est que ravissement des yeux et des narines ! Les thaïlandais sont devenus maîtres dans la création d’espèces hybrides toutes plus belles les unes que les autres. Couleurs, formes, parfum. Il faut deux ans pour qu’elles atteignent leur floraison maximum, sans terre mais avec beaucoup d’humidité. Les pétales doivent être parfaitement similaire. Dans les boutiques, sont présentées des fleurs cristallisées dans l’or ou dans l’argent pour des colliers, des broches et des boucles d’oreilles.

Puis nous faisons route, pour rejoindre un village Hmong en haut de la montagne, à 1 000 m. d’altitude. Le peuple Hmong est installé en ThaÏlande depuis 500 ans, partis de Chine ils sont arrivés par le Laos. Aujourd’hui, ils sont nombreux et pratiquent encore la polygamie, malgré son interdiction officielle. L’école se termine et les enfants sortent en rang, en saluant un à un et très respectueusement leur professeur. Ils retrouvent leur maison où les femmes travaillent le chanvre et le café. Les femmes les plus âgées sont habillées en costume traditionnel, qui est une jupe noire et un corsage rouge et rose, croisé sur la poitrine. Les plus jeunes sont habillées plus moderne. La culture du chanvre (haschich) est interdite mais toujours pratiquée. Il faut, après la récolte, l’ébouillanter pour ne garder que les fibres, puis les mettre  bout à bout pour les filer, et ensuite former des bobines.
Nous regardons le café séché à différentes étapes et nous le dégustons. Les caféiers ne poussent qu’à une certaine altitude en montagne. C’est la variété arabica qui a été sélectionnée ici. Nous quittons le village, avec le sourire d’une vieille dame qui broie de la farine à l’aide d’une ancienne meule à main.


En retournant à Chang Mai, nous nous arrêtons au monastère Wat Phrathat Doi Suthep qui surplombe la ville. Ce n’est que profusion de clochettes, de dorures, d’offrandes, de statues de Bouddha. Une plaque funéraire attire notre attention, avec un nom de notre famille. A cette heure tardive, commence la prière du soir que nous écoutons attentivement. Ce sont des paroles psalmodiées, sur un ton grave, au son des gongs. La lumière des bougies, la dorure des statues, le parfum des encens, tout contribue au recueillement.

Retour tardif à l’hôtel où nous préparons nos sacs à dos, pour trois jours dans la montagne, ou nous ferons de l’éléphant, de la bicyclette, du rafting. Nous apprendrons la cuisine thaï, et vivrons avec les habitants des villages, mais cela sera une autre histoire.

Lah-gone

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mercredi 15 février 2012

Chiang Mai - Thaïlande

Sawat-dii khâ,

Quelle journée !
Dès le matin, nous étions au camp des éléphants Mae Sa pour les voir prendre leur bain, faire des démonstrations de cirque, peindre des tableaux, et se promener sur leur dos dans la jungle. Ils étaient fascinants !
Puis ferme d’orchidées, des variétés extraordinaires de toutes les couleurs et formes, et quel parfum !
Puis visite du village Hmong en haut de la montagne, rencontre avec des enfants terminant l’école, des femmes au travail, du chanvre et des récoltes de café.
Puis visite du monastère Wat Phrathat Doi Suthep qui surplombe la ville, tout doré.
Retour tardif à l’hôtel où nous préparons nos sacs à dos, pour trois jours dans la montagne, ou nous ferons de l’éléphant, de la bicyclette, du rafting. Nous apprendrons la cuisine thaï, et vivrons avec les habitants des villages.
Nous nous couchons sans faire de texte ce soir, et ne savons pas si nous aurons internet pendant notre prochaine escapade.
Nous vous disons à bientôt, pour vous raconter toutes ces nouvelles histoires.

Lah-gone

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Le reste suivra dès connexion

Lampang - Thaïlande

Sawat-dii khâ,

Beaucoup de route aujourd’hui, pour arriver jusqu’à Chang Mai.
Arrêt à Lampang pour visiter le Wat Phra That Lampang Luang. Dès notre arrivée nous sommes impressionnés par son grand escalier flanqué de deux longs nagas blancs (serpent mythique à une ou cinq têtes). Tout est en teck sculpté et doré, d’anciennes peintures (15° siècle) représentant la vie de Bouddha, subsistent.






