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Notre voyage a commencé le 28 juillet 2011 et s'est terminé un an plus tard, le 28 juillet 2012.
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dimanche 5 février 2012

Taj Mahal - Inde

                Taj Mahal, une des sept merveilles du monde. Symbole de l’amour éternel.
La cour principale, en grès rouge a quatre portes d’entrées aux quatre points cardinaux, a des dimensions impressionnantes : 63 mètres de haut sur 10 de large. 22 tourelles en haut de l’édifice représentent les 22 années de travail nécessaires à sa construction.

A travers la porte de 30 m. de haut, nous le découvrons dans la brume !!! Un moment d’émotion, où nos yeux ne sont pas assez grands. Photo de notre groupe et nous commençons la visite. Nous ne sommes pas seuls, 4 à 5 millions de visiteurs par an !

Nous traversons un jardin et ses fontaines, avec en son centre, une plateforme en marbre et quatre bancs disposés aux points cardinaux. Nous nous approchons et contemplons ce mausolée tout en marbre blanc de la région, précisément de Makrana à 380 km, réputé pour ne pas être poreux, et pourvu de quartz et de cristaux, réfléchissant la lumière. Il a été érigé par le Sultan Moghol Shah Jahan en hommage à sa femme préférée, morte pendant son 14°accouchement. 20 000 ouvriers. 72 m. de haut depuis les jardins et 80 m. depuis le fleuve. Les quatre minarets qui l’encadrent sont haut de 39 m. Architectes et décorateurs de tous pays, jusqu’en Europe, où l’école de Florence en Italie était réputée pour sa technicité sur le marbre. Aucune peinture ni statue, toute la décoration est faite par des incrustations de pierres : malachite, lapis lazuli, nacre, coralline, corail, onyx, turquoise et jaspe. De part et d’autre des portes, des sourates du Coran sont écrites en incrustation de marbre noir. Les lettres sont plus grosses en haut qu’en bas, afin d’annuler l’aspect de la perspective. Tout est basé sur le chiffre deux, sur la symétrie la plus parfaite. Les quatre façades sont rigoureusement identiques au centimètre près, quatre siècles après. Une mosquée a été bâtie côté ouest, et pour ne pas rompre la symétrie, on découvre le même bâtiment, côté est, réplique qui n’a aucune fonction.  
L’histoire n’est malheureusement pas très heureuse. Ce couple a eu deux filles et quatre garçons sur les quatorze grossesses. Le dernier des fils, fanatique, a emprisonné son père et a tué ses trois autres frères pour prendre le pouvoir. Shah Jahan a été emprisonné dans le Fort Rouge d’où il pouvait voir son Taj Mahal. Il est mort après sept années de captivité. Une des ses filles l’a enterré près du tombeau de sa mère.
A la fin de la construction, le tombeau de son épouse est dans une crypte et sa réplique dans la partie centrale octogonale. A sa mort, il rejoint son épouse dans la crypte (fermée au public) et une réplique est aussi installée à côté de celui de sa femme, et devient le seul élément dissymétrique de l’ensemble. Des barrières en or les ceinturaient, mais le fameux fils a préféré le fondre. Un magnifique entourage en marbre les a remplacées. Une merveille de finesse où des ramages de feuilles se croisent et s’emmêlent. Des fleurs incrustées de pierres, se font face par paire. Les tombeaux sont décorés de la même façon et sont de toute beauté. Les qualificatifs, comme vous pouvez voir, nous manquent pour vous décrire cet écrin de beauté. Le nombre de visiteurs empêchent le recueillement, mais en faisant le tour de l’édifice, la beauté et le silence du fleuve nous rendent paisibles et sereins. Des hérons, canards, mouettes et tadornes ferrugineuses se mirent dans l’eau. De l’autre côté, un site entouré de jardins, aurait dû accueillir le même Taj Mahal en marbre noir pour le Shah. Son fils ne lui en a pas laissé le temps.

Le fort rouge, construit au XVI siècle, avant le Taj Mahal, marque la domination de l’empire Moghol sur le Nord de L’Inde. De forme semi circulaire avec 2,5 km de remparts, il abritait les moghols d’un acte de rébellion Hindou. Aujourd’hui encore, une partie du fort est utilisé par l’armée Indienne. L’empereur rendait la justice depuis le balcon de la salle d'audience publique, installée dans l’immense première cour, capable d’accueillir les membres du gouvernement et les plaignants.
Dans la partie réservée aux femmes, de nombreux jardins et fontaines, rafraîchissent les deux femmes de l’empereur et ses 200 concubines...La chambre à coucher est immense, et la décoration était sublime, malheureusement il ne reste que peu de choses. Le marbre est admirablement sculpté. A côté, le pavillon ayant servi de prison dorée (comme son chapiteau) à Shah Jahan, avec une magnifique vue sur le Taj Mahal. Malheureusement, la pollution, très importante en Inde, nous voile un peu son image. Un relevé du nombre de particules dans l’air était effectué au Taj Mahal et était deux fois et demi supérieure à la limite de sécurité..Sur les berges du fleuve, les blanchisseurs étalent leur linge de toutes les couleurs. Le fort était protégé par des douves, la première d’une profondeur de 10 mètres remplie d’eau et de crocodiles et la seconde peuplée de tigres et de léopards, de quoi faire réfléchir...

Nous sommes tristes de se séparer de Cathy et André, qui rejoignent Dehli puis Paris et le froid. Nous prenons ce soir le train de nuit pour Vanarassi mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire.

Tata.

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samedi 4 février 2012

Train de nuit de jour - Inde

Je ne résiste pas à vous raconter «en live» ce que nous vivons. Hier, samedi, nous avons attendu dans le lobby de notre hôtel, l’heure de transfert pour notre train de nuit, direction Varanasi. Le directeur nous a gentiment prêté une chambre où les filles ont pu dormir et nous avons pu, vous l’avez certainement vu, mettre à jour, notre blog. Mais à l’heure dite, 22 heures,  le chauffeur nous informe qu’il ne nous emmène pas à la gare, car il n’y a pas de train ! Pourquoi ? Ca nous ne l’avons pas compris. Par chance, une chambre était encore libre et nous avons bien dormi.

Départ 6 h pour une heure de route. La brume remplie de pollution nous irrite la gorge. La ville est déjà réveillée même s’il fait encore nuit. Très peu d’éclairage public. Beaucoup de voitures et de camions sans lumière. Les vendeurs ambulants se rendent déjà sur les sites touristiques poussant des charrettes à bras sur la route, sans éclairage. Les hommes se réchauffent devant un feu de camp. A même le trottoir et sous des toiles tendues à des barrières, des femmes s’activent autour d’un semblant de foyer. Des singes à l’assaut d’une maison, sont repoussés à grand renfort de cris. Et toujours des formes humaines sous des couvertures à même le trottoir ! Un million et demi d’habitants pour la seule ville d’Agra, et nous n’avons vu aucun immeuble. L’Inde est une fourmilière!

Nous voilà dans le train pour huit heures de trajet ! C’est le train d’hier au soir, un train couchette, même si c’est le jour ! Je maudis la personne ou le système informatique qui nous a attribué des places de couloir l’un derrière l’autre, alors qu’il y a des banquettes qui se font front et permettent d’avoir un semblant d'intimité. Nos chaussures sont sur nos lits, il n’y a pas de place, le couloir est trop étroit ! Hier au soir, on nous a déjà prévenu, le train a beaucoup de retard, parfois quatre heures supplémentaires ! Les gares sont bondées, il faut attendre, attendre encore pour laisser passer un autre train, attendre de nouveau pour que les personnes sortent des voies !

Cette ligne de train est très fréquentée, Varanasi est un lieu de pèlerinage important, peut être le plus important d’Inde. Le fleuve, Le Gange, doit recueillir les cendres des crémations. Certaines familles, après un décès, délègue un de ses membres, pour jeter une petite partie des cendres du défunt, dans le Gange, à Varanasi au mieux.

Les couchettes ne sont seulement que de douteux sièges allongés, et un rideau sale et déchiré procure un tout relatif semblant d’intimité. On nous propose des draps repassés et des couvertures. Les filles décident de se coucher et dorment malgré les arrêts fréquents, les secousses dignes d’un voyage en chameau et du bruit environnant. Nous deux, nous préférons rester assis même si le siège est très dur. Une odeur de (je ne veux pas savoir) des vitres et des parois crasseuses, le voisin qui se racle la gorge et le nez, une seconde classe en Inde est toute une histoire !

A la gare, des porteurs sont venus pour nos bagages qu’ils ont porté sur leurs têtes, avec toujours le sourire et la gentillesse propres aux indiens. Ils demandent aux filles si Denis est leur père. C’est une question qui revient souvent. Ils imaginent donc qu’il pourrait être leur mari ! Et puis la question qui arrive tout de suite après : Est-ce que Viviane est mariée ? Quand elle répond non, soit ils éclatent de rire, soit ils la regardent très étonnés, l’air grave. Les indiennes à son âge sont déjà mariées depuis longtemps. Une autre question nous est aussi souvent posée : Avons-nous, en plus de nos deux filles, un garçon ? A la réponse négative, leurs visages se ferment et ils ne nous disent plus rien !

Dans le couloir, passent en hurlant, des vendeurs de boissons gazeuses, des vendeurs de thé qu’ils servent avec du lait, et là à l’instant, des policiers, fusils dans le dos. La guerre avec le Pakistan a renforcé les contrôles. Dans tous les sites touristiques, nous sommes fouillés et nous passons sous un arceau de sécurité. Les militaires sont partout avec leurs fusils.

Sur les quais, mendiants, travailleurs, porteurs, femmes frigorifiées en sari, enfants enroulés dans des couvertures. Les passagers descendent avant l’arrêt complet du train. Un homme, au milieu du quai, assis en tailleur, torse nu, avec seulement un tissu jaune autour des hanches, finit sa toilette et lisse sa longue barbe méticuleusement, un prêtre surement. Des dizaines de personnes transportent, sur leur tête, d’énormes sacs (céréales ou ciment) d’un déchargement. Une intouchable balaie le quai et envoie les tas dans la voie. Des centaines de petits oiseaux, de pigeons et de corbeaux viennent picorer entre les rails. Les petits écureuils que nous avons déjà tant vus, essaient de les précéder. Un homme porte une personne âgée, ici pas de fauteuils roulants, pas de caddies. Un monsieur armé d’une énorme clef à molette et d’une masse passe dans les voies et ...vérifie les boulons.

Le long de la voie, sur des mètres et des mètres, poubelles, sacs, détritus, où enfants, adultes et animaux fouillent les pieds dedans. Les sacs plastiques sont malheureusement nombreux, mangés par les animaux. De longues files d’attente aux passages à niveaux charrettes, voitures, camions...qui commencent à avancer même si le train n’est pas complètement passé. Le train klaxonne tout le temps, comme les voitures sur la route. Des hommes sont sur la voie, certains couchés entre les rails. Nous nous arrêtons le long d’un bidonville, des nuées d’enfants de tous âges jouent avec le train de marchandise à côté de nous, qui roule au ralenti et ils s’amusent à sauter depuis un poteau sur les wagons et ressauter sur le balast en gros cailloux, le tout pieds nus, bien sur, le plus petit est aidé par ses frères, il doit avoir 5 ans...

La campagne est verte, cultivée, bien entretenue. Une file indienne (facile !) d’enfants, tee shirts de couleur, se faufilent entre les champs. Des galettes de bouses sèchent au soleil. Toujours des femmes en sari avec leur charge sur la tête. Des hérons et d’autres échassiers sont dans les voies d’irrigation. Aujourd’hui dimanche, beaucoup d’enfants se promènent, certains jouent au cerf-volant ou à un semblant de criquet, d’autres emmènent la vache ou les chèvres, certains portent des briques. Les maisons sont en briques, rarement terminées, composées de cours intérieures. Peu de pièces fermées, tout se fait dehors.

Le soleil commence à se coucher, c’est l’heure de rentrer des champs, Femmes et enfants parcourent de grandes distances avec leur charge sur la tête. Ce que nous avons vu depuis notre fenêtre est indescriptible. Même si en France, les bords d’une voie ferrée ne sont pas valorisés, mais là, c’est ....! Les enfants à moitié dévêtus ou travaillant. Les maisons entourées de saletés, d’immondices, qui viennent surement des trains. La misère des petits gens.

Nous arrivons à Varanasi, à 19 h, soit 11 heures de trajet, et 12 heures de retard !!!

Demain, visite des ghâts, mais cela sera une autre histoire.

Tata

vendredi 3 février 2012

Fatehpur Sikri - Rajastan - Inde

Namasté,

La route est égale à elle même, mais les cultures de blé, de colza, de pommes de terre embellissent le panorama. En sens inverse sur la voie, toujours autant de voitures, camions, tracteurs et chariots. Les femmes façonnent, à la main, des galettes de bouses qui serviront de combustible. Elles portent sur leur tête, des fagots de plus de deux mètres de long. Le tracteur est réquisitionné pour le ramassage scolaire, mais par sexe. Un homme en tricot de corps et caleçon attend que le repasseur lui rende sa chemise et son pantalon. Nous quittons la région du Rajasthan.

Nous roulons jusqu’à Fatehpur Sikri une ville fantôme, . Elle a été construite par l‘empereur moghol Akbar au XVI siècle. Dépourvu de descendance, l’empereur s’est arrêté ici en revenant de la guerre et a demandé à un ermite de favoriser la fertilité de ses femmes.  Sa troisième femme, fille du maharaja de Jaipur, tombe enceinte d’un garçon. Akbar entreprend la construction de cette ville, en remerciement, sachant que le manque d’eau l’empêchera de prospérer. Il a fallu 15 ans pour bâtir ce site tout en grès rouge de 6 km2, entouré de murailles, qui n’a été habité que pendant 14 ans. Pour le protéger, nous empruntons un bus au gaz. Dans la cour des audiences publiques, les jugements étaient rendus et la sentence prononcée par l’éléphant favori de l’empereur d’un coup de trompe. Puis l’animal écrasait d’un coup de patte la tête des condamnés. Le tombeau de son éléphant est proche du palais et surélevé d’un minaret. Le sultan ne savait pas écrire et ses neuf conseillers l’aidaient dans la cour des audiences privées en se dissimulant derrière les piliers. Il était tolérant et savait mixer les 3 religions : musulmane, hindoue et chrétienne. Il choisit une femme de chacune des croyances et dans son palais, on retrouve les différents symboles religieux associés au confort de l’époque : fontaines, hamman, brumisateur d’eau parfumée... Ses richesses étaient enfermées dans un bâtiment séparé en 3 parties, une pour les bijoux des ses femmes, une pour l’argent et l’or et une pour les lingots de cuivre. Le centre de la cour est quadrillé pour une sorte de jeu de l’oie joué avec des dés. Les pions étant des esclaves nues. Le palais des vents est sur 5 étages, sans mur, avec 84 colonnes au premier, 56 au deuxième, 20 au troisième, 12 au quatrième et seulement 4 au cinquième étage. Les palais de ses femmes sont d’élégants pavillons aux murs ciselés intérieurs et extérieurs. Sa chambre à coucher avait un lit en pierre disposé à 2m de haut car le plancher était inondé d’eau de rose pour rafraîchir la pièce.
Pour rendre hommage à l’ermite, il construit une mosquée et le fera enterrer, lui et ses descendants, juste en face. À l’heure actuelle, les musulmans l’utilisent toujours comme lieu de pèlerinage et formulent des voeux de prospérité sur le tombeau. Le guide nous précise que le couple Sarkozy s’est rendu ici.

Nous arrivons à Agra, demain le Taj Mahal, mais ce sera une autre histoire.

Tata

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jeudi 2 février 2012

Amber - Jaipur - Inde

Namaste,

En allant au fort d’Amber, nous traversons Jaipur, capitale du Rajasthan avec 4 millions d’habitants pour 200 Km2, soit une densité de 20 000 habitants au kilomètre carré ! La ville a quadruplé dans les cinquante dernières années, notamment avec l’exode des hindous qui habitaient le Pakistan et qui sont venus s’installer ici après la partition de l’Inde. La vieille ville est entièrement rose depuis 1876, année de la visite du Prince de Galles à Jaipur. Le Maharaja Ram Singh II l’a fait peindre en son honneur, sauf le palais qui est resté jaune pour le distinguer. Depuis, la tradition a été conservée et il est interdit aux habitants de la vieille ville d’utiliser une autre couleur pour leur maison. La ville a été dessinée par un architecte avec des grandes avenues et des rues se coupant toutes à angle droit, fait unique en Inde. 

Après 10 km, nous arrivons au pied du fort d’Amber, où une cohorte d’une centaine d’éléphants, joliment décorés, monte les touristes jusqu’à la place principale du fort. Nous nous installons deux par deux pour vingt minutes de montée dans un siège placé en travers de l’éléphant, le cornac, enrubanné, au devant de nous. Ça balance pas mal, mais le sentiment de puissance que l’animal nous fait passer est impressionnant. Un charmeur de serpent incite son cobra à sortir de son panier.

Le fort est entouré de 20 km de remparts qui serpentent sur les montagnes alentour. Amber, passage obligé des caravanes où le «péage» représentait une part importante des revenus du Maharaja, était l’ancienne capitale de l’Etat avant que Jaipur soit fondée. Il y a en fait deux forts, le premier du XV°, plus résidentiel, qui se visite et le second, fondé en 1135. Sa vocation est militaire, en haut de la montagne, réputé imprenable qui servait de refuge à la population et aux maharajas en cas d’attaque.

Le fort est une succession de quatre cours séparées par quatre portes magnifiques, dont celle de Ganesh, réputée la plus belle de l’Inde ! La première cour est consacrée à l’accueil des invités royaux et sert de logement aux militaires. La deuxième cour est la plus intéressante. Le maharaja Jai Sing I devant la force de l’armée musulmane a préféré sceller un pacte avec l’empereur moghol  Akbar en lui donnant sa fille en mariage  Ses troupes se  joindront aux musulmans et iront jusqu’en Iran, envoyant des montagnes de richesses à Amber. La deuxième cour a été transformée à cette occasion, nous y voyons la salle des audiences privées avec un mélange de style moghol et hindou et une salle attenante avec 27 kacheris (secrétaires) chargés de rédiger les ordres du Maharaja , chacun étant chargé d’une des 27 régions de son royaume.
La troisième cour abrite la salle des miroirs, toute en marbre avec des multitudes de miroirs et la salle des plaisirs avec une fontaine intérieure pour rafraîchir pendant l’été torride. Un jardin représente le paradis musulman avec quatre parties identiques.
La dernière cour est destinée aux 12 appartements des 12 femmes de Madho Singh I, qui fit ériger ce fort. Celui-ci mesurait deux mètres et pesait plus de 200 kilos !
Ce fort possède des systèmes d’eau révolutionnaires pour l’époque, avec eau chaude pour les salles de bain, 99 toilettes, un jacuzzi à quatre places en marbre, des piscines... Les décorations florales, au mur, sont incrustées de pierres précieuses. Un jardin de safran installé au milieu du lac. Un brumisateur d’eau parfumée projetée. Un jardin de buis au dessin géométrique construit par les moghols. Un vrai conte des mille et une nuits !