Le gouvernement ne finance pas les temples et ses réparations, alors une kyrielle d’activités est proposée aux pèlerins pour quémander des dons. Comme nous l’avions fait à Bangkok, en marquant une tuile à notre nom, nous avons aujourd’hui, signé sur un immense tissu orange qui recouvrira le chedi (tour pour les reliques). Des prédictions se lisent d’après des numéros sortis en agitant une boite de bâtonnets. Des bâtons mesurent notre envergure avant et après le vœu, l’envergure est sensée changée après la prière. On peut également soulever une statue avec le petit doigt. Il est possible de donner des billets  de banque directement dans des troncs ou de les accrocher après une corde qui sera montée tout en haut de la pointe du cheddi, formant ainsi une guirlande de billets. Pour formuler leurs voeux ou pour remercier, on offre au temple des statues de Bouddha  ainsi que d’innombrables clochettes, qui seront fondues pour réaliser une grosse cloche. Nous détaillons des paravents offerts en remerciement, réalisés exclusivement en graines (riz, maïs, blé, café.....) qui ont représenté beaucoup d’heures de travail minutieux.
Devant le temple de la vache, on offre des miniatures et des statues de l’animal. A l’extérieur, un banian coloré de rubans est supporté d’étais de bambous. Cet arbre sacré ne doit pas tomber. Même ces bambous sont gravés au nom des personnes qui les ont offerts.
Une statue de Bouddha nous surprend, c’est une femme, pour les vœux de maternité, car Bouddha peut prendre l’apparence qu’il veut.
Un peu plus loin, un temple rénové, tout de rouge et d’or, est gardé sur son fronton par un Garuda (animal mythique mi-homme mi-aigle).

Puis nous visitons le Wat Phra Kaeo Don Tao. Son chedi est recouvert d’or et de mosaïques de verre, de style birman. Les birmans sont restés à peu près deux cents ans et ont imposé leur style. Là aussi, des nagas encerclent le pont, tout de rouge et d’or. A l’extérieur, nous dérangeons une classe de moines attentifs à leur professeur. A côté leur linge jaune et orange, sèche. Dans ce lieu, une université peut accueillir jusqu’à 10 000 moines ! Le jour du nouvel an bouddhiste aura lieu cette année en avril. A cette occasion, des travaux se font sur presque tous les sites, peintres, menuisiers et maçons sont à l’oeuvre.

Demain, route vers le camp d’éléphants de Mae Sa, pour leur bain, mais cela sera une autre histoire.

Lah-gone

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mardi 14 février 2012

Sukhothai - Thaïlande

Sawat-dii khâ,

Route au nord pour Phitsanulok à 250 km. La chaussée est parfois très défoncée, les inondations de l’année dernière ont laissé des traces et des trous dans le bitume. Le sol n’est pas encore stabilisé, certains endroits sont restés deux mois sous l’eau. Le désastre est dû en partie aux pluies abondantes et aussi à la mauvaise gestion des barrages au nord du pays et en Chine. Il n’y a pas de communication entre ces deux états, aussi, lorsque les Chinois «lâchent» leur eau, les Thaïs ont parfois leurs barrages déjà pleins  et doivent ouvrir toutes leurs vannes en même temps. Et c’est là que le problème arrive ... Les rizières que nous voyons tout le long du parcours ne manquent pas d’eau et sont bien vertes. La Thaïlande est l’un des premiers exportateurs de riz au monde, il n’y en a pas moins de 3 000 sortes différentes. 

Nous arrivons à Phitsanulok en pleine chaleur. Un seul temple subsiste, magnifique. Le bouddha principal est assis et d’une grande finesse. Chaque thaï se doit de venir ici au moins une fois dans sa vie en pèlerinage. Il n’y a presque pas de touristes et la multitude de boutiques plantées tout autour du temple s’adresse aux pèlerins soucieux de ramener des souvenirs au village et à leur famille. Le temple est surmonté d’un superbe Prang (tour en forme d’épi de maïs) d’inspiration Khmer. La ville a été détruite en 1960 par un incendie, et le temple a été épargné par les flammes, ce qui a encore augmenté l’intérêt porté par les fidèles.

Puis Sukhothai nous surprend par sa myriade de sanctuaires qui semble nous attendre depuis une éternité. On explore le magnifique parc, à vélo, pour admirer toutes sortes de Bouddha, marchant, prêchant, méditant, debout, assis dont deux imposants de 9 mètres. Sur les ruines, on devine des frises d’éléphants, de lions et de danseuses. Des temples sont disposés sur des îles accessibles en jet ski ou, pour les traditionalistes, à la nage. Bouddha pouvait donc choisir quel prêtre pourrait noyer les autres. Que le meilleur gagne !
Étant la première capitale du Siam (au 13°s donc avant Ayutthaya), le palais royal de Sukhothai se devait d’impressionner les vassaux du Royaume qui s’étendait alors de la Birmanie jusqu’au Laos, au Cambodge et une partie de la Malaisie. Laissés à l’abandon pendant des siècles, les temples disparurent sous la végétation et furent pillés par des chasseurs d’antiquités. À partir de 1960 débuta la restauration et en 1991, la ville fut inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.




Le disque d’un magnifique coucher de soleil nous accompagne pour les deniers coups de pétale. Un spectacle à la hauteur du site et un côté romantique propice à aujourd'hui. Nous souhaitons bonne fête à tous les amoureux et aux Valentin.

Demain, route sur Chiang Mai, encore plus au nord, mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire.

Lah-gone

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lundi 13 février 2012

Ayutthaya - Thaïlande

Sawat-dii khâ,

La nuit a été très calme. Nous nous levons à 6 heures. Il fait déjà chaud. Les cris et les chants de la jungle commencent. Nous déjeunons en tee-shirt dehors en lisant, avec toujours autant de plaisir, vos mails et vos commentaires qui nous parlent de froid et de neige. Vous pouvez vous réchauffer en regardant le site de l’hôtel : www.riverkwairesotel.net
Quand nous reprenons la barque pour retourner à la route, le soleil se lève, rond et rouge. Moment magique, d’être au milieu de cette végétation.

Nous partons pour Ayutthaya. De chaque côté de la route, des rizières, de la canne à sucre, des palmiers, des cocotiers, des bananiers. L’année dernière toute cette plaine a été inondée. Avec un savant jeu de pluies artificielles, provoquées par des lancements de produits dans les nuages, trois récoltes de riz peuvent être faites à ce jour, alors qu’avant, la récolte était unique. Les fleurs sont présentes, orchidées, frangipaniers, bougainvilliers, hibiscus et acacias.
Les temples se succèdent sur la route, tous aussi importants et dorés.

Dans le calendrier thaï, nous sommes le 13 février 2555. L’an zéro étant la mort de Bouddha.

Nous nous arrêtons à la Résidence d’été royale, de Bang Pa In. Des bassins, des fontaines, des jets d’eau, des bâtiments européens, un clocher gothique, des pagodes au milieu des bassins, un temple chinois tout de rouge et d’or, des ponts entourés de statues grecques, tout respire le raffinement et la fraîcheur. Construit en 1878, elle reflète la grande vogue de l’époque pour l’architecture orientale. A l’intérieur, rideaux lourds et passementerie, mobilier laqué noir ou incrusté de nacres, tapis épais reprenant les dessins des moulures du plafond, cabriolets et bergères. Sommes nous bien en Thaïlande ?

Puis nous arrivons à Ayutthaya, dont les temples en ruine ont été classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Installée sur une île artificielle formée par le confluent de trois cours d’eau, l’ancienne capitale royale conserve une myriade de vestiges, parmi les plus beaux du pays. 34 rois et 5 dynasties  se sont succédés pendant 417 années, et chaque roi a embellit la ville. Au 17° siècle, elle comptait 500 temples couverts d’or. L’île était quadrillée de canaux et de rues arborées, le long desquels s’alignaient boutiques, marchés et ateliers d’artisans. Plus d’un million d’habitants et ville cosmopolite puisque trente nations différentes étaient accueillis pour les comptoirs commerciaux et les marchands. Depuis Bangkok, on pouvait apercevoir sa brillance. Des jonques, des galions et des caravelles venus d’Extrême-Orient et même d’Europe rentraient dans la ville. Ses vestiges sur 15 km2 ont été abîmés par la dernière inondation, mais il est facile d’imaginer cette ville à son apogée, son surnom était «Venise de l’Asie». Un marchand de Bruges témoigne en 1593 : «Chaque pagode avait une très haute tour de pierres et de briques maçonnées. Elles étaient dorées depuis la flèche jusqu’au milieu et avaient quatre escaliers de plomb doré. Le roi conservait dans ces pagodes des idoles d’or et parées de bijoux. Les murs étaient sertis d’escarboucles, de topazes et de beaucoup d’autres pierres précieuses». En 1767, les birmans assiégèrent la ville pendant quinze mois et la pillèrent, la démolirent et massacrèrent la population. De cette terrible chute, Ayutthaya ne se relèvera jamais et l’on choisit Bangkok comme nouvelle capitale. L'emblème de la ville est la tête de Bouddha dans les racines d’un fichus. Une photo montre la hauteur de l'inondation de l'année dernière sur cette tête.