L’observatoire astronomique (reconnu par l’UNESCO) nous accueille avec le plus grand cadran solaire du monde, qui donne l’heure à deux secondes près. Jai Singh II, fils du fondateur de Jaipur, était féru d’astronomie et d’astrologie et a fait construire dix sept instruments, à côté du palais, tous immenses et impressionnants encore aujourd’hui par leur précisions. Tous ces calculs permettaient de définir les éclipses et les phases de la lune, et de prédire les jours propices aux plus grands évènements.

Le palais recèle des trésors en textiles, cuirs, broderies, armes, calèches, selles d’éléphant, photographies et architecture.
Une immense salle de réception (environ 1 250 m2) nous ouvre ses portes en argent. C’est une pièce historique où Lord Mountbatten siégeait à côté du maharadjah de Jaipur, aussi gouverneur du Rajasthan sous la domination Anglaise.
Les pièces les plus spectaculaires sont deux immenses jarres en argent, fabriquées en 1902, à partir de 14 000 pièces d’argent chacune. Le maharaja Madho singh II, invité à Londres pour le couronnement d’Edouard VII, ne voulait pas être souillé par l’eau de la Tamise, impure pour sa consommation et ses ablutions. Il a donc voyagé avec ses quatre jarres contenant 4 091 litres chacune et remplies d’eau du Gange. A son retour, en remerciement, il en fit jeter une  la mer, deux sont exposées et l’autre est dans une autre partie du palais. Ce sont les plus grosses jarres du monde, suivant le Guiness book.

Nous terminons la journée par un tour de ville en rickshaws, vélo avec un siège à l’arrière pour deux personnes. Une véritable bataille s’engage pour nous emmener, nous sommes obligés de nous reculer et de laisser faire le guide. Le plus âgé des quatre pauvres bougres qui pédalent pour nous a 74 ans ! C’est un métier très pénible mais un moyen de survie. Notre course est facturée 300 roupies, un indien en aurait donné 150 soit un peu plus de 2€ !!!!
Nous sommes à l’heure de la sortie des bureaux et la circulation atteint un niveau de désorganisation où le miracle est plus que permanent. Les personnes descendent du bus avant que celui-ci soit arrêté. Deux, trois ou quatre personnes sur une moto. Ou deux sur une moto, avec le passager dans l’autre sens, pour tenir trois énormes cartons empilés sur ses genoux. Un cheval tirant une charrette, à notre hauteur, s’effraie des nombreux et stridents coups de klaxon. Un chameau avec sa démarche chaloupée ralentit une file de voitures. Des dizaines de cycles et de motos juste derrière nous, dont certains nous interpellent ou nous dévisagent. Des éléphants décorés rentrent de leur journée de travail empruntant le même chemin que les hommes en costume européen.

La misère est partout autour de nous et nous sommes très impressionnés par les mendiants, leurs saletés et leurs infirmités. Beaucoup de familles sont installées sur les trottoirs, alors que les nuits sont toujours froides en cette saison.

Nous savons que certaines infirmités sont faites volontairement aux enfants afin qu’ils rapportent plus d’argent ! Les guides nous demandent de ne pas donner de pièces pour ne pas augmenter cette pratique.

Nous nous arrêtons devant le Palais des Vents "Hawa Mahal". Sept étages, 61 loggias, 365 fenêtres (une par  jour) et ses nombreux moucharabiehs où les femmes du maharaja pouvaient regarder la ville et sa vie, dissimulées. Un bâtiment magnifique, ciselé, et plein de finesse. Nous faisons la photo qui représente le plus cette ville.

Demain, nous partons pour Agra, mais cela sera une autre histoire.

Tata

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mercredi 1 février 2012

Jaipur - Inde

Namasté,

La route est un immense chantier, l’Inde se modernise et construit une immense 6 voies entre Ajmer et Jaipur, créant des situations ubuesques entre tous les différents moyens de locomotion qui essayent de cohabiter. Cela se complique quand tous ne vont pas dans le même sens alors que la voie est sensée être à sens unique... Sur «l’autoroute» tout le monde double de tout côté, un tracteur en sens inverse, un troupeau de chèvre que leur gardien essaye de protéger ou de nous protéger. L’arrivée dans Jaipur est mouvementée !

Nous venons de nous «perdre» dans les bazars de la ville. Si la saleté est toujours aussi repoussante, les gens sont toujours aussi adorables. Ils réclament de se faire photographier et apprécient d’être vus dans notre appareil photo numérique. Comme jadis, les corporations des métiers sont segmentées par quartiers, les tailleurs de pierre et leurs décorateurs, les cordonniers, les orfèvres, les tailleurs, les imprimeurs, les marchands d’épices, etc... Les femmes en sari choisissent des bijoux ou des tissus dorés, les marchands déballent toute leur marchandise devant elles. C’est une montagne de tissus qu’ils enjambent, marchant dessus ou dedans. Les tailleurs de pierre travaillent dans la fine poussière blanche, sans masque, sans protection. La rue est blanche par endroit. A même le trottoir (très sale) un homme et deux femmes s’activent à préparer des rotis (galettes de blé). Ils roulent la pâte à l’aide d’un rouleau sur la pierre du trottoir maculé par des crottes de pigeons, et les font cuire sur un braséro local. Un rat passe à ce moment là derrière une des femmes ! Des ruelles entières sont encombrées de déchets divers. Des cochons se promènent dans les rues. Mais le sourire des femmes et les interpellations des enfants, «Hello» «Welcome to India» «What your name ?» et les sourires interrogateurs des hommes, nous font oublier toute la saleté et la misère. La circulation est toujours aussi dense et dangereuse, mais eux naviguent dans ce flux incessant avec sérénité. 

Fatigués par cette agitation, nous rentrons en tuk-tuk à l’hôtel, mais cela n’est pas de tout repos, car nous sommes ballotés dans tous les sens. En parfait touristes, nous prenons deux tuk-tuks pour nous six, alors que nous voyons très souvent dix personnes dans un seul. L’Inde est le pays du contorsionnisme...

Le Times of India parle tous les jours de la condition féminine. Aujourd’hui, l’article sur le taux de mortalité des enfants entre un et cinq ans est affolant. Pour cent filles qui meurent, 57 garçons seulement. Les filles ne sont donc, pas ou peu soignées, au profit des garçons qui ne ruineront pas la famille avec une dot.

Demain, visite du fort d’Amber et de la ville, mais comme vous le savez, cela une autre histoire.

Tata

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mardi 31 janvier 2012

Puskar - Inde

Namasté,

A la sortie d’Udaipur, les carrières de marbre s’étendent sur des kilomètres carrés, vert, rose, noir, rouge ou blanc, il y en a pour tous les goûts. Les maharajas avaient toute la matière première à profusion pour faire bâtir leurs palais. Dans la région on trouve aussi des mines importantes d’émeraude et d’autres pierres toutes autant précieuses.

Nous grimpons en altitude, le paysage change, les prés sont verts. Nous faisons une halte à Nagda pour admirer les temples de Sas-bahu joliment installés auprès d’un petit lac. Ce nom fait référence aux reines qui les ont fait édifier. Les deux temples du X° siècle, dédiés à Vishnou et finement décorés, ne sont pas restaurés et nous sommes surpris par la partie haute en brique rouge coiffant du marbre blanc.

Les carrières recommencent sur des kilomètres et des kilomètres, elles doivent fournir du travail à des centaines de milliers de personnes dans la région. La région est belle, beaucoup de cultures et au loin une coupole qui se détache sur l’horizon. Les femmes dans leurs saris, ont sur leur tête soit des jarres d’eau soit des fagots de bois. Elles restent belles et élégantes, malgré leur labeur quotidien.

André a lu ce matin un article dans «The times of India» sur le Dowry system. Derrière ce mot se cache le martyre de nombreuses belle-filles indiennes. Plus d’une femme par heure est soit brulée soit se suicide, suite à la pression exercée sur elle par sa belle famille, chez qui elle réside et où elle n’a aucun droit!(elle doit rester voilée en présence de son beau père, de ses beaux frères et ne jamais leur adresser la parole, sauf en cas d’urgence) Le but est d’extorquer de l’argent aux parents de la jeune fille qui payent pour que les conditions de vie de celle-ci s’améliorent ou, dans le cas du meurtre, pour récupérer la dote amenée par la jeune fille, l’or de ses bijoux et l’argent s’il en reste. Ce système fonctionne malheureusement encore beaucoup en campagne, le gouvernement a voté une loi l’interdisant en 1988, mais il traine les pieds à la faire appliquer et le nombre de femmes martyres est en augmentation ces dernières années. Le pouvoir de l’argent peut-être aussi. Nous avions lu un livre «Brulée vive» mais nous ne pensions pas que cette horeur soit autant répandu.