Les filles délivrent des oiseaux enfermés dans une cage, c'est un des actes méritoires pour améliorer son karma.

Nous n’aurons pas l’affront de vous dire qu’il fait très chaud, surement 35°, et qu’il est éprouvant de visiter des ruines par cette chaleur. Bon courage à tous pour braver le froid.

Demain, en route pour Sukhothai, mais cela sera une autre histoire.

Lah-gone

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dimanche 12 février 2012

Kanchanaburi - Thaïlande

Sawat-dii khâ, Bonjour,

Le salut thaï, le waï, consiste à joindre les deux mains au niveau de la poitrine, en inclinant légèrement la tête.

Nous quittons Bangkok, ses buildings et son agitation. Nous faisons beaucoup de kilomètres avant que sa banlieue laisse place à des champs. Le nom de Bangkok est le nom donné par les Européens, pour les thaïlandais «la cité des anges» est un nom plus poétique. Il faut  environ 1 minute 30 pour prononcer son ancien nom en entier. Le nom de Rama Ier tenait lui dans une feuille A4 dactylographiée, pas facile de remplir les différents formulaires d’immigration et d’émigration.. C’est surement pour cela, qu’à cette époque, les rois ne sortaient jamais du royaume, sauf pour faire la guerre. Une simple déclaration de guerre suffisait dans ce cas.

Des marais salants, puis des champs de canne à sucre et beaucoup de bananiers. Des ateliers de menuiseries transforment le bois du nord. Nous nous arrêtons au marché flottant de Damnoem Saduak. Les petits canaux sont pris d’assaut par des barques de fruits et légumes, de poissons. Sur d’autres, on prépare des soupes que l’on compose au choix, ou des beignets, des raviolis ou d’autres plats qui nous donnent envie de tout goûter. Tout est bien présenté dans la barque, tout est propre. Chaque femme a sa spécialité et elles font preuve d’une dextérité étonnante. Elles sont accroupies dans leur barque, devant un petit fourneau ou réchaud (il fait toujours 32°), et préparent les aliments, hèlent les clients sur le quai, les livrent à l’aide d’un panier fixé au bout d’un bâton et encaissent de la même façon. Le tout, sur un canal encombré de multiples barques de touristes qui passent et viennent taper leur embarcation. Mais tout se passe bien, dans un feu d’artifice de couleurs et de senteurs. Nous nous régalons avec des beignets de banane. Un éléphanteau, des boas et un petit léopard font les beaux. C’est dimanche, les thaïs font leur course aussi. Ils font rarement la cuisine chez eux, tout est proposé partout. A chaque coin de rue, une petite cuisine installée sur le trottoir fait des merveilles.

Nous arrivons à Kanchanaburi, rendu tristement célèbre par le pont de la rivière Kwai. Mais ce n’est pas en sifflant que les prisonniers thaïs, européens, australiens et américains ont construit le chemin de fer de la mort, en 1942, sous le régime japonais. Leur ambition était de conquérir l’Inde, le chemin de fer traversant l’actuelle Birmanie leur aurait permis d’approvisionner les camps militaires. Ils devaient mettre cinq ans pour réaliser 415 km de voie traversant les cours d’eau et les montagnes, ils n’ont mis que seize mois, travaillant 20 heures par jour, tous les jours, dans des conditions d’hygiène et de santé inhumaines. 130 000 hommes, plus de la moitié mourrons de sévices, de maladies tropicales, de sous-alimentation et de mauvais traitement. Une tragédie. Les alliés ont pu bombardé par avion le pont et le détruire, neutralisant ainsi la voie stratégique. Le musée retrace par de rares photographies cet enfer, un survivant a dessiné ses horribles souvenirs. Son conservateur signe un résumé par ces quelques mots «Espérons que la Paix l’emportera toujours sur la violence». Nous formulons aussi ce voeux. Le cimetière est immense et très fleuri. Nous marchons sur le nouveau pont, un train touristique fait quelques kilomètres pour commémorer le souvenir. L’eau est marron et le courant très fort. Nous sommes près de la frontière birmane et beaucoup de militaires sont fixés aux alentours. Le service militaire est obligatoire pour deux ans.


Nous reprenons la route pour notre hôtel situé sur un des confluents de la rivière Kwai. Surprise, nous embarquons sur une longue et étroite barque et remontons le courant. Sur les rives, la jungle commence avec sa flore et ses cris d’oiseaux. Dépaysement garanti. L'embarcadère est à quinze minutes et on devine les cases disséminées dans la végétation luxuriante et parsemée de fleurs rouges. Le lobby et le restaurant ne sont qu’une immense terrasse, sans murs, et les chambres, de mignonnes cabanes individuelles. Nous nous faisons masser sur une terrasse (pressions des mains sur les points d’acupuncture). Danièle, nous avons bien pensé à toi. Seuls le ventilateur et les oiseaux seront témoins de notre bien être. Le repas est une succession de douceur, de sucré-salé, de sauce au miel, de beignets, de poisson aux amandes et d’ananas très mur. La soirée se termine, par une représentation de danse des Môns. Costumes, rites, instruments de musique, tout est une découverte. Cette minorité ethnique représentait tout un royaume qui a connu son apogée au 7° siècle et qui s’étendait de la Birmanie jusqu’au sud et centre de la Thaïlande. Maintenant ils ne sont plus qu’une poignée et viennent se réfugier de ce côté ci de la frontière, ayant des problèmes avec la junte birmane.

Demain, nous partons pour Ayutthaya, mais cela sera une autre histoire.

Lah-gone, Au revoir.

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samedi 11 février 2012

Balade à Bangkok - Thaïlande


ลองค้นหาคำในรูปแบบอื่นๆ Bonjour,

Rendez vous au Palais Suan Pakkad, un ensemble de maisons thaïs traditionnelles, abritant un magnifique jardin. Il appartient à l’arrière petite fille de Rama V, roi du début du XX°, ayant ouvert le pays aux nouvelles techniques. Les maisons ont été démontées de différentes régions et remontées ici en 1950. Tout est calme et nous sommes en pleine ville...Beaucoup d’objets, des instruments de musique, des masques de théâtre, des meubles, bijoux, mais surtout une série de poteries et d’objets en bronze qui datent de plus de 5 000 ans. La découverte du site des poteries a été faite par un étudiant en sociologie, parti finir sa dernière année de thèse en Thaïlande et qui avait choisi, par hasard, le village de Ban Chiang dans le nord est du pays. Alors qu’il séjourne dans le village depuis quelques semaines, en se promenant il trébuche sur une souche et se trouve nez à nez avec un éclat de poterie. Il découvre ainsi un des plus grands sites archéologiques du pays, l’histoire ne dit pas s’il a fini sa thèse.

Nous plongeons dans le Chinatown local, un quartier qui s’étend sur 3 km avec un marché très dense dans des petites ruelles. Vous pouvez acheter tout ce qui est indispensable à une famille chinoise. Au niveau cuisine, peu de choses qui arrivent normalement dans nos assiettes, mais les affaires paraissent florissantes. Tous les «chinois» sont les descendants des coolies, arrivés en masse au temps de l’industrialisation autour de 1920-1930. Aujourd’hui ils sont tous thaïlandais mais conservent, voire cultivent leurs différences. Les trottoirs, pour les rues les plus larges, sont assaillis par les marchands ambulants où ils font des miracles pour nourrir leurs congénères sur 1 mètre carré chacun.  Les lampions envahissent les rues, se mêlant aux dragons qui célèbrent la nouvelle année du même nom. Nous entrons dans le temple Wat Leng Yee, bondé et enfumé d’encens, le plus grand temple chinois de la ville. La ferveur est réelle et tout le monde se presse devant les statues pour faire ses offrandes : mandarines, jus de fruits, bâtons d’encens et papiers rouge et or qui seront brûlés. Là aussi les croyances se mêlent et nous avons parfois du mal à nous y retrouver. Notre guide, qui est bouddhiste mais pas chinois, avant de passer le concours pour intégrer l’université, sur les conseils d’une astrologue, est venu prier à un autel de ce temple. Il a eu sa place et plus tard sa licence, il a peut être un peu aidé les dieux en travaillant ! Son français est excellent.

La maison de Jim Thompson, américain, ancien agent de renseignements, qui décida de s’établir à Bangkok nous accueille. Construite le long d’un canal, cette somptueuse maison est composée de six maisons traditionnelles assemblées avec très bon goût. Il tombe amoureux de la soie et redonne à cette industrie un essor et un renom international. Puriste, il collectionne des objets anciens d’une grande rareté et beauté. Il disparait mystérieusement en 1961 lors d’un voyage en Birmanie. Son neveu crée cette fondation qui nous permet d’admirer cette magnifique collection.

Nous rentrons à l’hôtel par le métro aérien, qui ferait pâlir d’envie les parisiens et les lyonnais. Tout neuf, sans un tag, climatisé, tout propre et où cela sent bon...Dans la rue, nous faisons l’expérience d’un bain de pieds et de mains avec des poissons nettoyeurs. Après les premiers instants de cris de surprise, et de chatouille intense, les poissons font leur travail consciencieusement, passant entre les doigts de pied, un moment de franche rigolade. Après 15 minutes, le résultat est là, nous ressortons du bain avec des pieds et des mains tout lisses. N’hésitez pas à faire l’essai...