Après huit heures de route, nous arrivons à Pushkar, l’un des lieux les plus sacrés d’Inde. La mythologie raconte que son lac aurait été formé lorsqu’une fleur de lotus tomba dans la vallée des mains de Brahmâ, le créateur de la trinité hindoue. 400 temples et 52 ghâts surplombent le lac. L’eau aurait des pouvoirs curatifs pour la fertilité, la beauté et pour guérir la lèpre. C’est une ville très religieuse, strictement végétarienne et sans alcool. Le micro dispense dans toute la ville, des prières.

Nous allons sur les ghâts en fin de journée, de larges marches qui descendent jusqu’au lac, beaucoup sont gravées avec des remerciements en anglais ou en hindis. Les ghats sont sacrés et chaque escalier est dédié à un dieu différent (il y a beaucoup d’escalier), et le bain aura des vertus curatives différentes. Les ablutions ont lieu au lever du soleil, les pèlerins doivent s’immerger totalement. Nous sommes au coucher du soleil et l’ambiance est très sereine, beaucoup méditent face à l’astre qui descend sur l’horizon. Nous contournons le lac pour rejoindre le temple de Brahma, quasiment unique temple dédié à ce dieu en Inde. Nous devons laisser en consigne chaussures, appareils photo et sacs. De nombreux fidèles nous accompagne pour déposer leurs offrandes à la statue à 4 têtes.
Le temple est du X° siècle, les colonnes sont bleues et le toit rouge, des couleurs inédites pour nous, la statue est noire, il y a une grande ferveur dans ce temple, la cloche sonne souvent et les pèlerins repartent à reculons pour ne pas offenser Brahma.

La ville est piétonne, assez propre et toute petite. Il est très agréable de la traverser pour retrouver notre hôtel. A côté, un immense Hanuman animé (le dieu singe) nous attire à côté dune immense entrée colorée.  On nous invite à rentrer...sans chaussures, une immense tente est dressée, avec sur une estrade 5 sages qui se relaient au micro en psalmodiant, un est un sadduh, sorte d’ermite, qui pendant 6 mois de ‘année fait partager son expérience aux fidèles. A côté des stands sont dressés, et nous faisons le tour sans problème, nous pouvons même prendre des photos, les hindous font preuve d’une ouverture dont les musulmans devraient s’inspirer. Les haut-parleurs guideront nos rêves dans la nuit et nous réveilleront assez tôt, nous sommes dans une ville sainte, alors.....

Demain, route pour Jaipur, la ville rose, mais cela sera une autre histoire.

Tata

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lundi 30 janvier 2012

Udaipur - Inde

Namasté,
Udaipur est réputée pour être la plus belle ville du Rajasthan, c’est dans tous les cas la plus propre. Le site est magnifique avec ses trois lacs, les collines qui entourent la ville et ses multiples palais, tout cela contribue à lui donner le titre de la ville indienne la plus romantique !
Le City Palace, est le palais le plus grand du Rajasthan, 500 m. de long. et ses murs impressionnants, dans la première partie un hôtel 4* est installé. Le maharana, nom local du maharaja, habite encore ici avec son épouse, et est âgé de 67 ans. Il a un fils qui étudie en Australie le management hôtelier, et deux filles.
Avant l’Indépendance, un maharaja a eu 216 femmes ! Ce palais est dédié au roi soleil, on retrouve sa tête en forme de soleil à l’extérieur et  à l’intérieur des murs, arborant une magnifique moustache. Une succession de richesses : marbre blanc, sculptures, peintures à la feuille d’or, faïences chinoises et hollandaises, murs et bas reliefs peints, verres colorés, portes en ivoire .... rien n’était trop beau pour célébrer la grandeur du maharaja. Encore aujourd’hui, il possède une collection de voitures impressionnantes, de multiples palais, une chaîne d’hôtels de luxe, etc etc....
Son ancêtre, avec ingéniosité, a combattu les mogols. Ils l’attaquaient sur des éléphants et tuaient les chevaux du maharaja. Il a imaginé alors équiper ses chevaux d’une fausse trompe et d’oreilles d’éléphants. Ainsi les pachydermes ennemis pensaient que c’était des bébés éléphants, et ne leur faisaient aucun mal ! On retrouve cet exploit sur les peintures miniatures.
A chaque nouveau couronnement, 100 000 pièces d’argent étaient versées dans un grand bassin en marbre, d’où le nouveau maharaja prélevait un quart qu’il jetait depuis un balcon à la foule en liesse. Les trois autres quarts étaient distribués aux nécessiteux. C’est en 1930 qu’à eu lieu pour la dernière fois cette coutume. Depuis les cours des métaux ont changé la générosité du maharaja.
Des scènes d’Octopussy James Bond ont été tournées ici.
Un bureau était réservé au courrier par air mail (et non pas e-mail) où les cages des pigeons étaient stockées près de la fenêtre. La chambre nuptiale toute de miroir décorée, nous fait sourire ! Nous visitons les appartements des femmes où la décoration est beaucoup plus simple, les murs sont peints seulement. La femme du précédent maharaja a vécu ici jusqu’à son décès en 1973.
Une salle est dédiée aux miniatures, une spécialité d’Udaipur. Les détails sont faits aux pinceaux très fins et ne peuvent être appréciés qu’à l’aide d’une loupe, les ramages de fleurs, les voiles des femmes, les moustaches des hommes... Nous visitons une école actuelle de cet art, où les artistes ne peuvent travailler que peu de temps de suite, la concentration est trop intense, certains peignent avec une loupe.
Une promenade en bateau sur le lac Pichhola nous permet de voir des femmes et des hommes se lavant, à même les ghats (escaliers), et laver leur linge dans l’eau froide et douteuse des bords du lac. Nous longeons l’hôtel 4* qui prend toute une île, éclatant de blancheur, et débarquons sur l’île des plaisirs, un autre hôtel où des éléphants, de nouveau en marbre, nous accueillent la trompe levée. Quel contraste en quelques minutes, cela représente bien ce pays !
La fin de l’après-midi se passe dans le jardin des demoiselles d’honneur. C’est avant tout un jardin botanique avec des fontaines, des bassins de lotus qui étaient alimentés par un lac situé au dessus et ainsi assurait la pression nécessaire pour les jets d’eau.
Une visite à un temple hindou et un coucher de soleil sur les ghats clôt notre journée bien remplie.
Demain, nous partons pour Pushkar, mais cela sera une autre histoire.

Tata

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dimanche 29 janvier 2012

Temple d’Adinatha - Inde

Namasté,
Nous quittons Jodhpur pour Udaipur. Après 4 h 30 de route à peine carrossable, nous arrivons devant le temple d’Adinatha, un temple jaïn. La façade extérieure hérissée de tours nous donne une idée de ce qui nous attend !
Nous nous déchaussons et cachons nos ceintures en cuir, non tolérées car issues d’animaux. Construit de 1433 à 1496, 2 500 personnes travaillaient sur ce chantier gigantesque. Le choix du site a été stratégique, car les temples en ville ont tous été détruits par les musulmans. Dans cette contrée perdue, les jaïns se sont sentis en sécurité. Le temple  été financé par le premier ministre de l’époque, un jaÏn, le peuple jaïn a toujours été très riche et occupé des postes très puissants.
La moindre surface est recouverte par une profusion de sculptures : 4 800 pieds2, soit 480 m2 de marbre blanc de la région. Une véritable forêt de 1 444 piliers entièrement sculptés du sol au plafond et tous différents. 24 dômes qui s’affinent du premier au vingt quatrième, et qui sont tous dédiés aux 24 prophètes. 84 chapelles ont été érigées tout autour. Quel raffinement, motifs floraux, animaux, musiciens, danseuses, astres.... De superbes éléphants en marbre aussi, se trouvent aux quatre points cardinaux, 3 avec la mère d’Adinatha, le quatrième avec la statue du premier ministre bienfaiteur du temple.
Les jaïns considéraient cinq éléments, nos quatre éléments, l’air, le feu, la terre, l’eau, et un de plus, le ciel. Un des piliers centraux est volontairement penché, afin de démontrer que nul n’est parfait, sauf Dieu ! Des prêtres nous accueillent et de nombreux pèlerins prient, vêtus seulement d’un drap blanc sans aucune couture. Une séance de méditation commence à côté d’une chapelle.

Après le repas, la route monte rapidement dans la chaîne des Arawallis, que nous devons franchir pour rejoindre Udaipur. Le chemin est très étroit et le temps passe plus vite que les kilomètres. Sur les murets, de nombreux macaques nous regardent passer, dans ce parc national on trouve également des léopards, des panthères et des sangliers ... Le tigre a été exterminé par les maharajas et les chasseurs anglais.

En traversant un petit village, des hommes arborent de magnifiques turban de couleur fuchsia, rose, orange, jaune ou blanc. C’est long de cinq mètres, ça rend beau, et c’est pratique pour pouvoir tirer de l’eau du puits avec un seau.  Les femmes par contre, ont une énorme créole en or à la narine. Notre guide s’étonne que nous ne portions aucun bijou. Une très jeune fille toute de bleu vêtue, guide deux boeufs autour d’une noria pour remonter de l’eau depuis le puits. Les femmes portent sur leur tête des jarres d’eau et des fagots de bois, elles sont tout le temps à la recherche de la moindre branche pour leur feu.
Les murs d’un village sont peints sur fond jaune, de tableaux récapitulant le travail effectué pour compenser l’argent versé par le gouvernement. Ces aides permettent aux villageois de rester à la campagne et ce système freine l’exode rural. Sur ce tableau, en plus des noms des personnes, apparaît leur caste. Etonnés nous en parlons avec notre guide, il nous précise qu’elle figure aussi sur la carte d’identité de chaque indien malgré la loi qui interdit ces mêmes castes depuis très longtemps.......

Nous arrivons à Udaipur, la ville blanche aux cinq lacs, avec un jet d’eau, qui nous en rappelle un autre. Demain visite de la ville, mais comme vous le savez cela sera une autre histoire.

Tata,

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samedi 28 janvier 2012

Jodhpur - Inde

Namasté,

Vendredi, nous quittons Jaisalmer, pour six heures de route. A notre arrivée à Mandore, nous nous installons dans une guest house qui développe des projets d’aide aux communautés locales. Nous partons en 4x4 visiter un village Bishnois. lls suivent vingt-neuf principes, sont végétariens et respectent les grands arbres. Ils sont connus pour avoir défendu des arbres qui étaient menacés par la construction d’un palais, et 350 d’entre eux ont été décapités. Le village est composé de petites cours privées, très propres, faites en bouse de vache séchée, avec deux ou trois huttes à toit en paille. Une femme âgée de 74 ans nous reçoit, accroupie devant sa cuisine, préparée à l’extérieur. Elle veut connaître nos prénoms, nos âges, et aimerait garder Camille pour la marier ! Sa belle-fille, 16 ans, nous regarde amusée, sans rien dire, derrière son voile. D’autres plus loin, plus loquaces, se laissent prendre en photo. Elles sont mariées dès l’âge de sept ans avec des garçons de dix ans, mais iront vivre dans la belle famille à quinze et dix huit ans ! Nous rendons visite à des potiers, et rentrons fourbus de notre safari rurbain, car avant d’arriver en campagne, nous avons traversé toute la ville dans le flux incessant de tous les véhicules de la fin d’après-midi.

Samedi, nous commençons notre visite par le lac Jaswant Thado, où hérons, cormorans, canards et cygnes se débarbouillent dans ce lac naturel alimenté par les pluies de la mousson. Le mausolée des maharajas est tout en marbre blanc de 42 cm d’épaisseur, certains blocs sont translucides pour laisser passer la lumière, les boiseries des fenêtres sont vertes sculptées de fleurs.

Nous sommes sous les murailles de Jodhpur, nommée la ville du soleil pour la chaleur, ou la ville bleue pour la couleur indigo des murs de la ville basse. 1.5 millions d’habitants, 2° plus grande ville du Rajasthan. La ville est protégée par un mur d’enceinte de dix kilomètres de long. Sa forteresse est impressionnante avec des murs fortifiés de 124 m. de haut et sept portes d’entrée. Elle a été prise qu’une fois par les mongols. La construction a débuté en 1459 et dura quatre siècles, de nos jours encore de multiples restaurations continuent.
A l’entrée, une citerne d’eau alimentait la ville à l’aide d’une roue fixée tout en haut des remparts et mue par des taureaux. Nous montons au quinzième étage à l’aide d’un ascenseur et entrons dans la cour de couronnement avec son trône en marbre blanc. Il a été utilisé la dernière fois en 19XX pour l’actuel maharaja, qui a été couronné à l’âge de quatre ans.  275 motifs différents de moucharabiehs protégeaient les femmes. Le site est superbe, choisi pour des tournages de films indiens ou des cérémonies prestigieuses privées.
Puis des selles d’éléphants toutes aussi belles, utilisées pour la parade, la chasse, mais aussi pour le... polo ! Les palanquins portés par huit, douze ou vingt quatre hommes sont en bois et en argent et pèsent à vide, 150 ou 200 kg. Pour les femmes, d’astucieux rideaux avec des moucharabiehs cousus. Le petit prince avait le sien, entièrement sculpté de paons. La chaise à porteur de la grand-mère du maharaja actuel l’utilisait pour regarder le polo derrière des vitres sans tain. Un fumeur de narghilé exhibe une barbe blanche taillée comme une crinière de lion. Dans une vitrine, nous contemplons des petits paravents portés par les mariés afin de ne pas se voir. Seul les prêtres après la cérémonie, les enlevaient et là...surprise !
Des armes toutes aussi belles et horribles, un canon, cadeau chinois, avec bouche en tête de cochon et queue de crocodile. Des miniatures sur papier du 18 et 19°, sur les divinités et la vie du prince.
Puis la pièce de danse, avec son plafond en bois doré à la feuille d’or, des peintures, des tapis, des boules dorées pour refléter la lumière, et surtout ses dimensions «royales». Un maharaja s’est marié avec 29 femmes sur une période de neuf ans, soit 3 fois par an.
Une longue enfilade de berceaux royaux tout aussi dorés et sculptés, la salle d’audience privée où chaque reine, quoique dissimulée derrière une porte, donnait son avis par l’intermédiaire d’eunuques.
Nous redescendons jusqu’à la ville basse, où voitures, bus, rickchaws, motos, vélos, vaches, charrettes, piétons... font un tintamarre d’enfer. Le sol est jonché d’immondices, un rat nous passe entre les jambes à deux reprises. Le marché se déroule sur plusieurs routes à partir de la Clock Tower, érigée par les anglais. Tissus, fruits et légumes, cuisine, épices, ferronnerie, vannerie à même le sol. On essaye d’apercevoir des maisons bleues, mais elles sont repeintes en jaune «en moderne».

Demain, route pour Udaipur «la ville blanche», mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire.

Tata

Aujourd’hui, six mois de périple bouclés et six mois d’aventures à venir.

jeudi 26 janvier 2012

Jaisalmer - Inde

Nous quittons Bikaner, et sur la route nous visitons le fort Balaharh à Pokaran (16° siècle)  aux remparts de grès rouge.
Une antilope cervicapre, tant appréciée des peintres pour sa beauté et sa finesse, nous fait l’honneur de poser pour nous, au bord du talus. Une dizaine de gros vautours s’envolent alors que nous venons les photographier, ils sont magnifiques. Un peu plus loin, un tas de chaussures noires usées ont été jetées à même le bord !! Des cénotaphes (petits pavillons à baldaquin en forme de dôme soutenu par 4 ou 8 piliers) se dessinent à l’horizon et identifient le lieu de crémation des princes rajputes (caste des guerriers).

Depuis la route monotone apparaissent enfin les remparts imposants de Jaisalmer (80 000 habitants - 242 m. d’altitude - à 150 km de la frontière du Pakistan). Sa couleur ocre ne la distingue pas du paysage. La ville est animée et pour cette fin d’après-midi, nous regardons le soleil se coucher depuis la terrasse de notre hôtel.
                      
Le lendemain, avec notre guide, nous partons tous les six, voir le lac sacré Gadi Sagar. Ce n’était qu’une retenue d’eau au 14° siècle avant que le canal Indira Gandhi fournisse l’eau nécessaire à la ville au 20° siècle. On l’appelle sacré, car à côté se trouve le crématorium. Après la cérémonie, la famille doit se plonger entièrement dans l’eau, pour éviter d’emmener des cendres à la maison. L’eau et les abords sont sales et de gros poissons-chats, de plus d’un mètre de long, viennent manger le pain que les hindous leur apportent. Pour améliorer leur karma, ils nourrissent la vache, le chien, l’oiseau et le poisson !

Puis nous rentrons dans la forteresse ( 5 km de remparts extérieurs ) par de multiples portes festonnées. En représailles d’une attaque de sa caravane, le sultan assiège la ville. Refusant de se rendre, les guerriers se lancent dans une attaque suicidaire, pendant que 24 000 femmes et enfants préfèrent la mort à la défaite et se jettent dans un bûcher. Cette catastrophe a eu lieu deux fois en dix ans !

La ville haute se visite à pied, mais les redoutables et bruyants rickshaws et motos nous font peur. 99 tours dans une double muraille crénelée de plus de dix mètres de haut, des murs ciselés comme de la dentelle, des balcons couverts de toit bengali (demi-lune), les havelis (demeures familiales) superbement sculptées, des fenêtres ornementées, des paons et des éléphants sculptés, des plafonds en miroirs, des parasols sculptés ... tout est superbe en levant la tête, et tout est malheureusement très sale en baissant les yeux ! Les remparts sont menacés par l’écoulement des eaux des 4000 habitants permanents et surtout des 70 hôtels et restaurants installés intra muros. Même l’Unesco a du mal à mettre en place un plan de sauvegarde se heurtant à de nombreuses oppositions : financières et liées aux castes si présentes ici, malgré une loi du Mahatma Gandhi les interdisant.