Il fait chaud 35° et moite (comme dirait Gauthier dans Largo Winch II) et la cuisine thaï est délicieuse. 

Demain, route jusqu’au Pont de la rivière Kwaï, http://www.youtube.com/watch?v=XnTiPW_DFwo
en sifflant, mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire

 ลองค้นหาคำในรูปแบบอื่นๆ Au revoir.

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vendredi 10 février 2012

Bangkok - Thaïlande

Nous nous attendions à une Inde bis au niveau de la circulation dans Bangkok, mais à peine sortis de l’hôtel, deux constatations : la ville est propre, nous n’entendons que de très rares klaxons et cela ne roule pas trop mal, malgré l’heure matinale, réputée heure de pointe ici. Même les tuk-tuks s’arrêtent pour vous laisser traverser à pied, c’est presque mieux qu’à Paris...La population officielle est de 6 millions, mais beaucoup de thaïlandais restent inscrits dans leurs villages d’origine, l’évaluation la plus probable tourne autour de 18 millions pour 1 500 km2 soit 12 000 habitants au km2!!!

Nous commençons par le Wat Pho, le plus grand et le plus ancien temple de Bangkok,  érigé par Rama 1er lors de l’agrandissement de la ville en 1781. Nous sommes émerveillés par la finesse du travail des artistes : les toitures en tuiles vernissées, les dorures omniprésentes, les peintures représentant les scènes de la mythologie bouddhiste et les multiples statues. L’architecture des temples traditionnels bouddhistes thaïs a subi au cours des années des inspirations hindous et khmers. Nous commençons par le temple du Bouddha couché, long de 46 mètres et haut de 15, entièrement recouvert de feuilles d’or, la plante des pieds en basalte incrusté de nacre, les motifs représentent des dieux célestes, animaux mythiques, coquillages, fleurs, etc...

Nous continuons par un petit temple avec des représentations du corps humain et ses lignes d’énergie, aux murs des cartouches expliquant les différentes maladies et comment les soigner par des massages et des plantes. C’est la première école de médecine et de massages traditionnels thaïs que Rama III fonda en 1830. Autour, une multitude de temples, chédis (mausolée en l‘honneur des rois défunts), prangs (mausolée plus petit pour les membres de la famille royale) nous emmènent jusqu’à l’ubosoft, le cloitre intérieur. Des centaines de statues de Bouddha nous accompagnent toutes différentes.
L’ensemble est vraiment magnifique. Nous croisons l’école primaire qui est installée à l’intérieur du temple, les petits élèves sont en classe. C’est une école publique, et ses locaux sont dans le temple comme dans la majeure partie du temps en Thaïlande. Les temples sont restaurés en permanence et, moyennant une participation, nous gravons notre nom,sur une des tuiles vernissées qui abritera le bouddha couché quand le nouveau toit sera terminé. 

Le palais n’est pas loin et nous sommes rejoints par une foule dense et la chaleur moite (cela nous change de l’Inde), c’est le monument le plus visité du pays. La salle du trône est une merveille et les temples réservés au roi seul sont à couper le souffle. Le bouddha d’émeraude ramené du Laos en est le pièce maitresse. Son nom est faux car en fait il est en jade magnifiquement translucide. Habillé de vêtements en fil d’or, il change de tuniques à chaque saison. Le roi en personne vient revêtir la statue lors de grandes cérémonies. Actuellement hospitalisé, Rama IX laissera exceptionnellement sa place au prince héritier pour les habits plus légers. La statue aujourd’hui est habillée avec des habits chauds pour une température de 32°!! Le palais est un mélange de styles et d’époques, les bâtiments ayant évolué avec les différents rois qui se sont succédés, le trait commun est la magnificence de l’ensemble. Le roi n’habite plus ici depuis que l’on a retrouvé Rama VIII , son prédécesseur, assassiné par balle dans sa chambre.