Déchaussés, nous rentrons dans les temples Jaïns (12° et 15° siècle). Cette religion (1% de la population) se différencie de l’hindouisme ( Ils vénèrent 33 millions de divinités ) par aucun dieu mais vingt quatre prophètes qui sont représentés assis en méditation, une fleur de lotus sculptée sur le torse et les yeux ouverts. Un signe distinctif permet de les reconnaître, le premier avec un taureau, le huitième avec la maison lune, par exemple. Les moines portent un masque sur la bouche pour éviter d’avaler un insecte et mangent seulement le jour afin de n’avaler aucun moustique. Effectivement, ils ont un régime draconien de végétarien, ne mangeant que les légumes qui poussent au dessus de la terre, de peur de tuer des vers de terre. Ils restent six mois à l’intérieur, et parcourent pendant les autres six mois, à pied uniquement, le chemin qui relie les vingt quatre villes où sont édifiés les vingt quatre temples principaux. Ils s’opposent aux castes et les femmes sont acceptées. Ils se différencient en deux sectes : les digambara, qui vivent nus et plutôt dans le sud et les svetambara, vêtus de blanc, les plus nombreux et vivant surtout au Rajasthan. Des prêtres drapés en safran et masque sur la bouche, nous reçoivent dans une cour intérieure entièrement sculptée coiffée d’une coupole avec une fleur de lotus en son centre.  Les murs sont épais et nous protègent du bruit de la ville, le parfum de l’encens et l’atmosphère paisible nous permet d’apprécier la qualité des sculptures.
 Nous redescendons en rickshaws, nous ne sommes que trois par véhicule alors que nous en avons croisé avec environ 12 personnes à l’intérieur (si l’on peut dire)...Nous arrivons dans la vile basse, riche en havelis, les marchands, souvent des Jaïns, n’avaient pas le droit de s’installer dans la ville haute. Au XIX è siècle, devenus très riches avec la route de la soie, ils se sont fait construire des havelis somptueux dépassant en magnificence le palais du Maharaja, celui ci a alors décidé de se faire construire lui aussi un palais incroyable dans la ville basse. Nous déambulons dans la ville passant d’une façade à l’autre, toutes aussi belles les unes que les autres. Le palais du Maharadja abrite un musée avec des photos où les ministres arborent des moustaches incroyables.

Après une courte pause, nous allons voir le coucher du soleil, nous arrivons dans un lieu de sépulture avec des cenotaphes de la caste des guerriers. Mais une musique nous attire, en contournant le terre-plein nous voyons un cortège en bas de la colline. Nous la descendons et rejoignons un mariage, les femmes sont superbes dans leurs saris multicolores, les hommes sont en train de distribuer leurs cadeaux auprès de la mère du marié. C’est le premier jour du mariage, qui va durer 4 à 5 jours, et la mariée est encore chez ses parents, elle n’arrivera que dans 2 jours. Le frère du marié nous demande de faire des photos car le photographe officiel n’est pas encore arrivé... Deux tentes sont dressées de part et d’autre de la maison, une pour les hommes et l’autre pour les femmes.
Le marié regarde tout cela, en jean et blouson, alors que tous les invités ont sorti leurs beaux habits, les enfants comme partout sont accros des photos.

Nous les quittons à regret et arrivons juste pour la fin du coucher de soleil... superbe
Demain, route pour Jodhpur, mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire

tata (aurevoir)

P.S. : nous avons des problèmes pour trouver des bonnes connexions, merci de votre patience. 

mardi 24 janvier 2012

Bikaner - Inde


Namasté,

Nous quittons Mandawa. La route est beaucoup plus confortable, tant mieux pour nos dos ! En chemin, nous découvrons les villages où les femmes sont rares, car confinées dans leur maison, et la campagne avec des maisons en paille, des fabriques de briques, des cultures. Toujours un mélange de religions, avec maintenant une forte majorité de musulmans.
Nous arrivons à Bikaner, à la limite du désert de Thar, fondée en 1488 et entourée de muraille crénelée. 700 000 habitants. 4° ville du Rajasthan.
Nous visitons l’impressionnant fort Junagarh, embelli par différents maharajas sous différentes époques. Nous traversons plusieurs cours, toutes aussi belles les unes que les autres, destinées aux fêtes et aux danses. Derrière les moucharabiehs, quelques trois cents femmes, dans le harem, regardaient la vie qui leur était interdite. Trône de 300 kg d’argent entre des colonnes en marbre, plafond en bois de teck sculpté, peintures à la feuille d’or... magnificence. En été, la température pouvait atteindre 46°, et un immense éventail accroché au plafond, était manoeuvré par deux personnes. Plus loin, une porte en argent de 65 kg, avec de délicats motifs de fleurs.
Nous passons une cour réalisée en marbre de Carrare et en stuc blanc de la douceur d’un tissu. Les portes en bois sont peintes de motifs de fleurs et de vases, avec des détails peints aux doigts. La salle est recouverte de nuages et d’éclairs et le bas des murs d’un rideau de pluie. Dans cette ville du désert, la pluie était vénérée, par la déesse Indra, représentée par un éléphant à 7 trompes.  Un brumisateur équipé d’un petit réservoir d’eau parfumée, pulvérisait des gouttelettes d’eau, qu’un éventail projetait dans la pièce. Le maharaja pouvait expliquer à ses enfants, par ce savant mécanisme, ce qu’était la pluie !
La salle du couronnement est peinte en rouge et de 80 kg de feuilles d’or, ornée de miroirs et de verres colorés. Les portes sont en noyer sculpté et ornées en leur centre de miniatures peintes avec un seul poil d’écureuil, représentant des scènes entourées de nuages et d’éléphants. Un gigantesque tapis persan rouge et des colonnes en stuc peintes de brassées de fleurs et de fruits.
Dans d’autres pièces, nous remarquons des faïences chinoises et hollandaises, des tapis de fakir composées d’épées, de scies ou de clous, d’énormes coffres sculptés, de superbes cithares avec à leurs extrémités des paons. Les jardins à la française sont arrosés par le Canal. Un arbrisseau de basilic trône au milieu d’une cour avec une grande pancarte «Ne pas toucher». Le basilic n’est pas utilisé pour la cuisine même s’il est planté devant chaque maison. Seul le prêtre a le droit de le toucher. Une imposante balancelle pour les princesses, avec sur ses deux montants, 60 poupées sculptées qui se balancent en même temps. Nous arrivons à la chambre du maharaja, murs de glace, lit et porte en ivoire. A l’époque glorieuse, 1 400 personnes travaillaient dans le palais.

Puis nous rentrons dans le Palais Lallgarh construit de 1902 à 1925, tout en pierre rose de Bikamer. Un hôtel de standing est installé dans la première partie. Le dernier maharaja, 24° de son nom, est mort en 2003, sans descendant. Seules sa mère et sa femme vivent ici.  Dans l’immense cour dédiée aux jardins, bougainvillées, bassins et marbre de Carrare. A l’extérieur, un imposant bâtiment est consacré aux mariages, cérémonies, naissances.

Le dieu Ganesh, représenté par un éléphant dodu, est sur toutes les portes, afin d’apporter chance et prospérité. Tous les mercredis on le fête, en lui apportant des sucreries qu’il aime.

Dans le centre ville, nous remarquons les intouchables, les dalits, ces femmes toutes en saris et voilées, qui balaient les rues, travaillent dans les chantiers ou dans la construction, montant sur leur tête, le ciment ou des briques. Dès l’école, les enfants intouchables sont séparés des autres et pendant toute leur vie, seront exclus et rejetés.

Si sur les peintures, beaucoup d’éléphants sont dessinés, mais nous n’en voyons aucun. Le dromadaire l’a définitivement remplacé. Il peut ne pas boire pendant sept jours, mais s’abreuver en 10 mm, buvant 100 litres.

Chez les hindous, la femme veuve était rejetée et portait malheur. Très souvent elle montait sur le bûcher du cadavre de son mari, afin de le rejoindre au paradis. Cette pratique, appelée sati, est interdite depuis 1829. Mais la dernière officielle s’est brûlée en 1987 ! Même âgée d’une vingtaine d’années, la veuve n’a plus le droit de porter des couleurs, des bijoux, de participer à des fêtes, de regarder un nouveau né. Elle porte malheur et ne doit pas fréquenter les femmes mariées. Elle reste enfermée chez elle, seule, attendant la mort.

Puis nous rendons visite à un artiste de miniatures. Ces pinceaux sont en poil d'écureuils et il n’utilise que des pigments naturels (craie, ocre, indigo, or, suie ... ). Sur l’ongle de Viviane, il dessine une colline avec des maisons, des arbres, des oiseaux et cinq femmes de dos, et son prénom.

La fin de journée, est consacrée à une balade en dromadaire afin d’admirer le coucher de soleil sur le désert de Thar.

Demain, nous partons pour Jaisalmer, la Cité Dorée, perdu au milieu du désert, réputée pour son atmosphère traditionnelle et authentique, mais comme vous le savez, cela sera une autre histoire.

Tata

lundi 23 janvier 2012

Mandawa - Inde

Namasté

La nuit n’est pas très chaude, les hôtels ne sont pas chauffés dans le Nord de l’Inde, et la température tombe  pendant la nuit largement en dessous de 10°. Nous ne nous plaignons pas, hier soir nous avons vu des centaines de personnes  qui couchent un peu partout dans la ville sous une simple toile de bâche ou à même les trottoirs.  Nous mettons un peu de temps pour quitter Delhi et ses 20 millions d’habitants, et les embouteillages bruyants qui vont avec.

Nous prenons la direction de Mandawa, première étape de notre tour au Rajasthan, sur l’ancienne route de la soie. Nous roulons plutôt bien au regard du nombre de véhicules de toute origine, mécanique ou animale, qui l’empruntent. Un nouveau moyen de locomotion apparaît très vite: le dromadaire, qui attelé à une charrette remplace ici le cheval.

Les champs sont assez vert, le colza ajoute une couleur jaune au paysage.
Beaucoup de petites fabriques de briques utilisent la terre rouge, il y a partout beaucoup de constructions. Les nouveaux besoins sont nombreux dans ce pays gigantesque à la démographie galopante. Chaque année, la population de l’Inde augmente d’une vingtaine de millions d’habitants (soit environ la population totale de l’Australie...), dans le même temps l’espérance de vie, même si elle reste faible a énormément progressé. Le principal  point noir réside dans la malnutrition des enfants (40%) et dans le taux de mortalité infantile qui reste un des plus élevés du monde.

Après une courte pause, nous quittons la région d’Haryana et entrons dans le Rajasthan. Ce matin, notre chauffeur pour 2 semaines, nous avait promis une «bad road», il tint largement promesse. Le bitume disparait parfois pour réapparaitre avec une seule voie presque carrossable, le problème est que beaucoup de camions arrivent en face, ne s’écartant qu’au dernier moment, comme pour une joute moderne, nos nerfs n’apprécient pas toujours.

Les villages se succèdent avec toujours autant de couleurs, de bruits, d’étals désordonnés. Il y a de plus en plus de femmes voilées entièrement, les musulmans sont plus influents dans cette région, leurs saris ne sont pas noirs mais de couleur,  rouges majoritairement . Nous avalons;.. les 320 kms en 7 heures...Nous sommes très contents d’arriver, la dernière portion a été particulièrement....agitée.

L’hôtel n’est autre que le château du Maharaja, majestueux, les fresques qui ornent toute la ville décorent les salles communes, avec des dominantes de bleu et blanc. Il a été construit à la moitié du XVIIIè siècle au temps où les caravanes faisaient la richesse du Rajasthan. De nombreux riches commerçants étaient établis dans toutes les villes situées sur cette route, les hawelis à Mandawa. Au XIXème, les nouvelles routes maritimes concurrencent les caravanes et les familles Hawelis vont s’installer dans les ports de Bombay, Goa ou Calcutta. Pour montrer leurs richesses et leurs réussites, ils se font construire tout autour du palais des maisons appelées Hawelis, très richement décorées.
Les artistes locaux «sitras» ont peint sur ces maisons palais -96 en tout- des scènes religieuses, historiques mais aussi de la vie du XIXè siècle. On peut voir, en plus de Bouddha, Gannesch, des scènes de mariage, de nombreux paons, oiseau symbole de l’Inde, des soldats anglais avec le casque colonial jusqu’au train naissant qui allait bouleverser ce monde. Les hawelis rivalisaient de beauté pour montrer au plus grand monde la richesse et la puissance de leurs propriétaires. Les portes de palissandre et de cuivre sont particulièrement belles.

Le train va concurrencer les caravanes en Inde et très vite la ville va commencer son déclin, de 50 000 habitants en 1880, elle n’en compte plus que 20 000 aujourd’hui, à 50 % musulmans.

La plupart des Hawelis, petits palais de l’époque sont soit abandonnés soit habités par de nombreuses familles , très peu sont restaurés partiellement. Nous imaginons la beauté des lieux quand tout était peint et décoré.L’humidité de la mousson très forte pendant 4 mois, noircit les murs et détruit les peintures sur les murs. Il faudrait beaucoup d’énergie et d’argent pour restaurer tous ces chefs d’oeuvre en grand péril.

Demain direction Bikaner, mais comme vous le savez ce sera une autre histoire..


Tata

dimanche 22 janvier 2012

New Dehli - Inde

Namasté,

New-Dehli nous reçoit sous la brune à l’arrivée de l’aéroport. Un petit city tour nous fait découvrir une toute petite partie de cette capitale . Elle compte près de 20 millions habitants, ce qui en fait la deuxième agglomération du pays après Mumbai.

Nous voulions visiter le Lotus Temple, temple de la religion bahaïste (religion monothéiste indépendante dont le but est d’unir l’humanité dans sa diversité) mais l’immense file d’attente, en ce dimanche, nous a fait rebrousser chemin. C'est l'architecte iranien Fariborz Sahba qui l'a construit en 1953, en forme de fleur de lotus, symbole de pureté. Deux fleurs de lotus, l'une fermée l'autre ouverte, conçu comme une fleur à peine entrouverte et comprenant 27 pétales recouverts de marbre. L'intérieur est presque vide et peut contenir 1 300 personnes. Aucun rituel religieux ne peut y être accompli, seul la méditation silencieuse personnelle. Sous les pétales extérieurs se trouvent une bibliothèque et des salles d'exposition. Autour du bâtiment, neuf pièces d'eau créent de nouveau un lotus. Ce bâtiment prestigieux reçoit en moyenne quatre millions de visiteurs par an.
Nous longeons l’aéroport, avec ses 2 000 km de route pour 100 km2, Delhi a une des densités de route les plus élevées de l’Inde. Les rickshaws, appelés Tuk Tuk, automobiles, sont l’un des moyens les plus populaires. Ils sont jaunes et verts et fonctionnent au gaz pour respecter l’environnement. Car le problème de pollution est épineux. Avec un taux de croissance élevé de la population et un développement économique important, cela a entrainé une demande toujours croissante de transport. La Mairie a ordonné que tous les véhicules de transport en commun utilisent le gaz naturel comme carburant.

L’Inde est le deuxième pays le plus peuplé du monde après la Chine. C’est un immense pays de 3 000 000 km2, soit 6 fois la France. La croissance de l'Inde dépassera la Chine à l'horizon 2010-2015, pronostiquent des financiers.
Les deux langues officielles sont le hindi et l’anglais, mais vingt trois langues y sont pratiquées, à tel point qu’entre eux ils parlent anglais, s’ils sont de régions différentes. 

Quelle joie de retrouver Cathy la soeur de Denis et André son mari, nous passerons deux semaines ensemble à travers le Rajasthan, mais comme vous le savez cela sera une autre histoire.

Tata


samedi 21 janvier 2012

Ajanta et Ellora - Inde

Namasté,

Vendredi, réveil à 3h45, pour le vol Mumbai-Aurangabad à 6h35. L’aéroport est lui aussi, malgré l’heure matinale, déjà bondé, les multiples vérifications de nos bagages et les files d’attente sont épouvantables. Le vol dure une heure et nous pouvons voir de multiples cultures. Nous arrivons à Aurangabad, à 556 m. d’altitude, 1 million d’habitants, 30 % de musulman. Une ville comme nous l’avons vu, dédiée à la culture, mais aussi à l’industrie et à différentes universités.
A peine arrivés, nous montons dans un petit car pour cent kilomètres sur une route difficile, au point de vue du confort et du monde. Nous n’arrivons pas à nous endormir au vu des klaxons et des virages.
Et nous voilà à Ajanta, pour visiter le site. Notre guide, Inder, très attentionné et très intéressant, nous emmène sur ce site majestueux en arc de cercle, composé de grottes bouddhistes des II° et I° siècle avant J.C. Elles sont toutes ornées de sculptures façonnées dans la masse, creusées par évacuation, par de simples ciseaux et pelles. Quel chef d’oeuvre ! Une succession de temples, monastères et chapelles excavés. Les sculptures sont étonnantes de beauté et de sensualité. La pierre à l’aspect de la peau et du voile des femmes. Les peintures qui subsistent dans plusieurs grottes sont prodigieuses et montrent une civilisation très riche et très avancée. L’art a atteint une grande précision dans la finesse des traits, la justesse des proportions et des perspectives, qui rivalise avec les grands maîtres Italiens de la renaissance plus de mille ans plus tard... Entièrement dédié à Bouddha, ce site abrite des temples et des grottes monastère avec des cellules pour les moines. 200 moines vivaient ici à l’époque.
Ce site a été abandonné au VI° siècle, puis la nature a repris ses droits. Ce n’est qu’en 1896, qu’un lord anglais le découvrit lors d’une chasse au tigre, son oeil attiré par une voute qui dépasse un peu de la forêt vierge. Le site est merveilleux mais dans un triste état, et les travaux de réhabilitation vont durer très longtemps (et dure encore...) Il a été classé au patrimoine mondiale de l'humanité de l'Unesco. Nous repartons très émus de ce site, impressionnés par la beauté et l’ambiance de ce lieu et en essayant d’imaginer sa beauté quand toutes les statues, fresques, colonnes et murs étaient peints !

Retour à Aurangabag par a même route que le matin, mais avec plus de monde, nous sommes fourbus et ravis en arrivant à l’hôtel, la journée a été très longue et la nuit est très appréciée..  



Samedi, réveil plus tardif, pour visiter les grottes d’Ellora à 30 km. Sur notre route nous pouvons admirer un ancien fort hindou, avec son minaret de 70 m. de haut. 3 rangées de fortifications protégeaient la ville, ancienne capitale. A son centre, la colline a été taillée pour recevoir un château et son palais. Le site était réputé imprenable mais malheureusement il a été abandonné par manque d’eau, Dehli lui étant préférée.