Un «longue queue», petit bateau à moteur avec l’hélice située très loin du bateau, nous attend au quai. Il nous emmène en dehors de la ville, sillonnant  les klongs (canaux) pour atteindre un autre site de bouddha couché beaucoup moins touristique. En chemin, nous voyons tout un monde qui vit sur les canaux, dans des maisons sur pilotis. Certaines, rares, sont assez belles, la plupart se rapprochent d’hébergements précaires. Avec l’amélioration des routes, les communications se font rarement par les canaux. Nous croisons quelques autochtones sur leurs bateaux. Le fleuve ne sert plus vraiment qu’à transporter le bois coupé des forets du Nord et le sable pour la construction. Dommage. En arrivant au temple, nous faisons une offrande traditionnelle : 3 bâtons d’encens, une fleur, une bougie et un feuille d’or à coller sur une statue de bouddha. Les thaïlandais, en étant bouddhistes, ont gardé des rites animistes, tout en prenant des symboles ou icônes aux hindous. Viviane et Camille ont ainsi tiré un bâtonnet numéroté, devant le temple, correspondant à une prophétie imprimée pour leur vie future (à vérifier). Nous trouvons dans le temple des dieux hindous, des bouddhas chinois, et des ermites indiens....La tolérance est vraiment la base du bouddhisme.

Nous voyons les stigmates des inondations de l’année dernière, l’eau est montée dans le quartier que nous visitons jusqu’à la moitié du premier étage des maisons et cela sur des kilomètres car la plaine de Bangkok est très plane. Des sacs de sable restent sur les berges, témoins de la faible réaction des autorités face à ce fléau.

Retour sur terre bien mérité et demain cap sur Chinatown et les quartiers plus modernes, mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire.

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mercredi 8 février 2012

Bye Bye Delhi - Inde

Namasté,

Nous voici de retour à New Delhi, capitale de l’Inde pour notre dernier jour dans ce pays incredible ! Nous n’oublierons aucun des pays traversés, mais l’Inde laissera des images dans nos têtes. Pas seulement des images de misère, mais des sourires et des rires. Même s’il est difficile pour vous et pour nous, d’imaginer de la joie dans ces décharges, il faut reconnaître qu’ils ont plus le sourire que nous ! Quelle gentillesse quand ils viennent  pour se faire photographier avec nous, quand ils mettent leur petit enfant dans les bras des filles pour faire une photo, quand ils nous interpellent à notre passage, quand un sourire se dessine sur les joues sales d’un petit enfant, ou sur le visage d’une femme en sari. C’est une vrai leçon pour nous, européens trop gâtés par la vie, à la mine grise et au contact si difficile ! Malgré les klaxons trop stridents, malgré la circulation extravagante, malgré les détritus dans la rue et sur les trottoirs, nous nous sommes toujours sentis bien, jamais agressés, en totale harmonie avec eux. La mixité des religions leur confère une grande tolérance et une curiosité instructive. Les palais du Rajasthan nous ont rappelé toute la littérature des comtes des mille et une nuits, les temples hindous et bouddhistes nous ont incité à mieux connaître ces religions et leurs multiples divinités, et ces mégalopoles tentaculaires nous ont surpris et nous donnent envie de suivre leurs évolutions futures.

2° ville d’Inde, après Bombay, 19 millions d’habitants officiels, au dernier recensement de 2010, peut-être 25 millions en réalité, avec les sans-abris.
60 km de périphérique
Pour les jeux du Commonwealth en 2010, Delhi s’est refait une beauté, aéroport, autoroutes, périphérique avec trente ponts pour éviter les quartiers, 800 000 plantes ou arbres, déménagement des vaches sacrées à la campagne, nouveaux bus (Tata Marcopolo) avec clim et énergie au gaz, un terminal de bus de 2 km qui peut garer 3 000 bus, création et pose de panneaux d’indication, installation de poubelles et campagne de propreté(assez réussie), etc.....
45° en été

Nous commençons notre visite, sous le soleil, par une des plus grandes mosquées de l’Inde, Jama Masjid. 20 000 personnes peuvent prier en même temps. Construite en 1645, quand New Delhi est devenu la capitale, à la place d’Agra. On y prie cinq fois par jour.

Puis nous nous rendons au Rajghat, le mausolée de Gandhi. Une plaque en granit noir ornée de pétales de fleur rappelle le lieu de sa crémation. Les cendres du mahatma ont été jetées dans le Gange à 100 km de là. Il a juste eu le temps de voir le départ des Anglais avant d’être assassiné en janvier 1948, lui qui était apôtre de la non violence. De nombreuses personnes viennent ici en hommage au grand homme. Le 15 aout, anniversaire de l’indépendance de l’Inde et du Pakistan, c’est une marée humaine qui se presse pour remercier celui par qui le miracle est arrivé. On suit toujours Sarkozy qui s’est recueilli ici, comme beaucoup d’autres hommes importants, tel Obama.