Nous arrivons sur le site d’Ellora, 100 grottes ont été découvertes !  34 grottes peuvent être visitées actuellement, dont 12 bouddhistes, 17 hindoues et 5 jaina. La coexistence de ces structures montre la tolérance religieuse dont l'Inde a toujours fait preuve  Elles sont plus jeunes qu’Ajanta, elles ont été construites entre le 6° et le 13° siècle après J.C. et beaucoup sont inachevées. Certaines ont été abimées par des fanatiques. C’est une succession de temples, monastères et chapelles excavés comme à Ajanta. Elles sont classées au patrimoine mondiale de l’Unesco. Elles ont été creusées par différentes communautés : jains, bouddhistes et hindoues. Nous n’arrivons pas à imaginer que ce travail titanesque a pu être imaginé devant une montagne de roche au départ. Les dimensions sont immenses.
La grotte bouddhiste la plus célèbre est la grotte Vishwakarma, plus connue sous le nom de « grotte du menuisier ». Ce surnom lui vient du fait que son entrée et ses plafonds ont été sculptés de façon à donner l'impression de poutres en bois. Au cœur de cette grotte se trouve une statue de Bouddha.
Le temple de Kailâsanâtha (725-755) est le joyau du site, un édifice en forme de temple, complètement excavé de la falaise. Sa taille est deux fois plus importante que celle du Parthénon d'Athènes (70 m. de long, 30 m. de haut et 33 m. de large).  C’est dans un seul bloc, dans la montagne, qu’ils ont taillé, sculpté ce chef d’oeuvre ! Il a fallu évacuer 200 000 tonnes de roche, calculer d’une manière plus que précise tous les détails de ce monument car il est entièrement monolithique, et la moindre erreur est fatale.
Il y a énormément de monde qui visite le temple et nous sommes surpris par le peu de touristes, 90 % des visiteurs sont des indiens et beaucoup d’écoles défilent devant nous dans un bruyant mais sympathique désordre. Les indiens ne voyagent pas encore beaucoup et pour la plupart, voir un blanc est un évènement. Nous nous apercevons vite que nous sommes la proie des appareils photos, on nous demande de poser avec eux ou simplement de nous laisser prendre en photo, les écoliers veulent nous toucher, un vieil homme spontanément nous explique en hindi les merveilles de ce temple, il est intarissable et nous ne comprenons pas un mot mais le courant passe....Tous nous sourient et essayent de nous parler ou de communiquer par signe, nous nous sentons vraiment bien au milieu de ces gens.

Nous sommes subjugués, comme hier, par la qualité des artistes et moines qui ont réalisé tous ces temples et la visite prévues pour 2 heures, dure en fait 5 heures....La qualité de notre guide et sa gentillesse contribuent à rendre cette visite inoubliable. Avec dignité, il nous précise que sa civilisation est très ancienne et perdure intacte encore aujourd’hui, ils vénèrent toujours les mêmes dieux, les mêmes livres saints, depuis plus de cinq mille ans. Alors que toutes les civilisations anciennes, comme les incas, l'Egypte, ou l’Iran, sont terminées depuis très longtemps.

Nous reprenons la route toujours dans un désordre incroyable. A l’arrière des véhicules, surtout des camions, on peut lire «Horn please» (klaxonner s’il-vous-plait) ! mais pas de cris, pas de vilains mots, il n’y a pas d’énervement.

Aurangabag est réputée pour ces ateliers de fabrication de soieries, et nous sommes émerveillés par la qualité des articles proposés par la coopérative locale, foulards, saris, couvre lits, tout est beau et de qualité. Nous sommes sous le charme. 

Demain matin, nous prenons un vol Aurangabad-Delhi, où nous aurons la joie de retrouver la soeur de Denis et son beau-frère, mais cela sera une autre histoire.....

Tata

jeudi 19 janvier 2012

Bombay - Inde

Namasté,

Il est 22 h, nous atterrissons à Bombay, en reculant de nouveau nos montres de 2 h 1/2, et la chaleur humide nous saisit dès la sortie de l’aéroport. Nous suivons notre chauffeur avec les valises dans la rue au milieu des bus, taxis, voitures , tuk tuks et autres piétons. Après l’extrême organisation de l’Australie et de Kuala Lumpur, le contraste est saisissant, pas de doute nous sommes dans un autre monde !
Nous roulons pendant une heure pour rejoindre l'hôtel et découvrons deux Indes différentes, d’un côté un pays en chantier permanent avec une évolution galopante et de l’autre les laissez pour compte qui dorment dans les bidonvilles par millions et dans la rue par milliers...
En arrivant à l'hôtel, surprise ! le lobby est transformé en boite de nuit ! mais les chambres sont calmes et nous dormons vite.
7H30, Prashant notre guide du jour, est le fils d’un acteur de Bollywood. Le cinéma indien est toujours une des passion principale du pays et Bollywood tourne toujours plus de film que Hollywood. Il nous dit aussi que le film «Slumdog Millionnaire» reflète malheureusement la réalité et s’apprête à nous le montrer en nous emmenant découvrir Mumbai.  Une mégalopole, qui s’étire sur 60 km de long et compte 18 millions d’habitants officiels et environ 30 millions avec tous les bidonvilles et autres «street people». Tous les jours, 400 familles et 300 voitures de plus ! Le sport principal à Mumbai est d’essayer de se rendre d’un point de la ville à un autre, et quelque soit le moyen de transport, ce sport est à risque....On a le choix entre 300 000 tuk-tuks, 75 000 taxis, 5 000  bus, 3 000 trains. Les véhicules se frôlent en permanence, bus, motos, tuk-tuks, vélos, piétons, charriots à bras, charrettes tirées par des chevaux ou des boeufs, vaches, chèvres, chiens et beaucoup d’autres choses. Le klaxon a définitivement remplacé le frein et les clignotants, les «pilotes» sont tous albinos, les feux sont donc verts en permanence...
Tout au long de la route, le spectacle est incroyable, la ville alterne les boutiques luxueuses, voire très luxueuses avec des bidonvilles grouillant de monde, les deux parfois séparés de seulement 100 m.. Partout, ce monde bigarré bouge, court, marche, accélère, double, dans une anarchie organisée où tous pourtant, gardent leur calme et leur fair play, héritage probable du passage des britanniques ou pratique généralisée du yoga ?
Nous arrivons en vie à l'embarcadère de L’île Elephanta  sans avoir vu aucun accrochage, les nombreux dieux locaux sont bienveillants.
En débarquant sur l’île, pas d’éléphants mais des singes agressifs et gourmands, prêts à arracher les bouteilles d’eau ou de coca aux touristes. Nous visitons les fameuses grottes creusées dans le basalte noir et dédiées au Dieu Shiva, VII° siècle. Les volumes sont impressionnants et les statues font plusieurs mètres de haut, plus ou moins en bon état. Elles racontent des évènements liés à la mythologie indienne. La plus émouvante est Sadashiva, représentant Shiva avec trois têtes, une de face pour la protection avec le fruit de Citrus, deux de profil, une pour la création avec la fleur de lotus et une autre pour la destruction avec le cobra. 
Nous revenons en traversant le golfe de Bombay, la ville moderne apparaît dans la brume. Nous longeons des immenses pétroliers en train de décharger leurs précieuses cargaisons aux terminaux de pipe line, reliés aux raffineries voisines.
Après le déjeuner où nos papilles s’exercent aux saveurs épicées de la cuisine locale, nous visitons la villa qui a abrité Gandhi de 1917 à 1934. Sa vie y est retracée par une succession de maquettes  avec des poupées, de sa naissance en 1869 à son assassinat en 1948, en passant pas tous les moments importants de sa riche vie. Des documents sont exposés comme une de ses lettres envoyée à Hitler en septembre 1939, lui demandant de sauver le monde de la catastrophe à venir. Tout cela est bien impressionnant et émouvant. Quelle vie et quel exemple pour tous !
En visitant la ville, nous avons la chance de passer à côté d’un mariage Hindou. Le marié arrive sur un cheval blanc accompagné par des tambours et ses amis et frères. Les femmes les précèdent au son d’un orchestre. Tout le monde danse, faisant valser leurs saris de fêtes, colorés, brillants et magnifiques, dans le respect de la tradition. La famille est très accueillante et invite Isabelle et les filles à danser.
Nous longeons la gare Victoria, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, magnifique bâtiment colonial, bondée en cette fin de journée. Des grappes humaines s’entassent dans les trains, certains sont appelées les «trains massage» car les passagers sont très serrés, et d’autres trains sont réservées aux femmes, les ladies special. 
La nuit tombe, les vaches sacrées rentrent, elles marchent tranquillement au milieu de la circulation titanesque, elles aussi brûlent les feux rouges.
A la sortie des marchés, de fleurs ou de poissons, on peut voir des porteurs avec leurs charges sur la tête, parfois des femmes.
Les écoliers rentrent dans leurs uniformes «anglais», tous ont droit à l’école publique entièrement gratuites, même ceux qui sont dans des bidonvilles. Mais dans la réalité, nous voyons des enfants déscolarisés aidant leur parent dans la misère de la rue.
Les piétons sont obligés de marcher sur la route car les trottoirs sont très encombrés, envahis par des marchands, différents gravats, déchets et autres poubelles, et aussi les sans abris. Nous découvrons, horrifiés , des formes humaines sous des chiffons, certaines ayant la taille d’un enfant ! Ils vivent, dorment, se lavent, mangent, lavent leurs guenilles, etc.. à même le trottoir immonde !


Nous repartons demain, pour Aurangabad, mais cela sera une autre histoire..........

Tata