Puis nous visitons la tombe d’Humayun, le 2ème empereur Moghol, qui est mort brutalement d’une chute de cheval en 1565. Sa deuxième femme, lui a fait bâtir ce mausolée, pour marquer son amour éternel. Il a inspiré le Taj Mahal, dans son architecture et ses dimensions.  Réalisé en grès rouge et en marbre, il est entouré de magnifiques jardins le charbagh, composés de quatre parties comme son nom l’indique (char : quatre). Le mausolée est très sobre et abrite une centaine de tombes de la famille royale.
Dans le même parc, un autre immense mausolée abrite son vizir Isa Khan. On aperçoit aussi des temples sikhs et hindous, marquant la tolérance de ces moghols pour les autres religions (cela changera assez vite).

Nous défilons devant la Porte de l’Inde, véritable arc de triomphe, érigé en 1931 en mémoire du soldat inconnu. 13 000 indiens (leurs noms sont gravés) ont été envoyés dans les tranchées du nord et de l’est de la France, en Afrique ou en Afghanistan pour défendre la mère patrie britannique. Beaucoup n’ont pas eu leurs cendres jetées dans le Gange !
Juste à côté, un kiosque monumental  est vide, la statue du roi d’Angleterre Georges V vient d’être enlevée pour faire place à celle de Gandhi, pas encore arrivée...
Les «Champs Élysées» démarrent depuis la Porte jusqu’au palais présidentiel, tout au fond. C’est là qu’a lieu le défilé militaire le 26 janvier pour célébrer la fête nationale.
Nous passons en revue les quartiers des ministères, du gouvernement et les belles maisons qui abritent les personnes importantes du régime.

Le plus grand hôpital public d’Inde arrive ensuite, il abrite 5 000 lits et le guide nous dit qu’il vaut mieux ne pas venir ici si l’on ne connait pas personnellement un médecin...Il manque des vitres à beaucoup de fenêtres et le bâtiment de l’extérieur fait vraiment grise mine. Les patients doivent acheter leurs médicaments à l’extérieur de l'hôpital dans les nombreuses pharmacies adjacentes.

Nous croisons la Delhi Public School, école privée la plus huppée de Delhi, comme son nom ne l’indique pas. Les parents des 1 000 lycéens qui la fréquentent doivent débourser un droit d’entrée de 3 000 € et ajouter 250 € par mois. Une petite fortune dans un pays où le salaire mensuel moyen est de 12 000 roupies (un petit 200 €).

Le pays est en ébullition avec les élections de ce mois, les affiches et les banderoles sont partout. Le parti du Congrès, encore présidé par la famille Gandhi, Sonia le veuve du petit fils du mahatma et son fils Raoul, n’est pas favori dans les sondages au profit des partis traditionalistes. Il sera intéressant de suivre l’évolution de ce pays dans les années futures.

Nous terminons par la visite surprenante du plus haut minaret de l’Inde, dénommé Qûtb minâr (le minaret de la victoire), commencé en 1192  par le premier roi musulman pour marquer  son emprise sur Delhi et terminé en 1368. Il  mesure 72 mètres de haut et nous impressionne vraiment. C’est le 2ème monument le plus visité de l’Inde après le Taj Mahal. Juste à côté, les fondations d’un autre minaret qui devait faire  144 mètres de haut, trônent  à 15 mètres environ. Une colonne du IV ème siècle, dédiée au Dieu Vishnou, est dressée au pied du minaret. Composée de fer à 98%, du haut de ses 7 mètres, elle résiste étonnamment  à la rouille et à la perspicacité des chercheurs, incapables d’expliquer ce phénomène. Le site est complété par des anciens monastères musulmans en ruine, construits avec des pierres récupérées sur les temples hindous qu’ils ont dévastés. Le résultat est surprenant avec des shivas, bramas, et autres vishnous au centre d’un bâtiment musulman.

Décidément, l’Inde est pleine de surprises et de contrastes. Si vous manquez d’idées pour vos prochaines vacances, venez ici, vous ne serez pas déçus..

Demain, vol Delhi - Bangkok, nous arriverons en fin de journée en Thaïlande, et comme vous le savez, cela sera une autre histoire !

Tata (pour la dernière fois)

Voici nos livres de chevet sur l’Inde :
La Cité de la Joie de Dominique Lapierre
Le Dieu des Petits Riens d’Arundhati Roy
Le Tigre Blanc d’Aravind Adiga
Siddhartha d’Hermann Hesse

Nous avons déjà reçu des informations intéressantes sur la couleur des coquilles d’oeuf, merci de continuer vos recherches scientifiques.